APPENDICES
Les reliques de sainte Catherine de Sienne.
C’est le dimanche 29 avril 1380 que mourut Catherine de Sienne, dans la maison que lui avait donnée Urbain VI, Via délia Pigna , à deux pas de la Minerve, et où elle avait vécu deux ans, avec ses compagnes du Tiers-Ordre de saint Dominique.
On transporta secrètement le cadavre à la Minerve, pour éviter l’affluence de la foule, qui ne manquerait pas de se produire: malgré ces précautions, là foule accourut, et il fallut laisser le cadavre exposé par terre, jusqu’au mardi suivant.
On l’enferma alors dans un cercueil de cyprès et on l’ensevelit dans le cimetière commun, près de l’église; sa tombe fut des plus simples : un petit monument en briques, légèrement élevé au-dessus du sol. On n’avait pas encore l’habitude de construire de grands monuments, même aux défunts illustres.
Cependant Raymond de Capoue devint bientôt le Maître général de son Ordre, et, trouvant avec raison, que pour satisfaire à la dévotion du peuple, honorer convenablement la mémoire de la glorieuse sainte, et donner un gage de sa piété envers celle qui avait été sa fille spirituelle, il songea à en transférer les reliques dans l’église de la Minerve.
C’est en 1385 qu’eut lieu la translation, et la dépouille mortelle fut placée dans un tombeau creusé près de l’autel, au pied de la première colonne de l’église, à droite, c’est-à-dire du côté de l’épître, en face de la
chapelle qui aujourd’hui s’appelle la chapelle du Eosaire, et où fut peinte plus tard la vie de la sainte.
En cette circonstance se lit la première distribution des reliques de la servante de Dieu.
Le bienheureux Raymond fit détacher un bras qu’on enferma dans un bras d’argent, et que l’on conserva dans la sacristie de la Minerve, afin de l’exposer en certains jours à la vénération des fidèles.
Il fit de plus donner la tête de la sainte à la ville de Sienne, sa patrie, où elle fut transportée par Fr. Tommaso délia Fonte, parent et jadis confesseur de Catherine.
Les Siennois reçurent avec une joie indicible l’insigne relique, qui fut déposée dans l’église de San-Domenico-in-Campo-Reggio.
Dans l’église de la Minerve à Rome, le bienheureux Raymond fit placer contre la colonne qui dominait la tombe le petit monument que nous avons édité dans notre livre: un ange portant l’inscription touchante que nous avons également traduite, et il y fit peindre l’image de la sainte, qui y resta visible jusqu’au siècle dernier.
Cependant la dévotion de la foule grandissait, et l’on célébrait des cérémonies pieuses en son honneur, sauf la messe et l’office que le Droit n’autorisait qu’après l’examen canonique : on dut songer à placer Catherine sur les autels.
Le procès fut commencé en 1402, repris en 1411 et 1417, par les soins du bienheureux Giovanni Dominici, qui devait tant à la Vierge de Sienne : mais il fut interronqju par le schisme d’Occident, auquel Giovanni Dominici dut avant tout mettre un terme.
Le culte pourtant ne diminuait pas.
En 1430, saint Antonin, le futur archevêque de Florence sa patrie, était Prieur de la Minerve, et il décida une nouvelle translation des reliques.
Il les plaça dans un tombeau de marbre, et fit sculpter par Isaïa da Pisa, la statue couchée de la sainte, dont on recouvrirait les reliques; puis il les transporta dans la chapelle devenue plus tard la chapelle du Rosaire, et la plaça sur un socle un peu élevé à droite de l’autel ou du côté de l’évangile, semble-t-il.
L’Eglise, de la Minerve
Le procès fut repris, et la canonisation eut lieu en 1461, sous le pontificat du pape siennois Pie II. Les reliques furent alors sans doute placées sous l’autel, dans la même chapelle, bien que certains auteurs affirment que cette translation ait été faite plus tard, par Turriani, en 1487. Elles y restèrent jusqu’en 1855, sauf que durant quelques mois de 1575. pendant qu’on restaurait la chapelle, elles furent déposées dans la sacristie.
Le tombeau fut toutefois ouvert à plusieurs reprises, pour l’extraction de reliques plus ou moins importantes, particulièrement en 1487, par le Maître général Giovacchino Turiani, qui donna une main de la sainte a\i monastère des saints Domenico et Sisto, et un pied au couvent vénitien des saints Giovanni et Paolo, où il avait reçu l’habit religieux; en 1501, par le Maître général Yincenzo Bandelli; en 1575, par Sisto Fabri, plus tard Maître général, qui choisit une relique insigne, une épaule de la sainte, pour la donner aux religieuses dominicaines de Santa Caterina, à Magnanapoli, qui se réclament de sainte Catherine comme de leur fondatrice.
Le cercueil fut sans doute ouvert en d’autres circonstances encore, puisqu’en 1855, lors de la dernière translation, on ne trouva ni les sceaux ni le parchemin qu’y avait laissé Sisto Fabri.
C’est le 9 du mois d'août 1855, que les reliques furent transférées sous le maître-autel, qui venait d’être restauré comme l’église.
