‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 10 sur 191 · Sicard, Les èvcques avant la Kcvohttion, p · texte numérisé non relu

Sicard, Les èvcques avant la Kcvohttion, p

2. Armes : D'azur, aux trois pattes de griffon d'or tenant un chicot de branche.

ait votre vénérable personne en sa sainte et digne garde. — Rohan. »

En 1748, le i'^'' septembre, le jeune Yves-Alexandre reçut la tonsure des mains de 1 evèque de Saint-Claude, M. Joseph de Fargues. Au mois de novembre 1750, il faisait, devant le Chapitre de Lvon, ses preuves de noblesse.

Restait à attendre la vacance d'une stalle et ci s'assurer des appuis pour en prendre possession. M. de Chantelot étant mort, M. de Marbeuf sollicita la recommandation spéciale du Dauphin. Seraitil téméraire de croire que les premiers négociateurs furent les oncles du candidat : Armand-Marie, prieur de Domard, et René-Auguste, abbé de Saint-Germer ? Quoi qu'il en soit, l'affliire se traita au lever du Roi. Le Dauphin ayant rencontré le futur doyen du Chapitre, M. de Bouille, maître de l'oratoire du Roi, et M. de la Châtaigneraie, aumônier du Roi, leur exprima le désir qu'il avait de voir M. de Marbeuf entrer au Chapitre de Lyon. Aussitôt avisé, le Chapitre répondit que les désirs de Mgr le Dauphin seraient pour lui des ordres. M. de Marbeuf fut donc choisi. Touché de la bonne volonté qu'ils avaient mise à seconder ses vues, le Dauphin remercia les Chanoines-Comtes par une lettre que les actes capitulaires nous ont conservée : « MM. les Doyen, Chanoines et Chapitre, comtes de Lyon, Je souhaite véritablement que vous soyez persuadés de la satisfaction que m'a donnée l'empressement avec lequel vous avez rempli le désir que j'avais de la nomination de l'abbé de Marbeuf à la première place vacante dans votre Chapitre ; les sentiments que vous m'avez marqués à cette occasion, si parfaitement exprimés dans la lettre que vous m'avez écrite, ne peuvent que fortifier l'estime et l'affection que j'ai pour vous. — Je prie Dieu qu'il vous ait, Messieurs les Doyen, Chanoines et Chapitre, comtes de Lyon, en sa sainte garde, et suis votre bon ami. — Louis. A Versailles, le i^' février 1752. »

L'installation du nouveau chanoine eut lieu le samedi 5 avril de la même année. Il n'avait que dix-huit ans.

Toutefois, comme il était encore élève au collège de Plessis, il dut solliciter du Chapitre de Lyon l'autorisation de s'absenter pour continuer ses études, et il fut astreint à envoyer régulièrement les attestations de ses maîtres.

Il reçut les ordres mineurs dans la chapelle des Bénédictins du prieuré de Conflans, de la main de Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, le 20 décembre 1754. Antoine-René de Fontenille de la Roche, premier aumônier de Madame Adélaïde, le fit sousdiacre dans la cathédrale de Meaux (24 mai 1755); ^^ 1^ ^^ ^^^^^s de l'année suivante, le cardinal Potier de Gesvres, évêque de Beauvais, lui conféra le diaconat dans la grande chapelle de son palais épiscopal. Il obtint le grade de bachelier en Sorbonne le 3 février 1757.

Le 4 juillet eut lieu le mariage de son frère : Jacques-Ange épousait Henriette-Françoise Michel, sœur de la maréchale duchesse de Levis.

Benoît XIV était mort, et les cardinaux de France partaient pour l'élection de son successeur. Le chanoine de Marbeuf, choisi comme conclaviste par le cardinal Potier de Gesvres % assista, en cette qualité, à l'élection de Clément XIIL A son retour à Paris seulement le sacerdoce lui fut conféré, le Samedi- Saint, 4 avril 1759, par Jean-Armand de Roquelaure, évêque de Senlis, dans la chapelle du palais archiépiscopal. Trois mois après, M. Dominique de la Roche-Foucaud lui envoyait des lettres de vicaire général de Rouen (22 juillet 1759).

Car il faut être grand vicaire pour arriver à l'épiscopat. Les évêques multiplient autour d'eux les grands vicaires; les beaux noms qu'ils portent, les influences qu'ils ménagent, les relations qu'ils procurent, sont, pour le siège, un lustre et un sérieux avantage. De plus, s'il faut tout dire, beaucoup d'évêques croyaient nécessaire, pour mieux tenir leur rang, pour cultiver des amitiés utiles ou pour s'en créer, de s'absenter souvent de leur ville épiscopale : la présence d'un nombre respectable de grands vicaires excusait et compensait un peu l'éloignement de l'évêque.

La Cour attirait tout à elle. Dans son attraction entrèrent fatalement les prélats issus de noble famille, et on n'en vit bientôt pas d'autres dans les diocèses de France, car la Cour qui les avait poussés, les voulait ne sentant en rien la roture. On eût entendu de hauts cris, et ce fut délicatesse de ne pas les y exposer si, pour

I. La lettre avisant M. de Marbeuf de ce choix est du 25 septembre 1758. Voir abbé Vanel, Notes inédites sur M. de M.àrbcu( (Bulletin historique du diocèse de Lyon, Nov.-Déc. 1907).

récompenser leur mérite, et même leur vertu, le Ministre de la feuille eût commis l'imprudence de gratifier d'un bénéfice, et surtout d'un évéché, les hommes appelés de fortune^ probablement, ainsi que le disait Maury, « parce qu'ils se trouvaient sans fortune ». La vie de Cour épuisait les gros revenus : aussi ménageait-on aux enfants la possession d'un riche bénéfice, ou d'une belle sinécure; de la sorte on augmentait leur gloire et on soutenait le rang de leur maison.

Mais on aurait tort de juger sainement du passé par le présent. L'épiscopat et les dignités sur lesquelles la Révolution du dernier siècle a appliqué son niveau ne manquèrent ni de grandeur ni de mérites. Bien que regardant d'un peu haut et à distance leurs diocèses ou leurs prieurés, ces nobles d'église eurent des vues larges et des idées justes sur les besoins de leur troupeau. Ils sauront, à l'heure des suprêmes sacrifices, montrer une énergie dans la foi et une constance dans le devoir qui forceront l'admiration.

De par sa naissance, son éducation et le crédit de quelques-uns de ses proches à la Cour, Yves-Alexandre pouvait prétendre aux bénéfices et aux honneurs; les uns les autres lui furent largement accordés.

Député à l'Assemblée du clergé de 1760, il reçut du Roi, le 26 décembre de la même année, l'abbaye de Saint-Jacut, diocèse de Dol, de la Congrégation de Saint-Maur, dont le revenu annuel atteignait 9.000 livres \ Dispensé, par lettres royales, du temps d'études et d'interstices en droit, il obtint à cette même époque le diplôme de bachelier in utroque jure. L'examen eut pour objet principal, d'après les positiones du candidat, le Titre X, de Simonia.

Au premier bénéfice, reçu des libéralités du Roi, vint bientôt s'en ajouter un nouveau. M. de Marbeuf prit, le 20 juin 1763, possession du prieuré de Domard-les-Ponthieu, dans le diocèse d'Amiens, bénéfice en commende. Les provisions avaient été accordées par René- Auguste, oncle de M. de Marbeuf, abbé de Saint-Germer-de- Flaix.

A la cérémonie, qui consista pour le titulaire dans une entrée solennelle à l'église, l'aspersion d'eau bénite et une prière devant

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