‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 147 sur 191 · Victor Pierre : La Terreur sous le Directoire · texte numérisé non relu

Victor Pierre : La Terreur sous le Directoire

2. Relation de V arrestation de Basile (M. Célard). (Dossiers personnels ecclésiastiques.)

3. On trouva, après sa mort, des extraits de J.-J. Aymé, déporté à la Guyane, extraits que M. Bétand avait faits pour son usage personnel. Un ami crut pouvoir s'autoriser de cette copie pour soutenir, en publiant sa « Vie », que M. Bétand avait été déporté à la Guyane. En vérité, il ne quitta pas l'île de Ré.

11° Dépallière, cinquante-huit ans, curé de Villié-Morgon.

12° M. Peyzaret, quarante ans, ancien vicaire de Saint-Laurentd'Agny. Rentré en 1795, ce prêtre très actif exerçait le ministère dans toute l'étendue du canton du Mornant '.

Les ecclésiastiques qui furent déportés à Tîle d'Oléron eurent plus à souffrir encore que ceux qui avaient été envoyés dans l'île de Ré. Les prisons de la citadelle étaient fort étroites; on y entassa les détenus au nombre de deux cent cinquante, dont cinq femmes. Une maladie épidémique ne tarda pas à faire une multitude de victimes. Parmi les prêtres internés — environ deux cents — plus de la moitié étaient arrivés de Belgique.

Quelques-uns d'entre eux appartiennent au diocèse de Lyon.

1° Jean Salicis, cinquante ans. Comment ce fougueux partisan de la Révolution finit-il par devenir une de ses victimes ? Depuis sa sortie des prisons de Lyon (19 janvier 1794), il semble avoir exercé les fonctions de juge de paix. Toutefois, les temps devenant meilleurs, il reprit les fonctions sacerdotales. En 1797 (lettre de Renaud du 24 août), il est indiqué comme faisant partie du Presbytère constitutionnel de Lyon. L'ennemi des tyrans fut déporté, tout simplement pour avoir voulu célébrer un service pour le repos de l'âme de Louis XVI le jour où devait se célébrer, dans le temple décadaire, la Fête de la punition du dernier tyran. En raison du service qu'il voulait célébrer, Salicis s'opposa à la décoration du temple. Le jugement qui le condamne à la déportation fait mention de cette étrange conduite : « Considérant, y disait-on, qu'il s'est opposé, le i^"" pluviôse dernier (20 janvier 1799), à la décoration du temple pour la cérémonie du lendemain sous le prétexte qu'il avait annoncé au peuple un service mortuaire pour ledit jour, et pour lequel il avait fait tous les préparatifs nécessaires ; — considérant que, malgré les empêchements apportés à l'exécution de ce service, il n'en a pas moins célébré la messe des morts, le lendemain, avant la fête du 2 pluviôse ; — que, par cette conduite, il entretient parmi le peuple

I. Nous avons suivi les listes de Victor Pierre : la Terreur sous le Directoire. Quelques auteurs ajoutent à ces listes : Paul-Louis Fabry, 59 ans, curé de Fleurieux. — Jean Cote, 46 ans. — J.-B. Jacquet, prêtre de Saint-Just-en-Bas. — Jacques- Joseph Multier, de Renaison. — Villate, capucin. — Bazanerye, missionnaire de Bard.

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les sentiments d'un fanatisme religieux ; — que ce service tendait aussi à exciter la pitié des faibles sur le sort mérité du dernier roi des Français » (20 février 1799) '.

2° Jean Girin, cinquante-deux ans, né à Marcilly. Il fut relâché en 1800.

3° Jean Bayle, cinquante-deux ans. UAlmanach de la Correspondance donne quelques détails intéressants sur ce prêtre, vicaire constitutionnel de Rochetaillée en Forez. Les gendarmes vinrent pour l'arrêter en mars 1797. Comme il tentait d'échapper, il fut blessé grièvement et transporté, en cet état, dans les prisons de Saint- Étienne. La fermeté de ses réponses prolongea sa captivité et, après le 18 fructidor, décida le tribunal à l'envoyer à Oléron. « Sa prison, ses chaînes, ont été un supplément aux réparations qu'il avait commencées. »

4° Pierre Muguet, soixante ans. C'était un religieux de Malte. A la dispersion de son Ordre, il fut employé dans la paroisse de Bron avec la qualité de vicaire. Il signait les actes : « Muguet, de Malte. » Nommé desservant de Curis, il signe les actes du 13 avril 1786 au 8 juin 179 1. Le serment qu'il prêta fut enregistré avec des restrictions significatives : « Je promets de vivre, dit-il, dans la religion catholique, apostolique et romaine, qu'ont suivie les Clovis, \qs Charlemagne, les saint Louis, les Blanche de Castille. Je promets d'être fidèle, dans le ministère qui me sera confié, aux lois canoniques reçues de l'Église. » Une si fière déclaration ne pouvait rester dans l'ombre. Pierre Muguet, dénoncé au Directoire et à l'évêque métropolitain, fut obligé d'abandonner Curis et de se retirer à Bron, paroisse qu'il quitta, le 3 septembre 1792, avec un passeport pour la Savoie. A peine rentré de l'exil, il reprit les fonctions du saint ministère. Le Directoire le condamna à être déporté. Pierre Muguet arriva à Oléron le 15 septembre 1799; mais, atteint presqu'aussitôt par le mal contagieux, il expirait, le 30 octobre, à l'hôpital où on l'avait transporté ^

5° Claude Damichon, prêtre de Grigny.

Ces listes sont certainement incomplètes, malgré les précautions prises pour les donner avec exactitude.

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