On les avait portées précédemment dans une procession splendide par toute la ville, le 5 août; on avait célébré un triduum solennel, durant les trois jours suivants.
Le 9, dans le vieux cercueil en marbre, préalablement installé sous le maître-autel, on plaça respectueusement les reliques renfermées dans une boîte d’argent, avec un parchemin contenant l’inscription suivante :
f Anno Domini MDCCCLV sedente Pio EX. Pont. Max. \ Ord. Praed. administrante Vincentio Jandel Vie. gen. Rom. prov. regente p. m. Michaele Milellos I conv. Minerve gubernante P. M. Hieronyrno Gigli | templo magnificentius instaurato ! corpus S. Catherinae Virgo Senen. ! quod antea sub ara SS. Rosarii jacuerat | solemni suppl Ration e per urbem délatum | deinde per triduum fide-
L’Eglise de la Minerve
lium venerationi \ diebus VI. VII et VIII augusti | cunctis plaudentibus expositum \ tandem die IXejusaem mensis et anni transfertur \ et sub hac ara maxima j in aevum reconditur | ora pia virgo et intercède pro nobis ad Deum.
Quant au sort et à l’histoire des reliques principales extraites du tombeau, il nous est possible d’en dire un mot.
Le bras, qui avait été donné à la Minerve par le bienheureux Raymond de Capoue, fut d’abord volé et porté à Venise, où on le vénérait publiquement. Raymond de Capoue, l’ayant constaté de ses yeux, le fit restituer à la Minerve, où il se voyait encore en 1742. Il a disparu complètement, ayant été, dit-on, mis en parcelles pour être distribué aux fidèles.
La tête, transportée à Sienne, s’y vénère encore de nos jours, dans une chapelle spéciale de San-Domenico-in-Campo-Reggio.
Le pied de la sainte, envoyé à Venise, s’y conserve et reste l’objet de la vénération publique.
La main, donnée au monastère des saints Domenico et Sisto, y est religieusement montrée aux visiteurs, de même que l’épaule chez les Dominicaines de Santa Caterina.
L’Eglise de la Minerve
Cardinaux titulaires de l’église de la Minerve.
N. B. — C’est dans son Consistoire du 18 février 1556, que Paul IV éleva l’église de la Minerve au rang de titre cardinalice.
1557. Fr. Michèle Ghisleri, de Bosco, dominicain, futur pape Pie V, fut le premier titulaire de la Minerve.
1566. Fr. Michèle Bonelli, d’Alexandrie, neveu de Pie V, dominicain. 1589. Fr. Girolamo Bernerio, de Correggio, dominicain.
1602. Francesco Tarugi, de Montepulciano.
1608. Filippo Spinelli, de Naples, évêque d’Aversa.
1616. Ladislao d’Aquino, de Naples.
1621. Giulio Borna, de Milan.
1643. Giovan Battista Altieri, de Rome, évêque de Todi.
1655. Jean-François de Gondy de Retz, français, archevêque de Paris. 1679. F. Filippo Howard, de Norfolk, anglais, dominicain.
1694. D. Giuseppe Saenz, de Aguirre, espagnol, bénédictin.
1699. Louis de Noailles, français, archevêque de Paris.
1729. Fr. Agostino Pipia, dominicain, évêque d’Osimo.
1730. Filippo de Sintzendorf, allemand, évêque de Breslau.
1747. Daniel Delfino, vénitien, patriarche d’Aquilée.
1758. Giuseppe Pozzobonelli, archevêque de Milan.
1770. Scipione Borghese, romain.
1785. Tommaso Ghilini, de Turin.
1787. Vincenzo Ranuzzi, de Bologne, évêque d’Ancona.
1801. Giulio délia Somaglia, de Piacenza.
1816. Francesco Fontana, barnabite.
1823. Francesco Bertazzoli, de Lugo.
1829. Benedetto Barberini, de Rome.
1832. Fr. Giuseppe Velzi, évêque de Montefiascone, dominicain.
1838. Fr. Francesco Orioli, mineur conventuel.
L’Eglise de la Minerve
1851. Raffaele Fornari, de Rome.
1854. Guglielmo Enrico de Carvalho, patriarche de Lisbonne.
1857. Fr. Francesco Gaude, dominicain.
1861. Gaetano Bedini, archevêque dé Viterbe.
1868. Matteo Eustachio Gonella.
1875. Giovanni Mac Closkey, archevêque de New York.
1884. Zepliirin Gonzalez y Diaz Tunon, archevêque de Séville, dominicain.
1898. Serafino Cretoni.
L’Eglise de la Minerve
Catalogue alphabétique des artistes qui ont travaillé à la Minerve.
Cette liste, si nombreuse soit-elle, n’est pas complète. Des œuvres d’artistes ont disparu à la Minerve ; d’autres œuvres existent, en particulier plusieurs tombeaux, purs chefs-d’œuvre, dont on ignore les artistes.
La table suivante, qui comprend environ 150 noms, suffit néanmoins à démontrer que l’église de la Minerve est à elle seule un véritable musée.