‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 9 sur 191 · I . Armes : D'or, au lion tnonié de sable · texte numérisé non relu

I . Armes : D'or, au lion tnonié de sable

d'hui rue de Fougères, est une construction du xV^ siècle. Elle se compose d'un corps de logis et de deux ailes peu saillantes, comprenant un rez-de-chaussée et un étage, le corps principal ayant cinq ouvertures par étage, les ailes, une seulement; la porte d'entrée est à panneaux rectangulaires; la toiture, élevée et distincte des ailes, possède cinq gerbières flanquées de consoles renversées, quatre d'entre elles sont surmontées de frontons triangulaires; celle du centre en maçonnerie soutient un fronton arrondi; les gerbières des ailes ressemblent aux précédentes : six épis de plomb couronnent les angles des toits. A trois des balcons de fer, dans des écussons ovales, sont les armes des Marbeuf ' .

Possédé en 1640 par les Maillard, l'hôtel passa aux mains des Marbeuf en 1684.^. M'"'-' de Sévigné, dans un séjour à Rennes, y reçut l'hospitalité \

Yves-Alexandre n'eut pas la joie de connaître sa mère : l'enfant avait à peine six mois quand elle mourut, âgée de trente-trois ans. Elle fut inhumée à Rennes dans la chapelle des PP. Minimes. Ne pouvant se consoler de ce deuil, son mari vendit avec l'agrément du Roi, à M^ de Langle de Coëtulon, la charge de président à mortier dont il avait hérité de son père, et se retira dans l'abbaye de Saint-Germer, où son frère René-Auguste le recueillit; il y rendit son âme à Dieu, le 9 octobre 1761.

Que va devenir l'enfant privé de sa mère ? Le foyer où grandit Yves-Alexandre fut pour lui une école de silence et de sévérité : la solitude s'y fera de plus en plus rigoureuse. Jacques-Ange, destiné à suivre la carrière des armes, part le premier pour ses études. Augustine-Marie est envoyée, à son tour, à Paris : elle trouvera dans le couvent de Panthémont des soins maternels et y recevra une haute culture littéraire; elle s'éprendra même des grands auteurs latins. Petite de taille, défigure agréable, de caractère sérieux, elle se signalera par une exquise délicatesse et une rare fidélité dans l'amitié.

1. M. Banéat, Le vieux Rennes (Bulletin archéologique iV Ille-et-V Haine).

2. Revendu vers 1760 à Demoiselle Thérèse Kernezne de la Roche, Thôtel passa en 1764, pour le prix de 47.000 livres, au procureur général de Caradeuc de la Chalotais, qui y fut arrêté dans la nuit du 10 au 11 novembre 1765. La Chalotais y mourut en 1785.

3. Léon de Brière, Madame de Sévigné 01 Bretagne. 1901, p. 229.

Yves-Alexandre entre, dès qu'il fut possible, dans un pensionnat de Rennes. Mais, à l'âge de douze ans, son père qui le destine à l'Église, l'éloigné et le met au collège de Plessis, la pépinière des évêques de France. Il semble placé alors sous la sauvegarde et la tutelle de ses oncles, les abbés lecteurs du Dauphin.

Étudient à Plessis, en même temps : La Galaizière, depuis évêque de Saint-Dié; l'abbé de Broglie, plus tard évêque de Noyon; le prince Louis de Rohan, qui deviendra évêque de Strasbourg et cardinal; un autre Louis de Rohan, qui sera archevêque de Bordeaux, puis de Cambrai ; Cicé, futur archevêque de Bordeaux et garde des sceaux ' .

Yves-Alexandre assista, le lo avril 1746, dans le parloir de l'abbaye de Panthémont, au contrat de sa sœur Marie- Augustine^ qui épousait messire Augustin-Charles-Gabriel d'Erard, chevalier, marquis d'Hellenvilliers, enseigne au régiment des gardes-françaises \ Le château d'Hellenvilliers, où vint résider la nouvelle marquise, conserve d'elle un portrait gracieux. Elle y est représentée portant la croix de Malte. Cette croix, dite de dévotion, était une preuve de la singuhère affection qu'avait vouée à sa nièce le prieur de Champagne, Bernardin-Hippolyte de Marbeuf. Une lettre du grand maître Rohan, conservée à Hellenvilliers, fait mention de cette croix : « De Malte, 15 décembre 1777. — Vénérable, très cher et bien-aimé religieux, Nous avons reçu à la fois vos remercîments de la croix de dévotion accordée à Madame votre nièce, et vos justifications sur ce que vous avez pris de notre part pour des reproches. Nous sommes fort aise que vous ayez été sensible h. la distinction que nous avons donnée à une personne qui vous est chère ; mais nous sommes fâché que vous ayez pris le change sur les avis que, d'après le Conseil de l'Ordre, nous vous donnons pour vous mettre en garde contre les gens d'affaire qui quelquefois nous jettent dans des procès fâcheux dont eux seuls retirent tout l'avantage. Au reste, nous avons trouvé vos raisons excellentes, et nous pouvons vous assurer qu'aucun de vos confrères n'a cherché à diminuer les sentiments d'estime et d'affection avec lesquels nous prions Dieu qu'il

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