L'Église d'Avon et le meurtre de Monaldeschi
Pcnneltei-moi de vous ofjrir ces (fucl(/iics paires, où paraît souvent le nom de la char mante petite église à laquelle vous donne j tant de marijues d'aJJ'ection.
Feuillej afrréer ce modeste hoianm^^e^ comme un souvenir des bons moments (/ne nous avons passés ensemble j, dans votre ravissant pays au chasselas doré et aux sites enchanteurs .
Croyez-moi votre bien dévoué^ Q/J. V.
l*aris^ décembre iHjS,
a ... De sçauoir quand l'on a commencé de la bastir, ie n'en ay pu rien apprendre; mais bien se trouue-t-il qu'elle est vue des plus anciennes de toute la contrée... » (Le Trésor des Merveilles de la Maison Royale de Fontainebleau, par le R. P. F. Pierre Dan. Paris, M.DC.XLII.)
Commune d'Avon. — Son territoire. — Sa population. — Histoire.
— Église. — Son origine. — La cure est donnée en 1S42 aux frères de la Trinité de Fontainebleau. — Louis XIV érige en paroisse l'église de Fontainebleau, en 1661. — Fondation de Phôpital d'Avon, en 1662. — Louis XVI le fait reconstruire en 177S. — Il est réuni à celui de Fontainebleau en 1796. — Pierres tombales existant dans l'église d'Avon. — Caveau construit sous le chœur, par le père Eustaclie Tessier. — La cloche baptisée par Louis XIII.
— Liste des curés d'Avon depuis 1803 jusqu'à ce jour. — Tombeau de Monaldeschi.
Lorsque le voyageur descend à la station dite de Fontainebleau, sur la ligne du chemin de fer de Paris à
lO L ÉGLISE D AVON
Lyon, il lui faut encore franchir prés de deux kilomètres avant de fouler le sol de la ville, mais tout lui laisse ignorer que l'hospitalité lui a d'abord été offerte par la commune d'Avon, dont dépend ce territoire; ce serait donc la station d'Avon et non celle de Fontainebleau qu'il aurait fallu, en toute équité, inscrire sur le tracé du chemin de fer. Il y a dans ce fait une usurpation évidente, et si nous étions en Normandie, dans la Normandie du bon vieux temps, s'entend, un vigoureux procès devant les bonnets carrés nous eût fait bonne justice ! Mais que notre illustre voisine se rassure, nos prétentions sont beaucoup moins ambitieuses : nous ne lui demandons qu'une bien légère parcelle de l'attention que lui accordent ses admirateurs, pour la reporter sur sa très modeste vassale, qui, elle aussi, réclame sa place légitime dans les annales du passé.
La commune d'Avon faisait autrefois partie du diocèse de Sens, et était comprise dans la province de Vlle-de- France.
Depuis le Concordat de 1802, elle appartient au diocèse de Meaux.
Elle se compose aujourd'hui de :
Avon ;
Haut et bas Changy ,
Le Monceau ;
La Cave-Coinard;
L'avenue du chemin de fer;
Les Basses-Loges;
Une partie de Valvins.
Les derniers recensements ont donné :
En 1840, II 17 habitants;
En 1856, 1199 —
En 1861, 1359 —
En 1876, 1926 —
La partie historique de la commune, antérieure au XVII® siècle, est peu connue; cependant nous possédons d^intéressants détails sur certains points de son territoire : les Basses-Loges, par exemple, ont eu, pendant plusieurs siècles, un prieuré sous le vocable de Saine- Nicolas, qui fut fondé en 13 10 par Henry de Haulthey, sire de Lois, chanoine de Roye en Vermandois, avec 10 livres de rente et six lits pour les pauvres passans. Deux religieux de la Charité de Notre-Dame au diocèse de Châlons administraient la maison. En 1352, un Bouchart de Montmorency porta la rente jusqu'à vingt livres, qui étaient à prendre sur les revenus des ponts et moulins de Samois. Pendant la première partie du xv^ siècle, les fondations se trouvèrent ruinées par suite de l'invasion anglaise; mais vers la fin du règne de Charles VII, lorsque le pays fut délivré des étrangers, un riche et puissant seigneur de la Brie, Denis de Chailly, seigneur de Changy, fit don aux religieux de sa terre et seigneurie de Changy en 1456, et l'hôpital fonctionna de nouveau ; mais un siècle s'était à peine écoulé, que les ressources devenant insuffisantes, les affaires du prieuré tombèrent en un tel état de misère qu'il fallut en modifier complètement l'administration. Les religieux carmes de Touraine achetèrent le prieuré des Basses- Loges aux frères de la Charité, le 15 février 1632.
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La reine Anne d'Autriche fit rebâtir l'église, dont elle posa la première pierre, le 23 juillet 1661^. Cette église fut complètement démolie pendant la Révolution. Le prieuré, dont une partie des bâtiments existe encore aujourd'hui, est la propriété d'un particulier.
Le Monceau était le chef-lieu d'un ancien fief au moyen âge. Le roi Henri II acquit le manoir seigneurial d^une dame de Rochechouart^ en 1606, et en 1641 on y établit une verrerie.
Vers la fin du xvi*^ siècle, la seigneurie d'Avon passa partie au roi de France, partie au couvent des Trinitaires de Fontainebleau, dont nous aurons bientôt l'occasion de parler.
Le village d'Avon, dont le côté nord est situé sur le versant d'une colline dominant la vallée, jouit d'une vue charmante en face le long viaduc du chemin de fer de Lyon-Méditerranée, reliant les deux coteaux; au sud, il tient à la forêt, et, à l'ouest, il borne le parc réservé du château de Fontainebleau.
L'église est le seul monument du village attestant une origine très ancienne ; son architecture extérieure n'offre rien de particulier -; à l'intérieur^ la nef, d'un style roman bien accusé, peut faire supposer que les premières constructions remontent au x" ou xi* siècle ^.
La partie la piu.<- ancienne comprend le chœur , le
1. Description historique du chasteau , bourg et forest de Fontainebleau, par l'abbé Guillebert. Paris, 1731. T. II, p. jSS.