I. Délibération des Corps municipaux, 4 juillet
ment ». Coffinhal éluda la force de l'argument et trancha net la difficulté en déclarant qu'à l'égard de Chalier « ceux qui connaissent son patriotisme et le courage dont il a fait usage pour le triomphe de la liberté dans la ville de Lyon, savent qu'on a imaginé la lettre qu'on a prétendu avoir trouvée chez lui, pour pallier l'assassinat dont on s'est rendu coupable à son égard ». Véritable ou supposée, la lettre versée au procès de Chalier, avait pu influencer le jugement de Tévêque constitutionnel, et l'argument qu'il en tirait gardait toute sa valeur.
Uexécution de Chalier eut lieu, le 16 juillet, à six heures du soir, sur la place des Terreaux, devant une foule immense que contenaient à grand'peine des gardes nationaux. Près de quatre-vingts personnes, à prix d'argent, obtinrent du charpentier qui avait monté les bois de justice, une place sur l'échafaud lui-même \ Ripert, le bourreau, nous a laissé d'horribles détails sur cette exécution, la première de toutes : « Quelques individus ayant, dit-il, gâté la guillotine, j'ai demandé aux chefs qui composaient le tribunal criminel, de faire aiguiser la lame : ils n'ont point voulu me le permettre déclarant qu'elle pouvait servir telle qu'elle était; et, étant trop légère, elle a manqué le célèbre Chalier, comme elle en a manqué quatre à la place Bellecour ^ Durant cette horrible torture, Chalier demeura imperturbable, faisant des grimaces à la foule. Le bourreau dut employer son couteau de poche pour séparer définitivement la tête du redoutable terroriste. Riard de Beauvernois, qui avait commis, dans la journée du 29 mai, de véritables assassinats, subit sa peine le 22 juillet. Avant de mourir il embrassa le crucifix que lui présentait le prêtre qui l'assista.
Sur la fin de septembre, les assiégés comprirent que toute prolongation de résistance devenait impossible : les cofl"res étaient vides, le pain allait manquer. Il fallait craindre que la ville ne fût prise d'assaut et livrée aux horreurs du pillage. Le 29 septembre, les troupes de la Convention s'emparèrent des hauteurs de Sainte-Foy, et une terrible bataille s'engagea sur la chaussée Perrache.
1. Interrogatoire de l'aide-bourreau, Bernard, dossier personnel (Archives départementales).