CHAPITRE II
La feuille des Bénéfices. — Le « triumvirat » Brienne-Boisgelin-Marbeuf. — L'abbaye d'Ourscamp. — L'évêque de Senez et les prédicateurs de Carême. — Réunion des diocèses de Digne et de Senez. — Quatre Lettres secrètes sur l'état de la Religion. — D'où partirent les coups? — M. de Marbeuf lavé du crime de simonie. — L'abbaye du Bec. — Le comte de Marbeuf épouse M^e de Fenoyl.
— Le marquis de Marbeuf. — La prieure de l'Argentière. — Bienfaits des Marbeuf envers les jeunes Bonaparte. — Douze nouvelles Lettres secrètes. — M. de Marbeuf commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit. — Épigrammes et madrigaux.
— Dotation des évêchés pauvres de Toulon et de Digne.
L'archevêque de Reims, La Roche-Aymon, venait d'abandonner la feuille des Bénéfices : dans cette charge, il avait peut-être paru trop conciliant et trop complaisant pour le Roi et les ministres; mais, au témoignage de M""^ de Genlis elle-même, il se montra « homme vertueux » ^
La feuille des Bénéfices était l'apogée de toutes les espérances et aussi le but de toutes les colères, car le Ministre ecclésiastique, dépositaire de la feuille, ouvrait ou fermait à son gré, la main du Roi, du moins le croyait-on ainsi.
La nomination de l'évêque d'Autun à la charge de Ministre de la feuille fut accueillie avec joie par certains, avec rage et dépit par d'autres ; ces derniers craignaient-ils la droiture de caractère ou la sévérité de M. deMarbeuf ? Et prévoyaient-ils que, sur lui, les intrigues de Cour auraient trop peu de prise ?
Pourquoi Marbeuf? La malignité se chargea surtout de répondre à cette question. Dans le camp des adversaires de l'évêque d'Autun, on feignit de croire à l'existence d'un complot pouvant seule livrer