La chaire
Vers 1520 le patronat de cet autel fut concédé au cardinal Fra Vincenzo Giustiniani, qui avait été Maître général des Dominicains, et il le transmit après lui à sa noble famille. C’est lui d’ailleurs qui avait construit la chapelle proprement dite en l’honneur de son patron.
L’autel est surmonté de deux colonnes qui soulèvent un fronton brisé et encadrent le tableau principal.
Le cardinal fit venir de Gênes ce tableau. Saint Vincent Ferrier est figuré prêchant devant le pape et l’empereur au Concile de Constance, son sujet favori, le Jugement dernier, qu’indique dans le fond une apparition du Christ- Juge. Il est dû au pinceau de l’artiste génois Bernardo Castelli.
Mais ne faut-il pas qu’on ait infligé, par piété, s’il vous plaît ! à ce malheureux saint le traitement plus qu’irrévérencieux de lui enfoncer des clous dans la tête, pour lui fixer au front une absurde couronne métallique!
Il convient de donner un coup d’œil aux tombeaux des cardinaux Vincenzo Giustiniani (f 1532) et de Giuseppe Giustiniani (f 1600) placés dans deux niches à droite et à gauche contre les parois latérales. Les urnes sont en riches marbres, sous des frontons analogues, avec les portraits des défunts. C’est d’ailleurs un peu surchargé comme ornementation et tourmenté comme lignes h
Voyez en sortant, sur votre droite et contre le mur, le monument de Giovanni Vigevano (f 1630). Il fut sculpté, croit-on,
1 Voici l’épitaphe du cardinal Vincenzo G-iustiniani : D. O. M. Fr.Vincentio Justiniano Genuen. XXX VIII | aetatis suae anno | electo Générait | Ord. Praedic. dein LI in numerum | S. B. E. card. assumpto. Obiit XXVIII octob. | ann. sal. MDLXXXI1 \ Vixit ann. LXI1I m. II | Petrus Joseph et Georgius fratres ejus.
L’épitaphe du cardinal Giuseppe Giustiniani se lira dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve ; elle se lit aussi dans Forcella, Iscris., n° 1861, mais avec des fautes impardonnables.
L’Eglise (le la Minerve
par Bernini, qu’on ne devinerait guère sous ce style calme et sobre.
C’est une urne admirable de proportions, et uniquement symbolique, surmontée d’un fronton en arc de cercle, contenant le portrait du défunt.
L’urne est en marbre africain noir, veiné de jaune brun, très apprécié et rare.
Elle est malheureusement par trop à la portée de certains barbares d’Europe, appelés touristes, qui en font sauter les délicates corniches pour en déposer les morceaux dans leurs collections privées ou publiques.
Le défunt est loué pour sa vertu et son amabilité h
A l’entrée de cette chapelle fut ensevelie une digne chrétienne dont l’épitaphe est tout un programme pour la femme idéale. Voici l’épitaphe : “ A Latina Beccaluva, qui dans le respect de la religion, l’éducation des enfants, le soin des intérêts domestiques, fut très habile ; vécut sans querelle avec son mari Griuliano Lotto, jusqu’à l’âge le plus avancé, et en accord parfait, pendant 73 ans, 5 mois, 3 jours. Nicole) Lotto, dans son deuil, a dédié ce monument à sa mère très sainte,,1 2.
Un peu plus loin, contre le pilier de la nef est plaqué le double monument des De Arnicis, Fabrizio et Ippolito son fils. Il fut dessiné par Pietro da Cortona, qui sculpta également les bustes des deux défunts. On y retrouve la main du maître dans la sobriété et la force.
1 L’épitaphe se trouve dans le Nécrologe lapidaire de la Minerve et dans Forcella, Iscriz n° 1908.
2 La défunte mérite qu’on rapporte le latin de son épitaphe où se trouve le type idéal de la femme forte du Livre des proverbes: D. O. M. | Latinae Baccaluvae \ religionem servare \ liberos alere rem tueri \ domesticam peritissimae \ quae cum Jnliano Lotto ad \ extremam aetatem sine | lite concordiss. uxor \ vixit ann. LXXV11 m. V d. III | Nicolaus Lot tus matri sanctiss. moerens \ p. m. id.