‹ L'Église d'Avon et le meurtre de MonaldeschiChapitre 2 sur 20 · Voir le frontispice · texte numérisé non relu

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3. « La fondation de l'église d'Avon remonte au x^ siècle. « (Vatout, Le Palais de Fontainebleau, page 36,)

sanctuaire et le transept; elle comporte trois arcades de chaque coté.

Les bas-côtés et les arcades de gauche sont beaucoup moins élevés que ceux de droite, et datent bien évidemment de l'époque des premières constructions, qu'il n^est pas improbable de fai'-e remonter, comme nous l'avons dit, jusqu'au x* ou xr siècle.

Le reste de l'église, principalement le coté sud, date du milieu du xvi^ siècle.

Le sanctuaire d'aujourd'hui comprend, avec son contour, trois arcades :

Dans la première se trouvent un banc particulier et le passage du chœur aux nefs de la sainte Vierge et de saint Fiacre.

Dans la seconde se trouve Tautel principal^ et aux angles de la troisième sont placés les autels secondaires de la sainte Vierge et de saint Fiacre.

Le voisinage du palais de Fontainebleau donne à l'histoire de la paroisse d'Avon un intérêt exceptionnel; malheureusement, les documents qui la concernent sont rares, et bien peu ont été sauvés des naufrages du passé.

Deux ordonnances de Louis le Jeune de 1137 et 1141, datées du manoir de Fontainebleau (apud Fontem Bleaudi), prouvent que dès cette époque la Cour faisait de longs séjours dans ce lieu de plaisance. L'église d'Avon était la paroisse du manoir, et très probablement le seul lieu de l'endroit consacré à Dieu, car la charte de Louis VU fondant dans le palais la chapelle Saint-Saturnin, qui

existe encore aujourd'hui, n'est datée que de 1169^ Ce n'est, toutefois, qu'un siècle plus tard qu'une ordonnance de saint Louis mentionne l'existence légale de la paroisse qui nous occupe, en qualifiant messire Guillaume, archevêque de Sens : Prestre parochial d'Avon ^.

Jusqu'en l'année 1542, la cure de la paroisse d'Avon fut desservie par un prêtre séculier ; mais, à cette époque, le cardinal de Bourbon, archevêque de Sens, sur les instances du roi François P'^, en investit le ministre des frères de la Trinité, et, depuis lors, le service y fut fait par des religieux de cet ordre '^.

L'importance toujours croissante de la population du

1. M Vatout, dans son Histoire du palais de Fontainebleau, donuQ e texte latin de cette charte, in extenso. (Pièces justificatives.)

2. « A la requesie de Nicolas, chapellain de la chapelle de nostre maison de Fontainebleau, et pour a volontaire résignation qu'il a faite du consentement de nostre amé et féal Messire Guillaume, archevesque de Sens, et prestre varochial d'Avon, voulant toujours augmenter le divin service, avons donné et accordé pour perpétuelle aumosne aux religieux de l'ordre de la Sainte-Trinité et des Captifs ladite chapelle avec tous ses revenus, et a maison pourpris dans laquelle demeuroitledict chapellain, pour en joyr et user paisiblement et pour bastir et fonder en la mesme maison et dans le mesme pourpris, auprès du chasteau, un hospital pour les pauvres malades qui viendront des lieux voisins, déserts et arides, pour y estre nourris et traictez... »

Donné à Fontainebleau au mois de juillet 12S9. (Archives du département de Seine-et-Marre à Melun. Dossier 119.)

3. Par un acte daté du mois de décembre 1529, François I**" avait repris aux frères delà Trinité une grande partie des bâtiments et des

errains qu'ils possédaient autour du château pour créer la cour du Cheval blanc, 1 e Jardin des Pms, le grand étang, la cour des fon-

aines, le mail, etc. L'original de cet acte sur parchemin, portant la signature de François I*"". existe aux archives de Seine-el-Marnc, à Melun, sous a marque H, laS

bourg de Fontainebleau devait amener une modification profonde dans les destinées de la paroisse d'Avon. Louis XIII, au commencement de son règne, afin de faciliter aux habitants Texercice du culte, avait fait construire une église dans la ville même, tout en respectant, cependant, les anciens droits.

Cet état de choses ne pouvait durer longtemps. Vers le milieu du xyii*^ siècle, on comptait à Fontainebleau de 1000 à 1200 familles; les embellissements successifs apportés au parc royal avaient nécessité la suppression d'un chemin direct qui joignait Avon à la ville, et, pour se rendre à l'église, les habitants de Fontainebleau devaient contourner le parc, ce qui devenait pour eux une véritable servitude. Aussi, en l'année 1661, une requête motivée, adressée à Farchevêque de Sens, demanda l'établissement fl d^une cure et paroisse particulière au bourg de Fontainebleau, pour estre desservie par un bon curé et nombre suffisant de prestres. » Car, si on ne faisait pas droit à cette demande, « il seroit à craindre que les peuples dudict bourg ne demeurassent, la plupart du temps^ sans instruction, secours^ consolation et assistement spirituel, aussi bien que ceux de la suite de la Cour^ durant que Leurs Majestés sont à Fontainebleau. »

Le samedi 5 novembre 1661, à trois heures de l'aprèsmidi, une députation se présenta au Louvre et fut reçue par la reine mère, à laquelle une supplique fut présentée. Les choses ne traînèrent pas en longueur, car, le 18 du même mois, le roi Louis XIV écrivait de sa propre main la lettre suivante à l'archevêque de Sens :

« Monseigneur V archevêque de Sens, ne voulant pas

l6 L ÉGLISE D AVOK

partir d'icy sans achever tout ce qui regarde la cure de ce bourg et y entendre la messe du nouveau curé^ fay esté bien ayse de vous tesmoigner par ceste lettre écrite de ma propre main^ que vous ne scauriei rien faire qui me soit plus agréable que de venir vous-mesme^ ou d'envoier sans délay vostre officiai pour en faire V es tablis sèment^ et le poinct de la fondation ne vous doit pas arrester^ car en attendant qu'on ayt trouvé quelqu autre biais pour y pourvoir, fay commandé les expéditions nécessaires pour assigner sur telle de mes fermes qu'il sera Jugé plus à propos . les six mille livres dont fay résolu de doter ladite cure et le desdommagement du curé d'Avon^ et ce par préférence à toutes charges^ en sorte que ce sera en fond très asseuré; me promettant donc que vous n'apporterei aucun retardement à ce qui est en cela de mon intention^ je ne feray celle- cy plus longue que pour prier Dieu qu'il vous aytj Alonsieur l'archevêque de Sens^ en sa sainte garde. Escrit à Fontainebleau^ le z5™*= de novembre i66i.

• Louis. »

Collationnée à l'original par moy soussigné, Durand, curé de Fontainebleau ; lequel est à Saint-Lazare i.

Les lettres patentes érigeant en paroisse l'église Saint- Louis de Fontainebleau furent données à Vincennes en septembre 1663, et enregistrées au greffe du parlement de Paris, le 8 mars 1664 -.

1. Archives de Seine-et-Marne, Melun. Dossier G. 492. — Cette lettre a été reproduite dans le Bulletin de la Société d'archéologie de Seine-et-Marne de l'année 186S, p. 112.

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