Tombe d’inconnue
Maria Colonna est déclarée dans son épitaphe “ épouse incomparable et très regrettée „ ; elle y est louée comme “ très dévote envers son ange gardien „b Ce dernier détail explique sans doute pourquoi on a représenté un ange, ou plutôt “ son ange „ veillant encore sur la tombe où elle est couchée, et attendant l’heure de la réveiller. La pensée est touchante et belle.
En face, contre la paroi de gauche, est un autre monument élevé à la mémoire de Carlotta et Livia Lante délia Rovere (f 1870).
Les bustes des deux défuntes sont en bas-relief sur le socle, et entre les deux celui de leur père, le duc Giulio Lante, qui fit exécuter ce tombeau de son vivant. Le monument est surmonté d'une statue représentant le Christ qui bénit de la main droite, et tient de la gauche un volume déployé où se lisent ces mots: “Ego sum resurrectio et vita „ : Je suis la résurrection et la vie.
Ce monument est encore l’œuvre de Tenerani, et son dernier œuvre. Ce qui est très appréciable chez cet artiste, c’est qu’il a toujours une pensée noble à exprimer et qu’il l’exprime dignement.
Encastrée dans le marchepied de l’autel, et au-dessous du revêtement en bois qui le recouvre, se conserve une magnifique pierre tombale de femme anonyme, avec un portrait en bas-relief, mais sans inscription. Il nous est difficile de l’identifier. L’image entière représente la morte vêtue d’une simple tunique, ceinte d’une courroie, et la tête couverte d’un voile. La tête repose sur un double coussin, terminé par des glands aux angles. Un écu, placé près de la tête, porte une “ hliera „ , et semblerait indiquer une Gabrielli ou une Altieri, bien que l’arme apparaisse incomplète.
1 Les épitaphes se liront dans le Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir Forcella, Iscriz., n° 2004.
L’Eglise de la Minerve
A la sortie, le visiteur aura sur sa droite, et adossé au mur ou pilastre, le tombeau des frères Gfirolamo et Benedetto Melchiorri (f 1585). Le premier fut évêque et exerça dignement plusieurs fonctions ecclésiastiques; le second, au dire de l’épitaphe, l’égala “ en beauté, en savoir et en vertu „b Espérons que celui-là du moins aura été content de son sort.
Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous un instant près de la colonne d’en face, pour donner un coup d’oeil à la chaire.
Une fois admis ce système de chaire, qui d’ailleurs apparaît très pauvre, si nous le comparons à l’ambon et au “ palco „ , où l’orateur pouvait parler corps et âme, avec toute sa personne et toute sa personnalité, avec tous ses moyens, celle-ci doit être comptée parmi les plus belles, si non comme matériaux, du moins comme lignes et décorations.
Elle est à cinq pans en bois sculpté, ornée de cinq bas-reliefs que séparent des statuettes allégoriques, au nombre de six. Les bas-reliefs représentent saint Dominique haranguant la foule, saint Thomas docteur, la Résurrection du Christ, le Rosaire et la Mort de saint Pierre Martyr. Parmi les statuettes on distingue la Tempérance, la Charité, la Dialectique, l’Eloquence. C’est un bon travail du xvie siècle. L’artiste inconnu s’est efforcé d’imiter Michelange. Il est regrettable qu’on l’ait vernissé, ou mieux ciré avec une telle opulence.
§ 4. — La chapelle de saint Vincent Février .
Il y avait là jadis un simple autel dressé contre le mur de l’église, en l’honneur du grand apôtre de l’Europe, et il avait été érigé par une dame Angioletti.
' On lira l’inscription funèbre dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve , ou dans Forcella, Iscriz., n° 1820.