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L'église de Chamalières-sur-Loire

A l’époque romaine, le culte de la déesse Isis prit une grande importance. Il se répandit sur l’Italie et de là dans les provinces de l’Empire.

Longtemps auparavant, la croyance égyptienne s’était établie à Athènes et en Béotie. Plutarque, qui vivait à Chéronée, est celui qui nous a le mieux renseignés sur la mère d’Horus et sur la façon dont ses contemporains comprenaient sa légende et son rôle religieux.

Isis eut ses temples à Rome, à Bologne, à Bénévent, à Pompéi et un peu partout. Ils étaient généralement placés près des théâtres, dans les quartiers les plus riches et les plus animés : les fameux mystères ne craignaient pas de se faire connaître à la foule; Ovide déclare que c’est aux fêtes isiaques que l’on voit les plus belles réunions d’élégantes et de jolies femmes. Certes les dogmes que nous expliquent Plutarque et Apulée avaient une grandeur spiritualiste et une portée morale indéniable, mais le succès fut beaucoup une affaire de mode.

Le culte de Mithra, dont on parle volontiers, prit une extension beaucoup moins considérable.

Au même moment surgissaient dans la capitale, des associations juives, gnostiques, chrétiennes. Les gouvernants, quand ils n’étaient pas nettement isiaques comme Domitien et Hadrien, confondaient toutes ces croyances, et si leur politique les redoutait, ils les frappaient indistinctement. Tibère, qui se méfiait des chrétiens, déporta d’un seul coup en Sardaigne trois mille isiaques, croyant se débarrasser des sectes juives.

LES PORTRAITS D’ANTINOE

Depuis longtemps je m’applique à réunir les textes et les documents qui peuvent nous renseigner sur ce culte d’importation. La moisson devient chaque jour plus abondante et nous montre les modifications, les transformations des idées égyptiennes et, par suite, l’altération des images, des symboles, qui prennent une physionomie spéciale* caractéristique; si bien qu’il nous est aisé maintenant de reconnaître ce qui appartient à la théogonie égyptienne pure ou à la croyance nouvelle déformée, mais aussi transformée, épurée si je puis dire, par les Grecs et les Romains.

Les monuments : statues, figurines, amulettes, stèles qu’on trouve en Egypte et qui remontent au temps gréco-romain, portent l’empreinte de ces formules romanisées à tel point que j’en arrive à proposer que le culte isiaque, tel qu’il se présente à cette époque à Alexandrie, au Fayoum, à Achmim, vient plutôt de Rome que de Memphis.

Ce qu’on appelle les divinités alexandrines se rencontre d’abord à Rome ; en Egypte, les empereurs, quand ils ont voulu honorer les dieux locaux, ont conservé les formules du pays qu’ils colonisaient (Symboles asiatiques, Annales du Musée Guimel , t. XXX ; — L’Isis romaine, Acad, des Insc ., année 1896).

Pour éclairer la question, j’eus la pensée que des recherches entreprises à l’emplacement où s’éleva la ville d’Antinoé, fondée par Hadrien en l’honneur d’Antinoüs qui s’était suicidé pour sauver la vie de l’empereur, nous révéleraient uniquement les croyances isiaques telles qu’elles étaient pratiquées par les administrés romains.

Le grand ouvrage de la Commission d’Egypte nous donne une vue des ruines d’Antinoé en i8o/|. L’ensemble est plein de grandeur ; portiques, colonnades, arcs de triomphe. On devine un site archéologique prêt à dévoiler l’histoire de ses populations.

Afin d’en avoir le cœur net, un beau jour je pris le train pour Rodah, village important situé sur la rive gauche du Nil en face de l’emplacement où, sur l’autre rive, a resplendi la ville romaine.

En traversant le fleuve, je cherchais des yeux, derrière la lisière que formaient les petites maisons grises et les maigres palmiers de Chek-Abadeh, les vastes et grandioses constructions romaines, mais quand j’eus dépassé le village, ma déception fut vive. Plus rien, pas un monument, pas une pierre ; le désert : une immense plaine de sable recouvre de son linceul jaune l’antique cité.

C’est qu’en face, à Rodah, se sont établies des sucreries.

Les temples et les palais du temps d’Hadrien ont servi de carrière. Avec les statues, les stèles et les inscriptions, on a fait de la chaux.

Pourtant, en parcourant ce terrain historique, je pus, grâce à quelques saillies, reconstituer le plan de la ville. Deux grands boulevards, se croisant à angle droit, la partageaient en quatre. A l’intersection, l’on voit encore une immense vasque monolithe brisée en deux, qui devait décorer une fontaine publique. Je retrouve l’emplacement d’un temple de Ramsès II antérieur de 1 5oo ans à la domination romaine et aussi des traces de monuments à colonnes corinthiennes. Hors de la ville, le cirque est parfaitement dessiné, mais c’est tout.

En regardant avec attention, je reconnus que cette dévastation des édifices était, en . somme, superficielle, que les entrailles de cette terre devaient renfermer des vestiges de la civilisation qui fut là et que des fouilles dirigées avec méthode pourraient nous réserver des surprises scientifiques.

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LES FOUILLES

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