‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 162 sur 191 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

MORT bE M. t)E MARBEUt- 403

de Mandement pour le carême de l'année suivante. Après un court éloge de M. de Marbeuf qu'il s'efforcera de faire revivre, l'Administrateur du diocèse recommande aux fidèles de s'éloigner de Primat, lequel « choisi par des électeurs sans caractère, ordonné; contre toutes les règles de la discipline et de la hiérarchie, par des évoques dont le Saint-Siège et toute l'Eglise catholique rejettent la communion, installé à Lyon du vivant même de l'Archevêque légitime, ne peut appartenir à l'unité du corps épiscopal institué par Jésus- Christ, et n*est, selon le langage de saint Cyprien, qu'un profane, un étranger, un adultère, un évêque nul dans le siège qu'il a envahi. »

M. VerdoUin exhorte Primat à rentrer en lui-même et à considérer les décrets de la Congrégation qui ont pourvu à l'administration spirituelle du diocèse de Lyon. Les fidèles devront s'abstenir, avec le plus grand soin, de toute espèce de communication religieuse avec le sieur Primat et tous les ministres de l'église constitutionnelle schismatique '.

Primat avait convoqué à Lyon, pour le i8 novembre, un synode diocésain. Il crut pouvoir y inviter les prêtres fidèles : « Venez, dit-il, y faire part de vos réflexions pour tout ce qui peut intéresser le bien de la Religion et celui de ce diocèse. Si mon zèle, ainsi que celui de mes chers coopérateurs [les constitutionnels], ne vous a pas paru jusqu'à ce jour aussi légitimement fondé que le vôtre, vos lumières rectifieront ce qu'il peut avoir de défectueux, et nous nous ferons un devoir d'y déférer. Pareillement si les principes sur lesquels nous nous appuyons, et que nous nous proposons d'exposer dans toute leur étendue, ne sont point nouveaux mais conformes en tous points

I. M. VerdoUin rappelle les titres sur lesquels repose sa juridiction : i" L'acte capitulaire du 7 octobre qui mentionne : a) le décret de Venise, 28 août 1799, signé des cardinaux Albani et Antonelli ; h) le décret émis à Venise dans le conclave, signé des cardinaux Albani et Antonelli, Gerdil et Maury (12 mars 1800). 2° Le bref de Pie VII (11 septembre) confirmant la nomination faite par les cardinaux. — Lemontey publia des Réflexions sur ces pièces. L'écrit est signé « Un théologien soumis du diocèse de Lyon ». Les Annales de la Religion, t. XII, p. 477, font, comme il fallait s'y attendre, un grand éloge de la réfutation de Lemontey qui, disent-elles, « est un franc et énergique exposé des doctrines de l'église gallicane », lesquelles « ont été violées ouvertement par l'acte irrégulier des cardinaux romains ». Les Annales croient inutile de rappeler que M. VerdoUin était secrétaire de la feuille des bénéfices : « La charité empêche d'en dire davantage. »

à l'Évangile, à la tradition, à la discipline essentielle de l'Église, et surtout aux préceptes de notre divin Maître qui nous a donné luimême l'exemple de la soumission aux puissances, vous voudrez bien leur donner votre assentiment, nous rendre la justice qui nous est due, et nous regarder enfin comme de véritables frères... »

L'invitation n'eut pas de succès \ L'église constitutionnelle de plus en plus s'effritait. De signalés retours vont consoler les missionnaires catholiques.

Le Conseil allait enregistrer une éclatante rétractation, celle de M. Hugues Doutre, vicaire épiscopal de Lamourette, puis de Primat, et qui avait été, après la mort du premier intrus, l'un des membres les plus importants du Presbytère de Lyon. Parmi ses infirmités, le vieillard remercie Dieu « de lui avoir conser\'é l'intégrité de sa raison et de lui avoir donné le temps de reconnaître, dans l'amertume de son âme, Ténormité de ses fautes ». Il confesse avoir accepté sous Lamourette « le poste odieux » de vicaire métropolitain, l'avoir conservé pendant deux ans, et il reconnaît la nullité de tous les actes qu'il a faits en cette qualité. Quelques années après le siège de Lyon, il a voulu organiser de nouveau le Presbytère constitutionnel, se prêtant très activement à cette opération schismatique. Les réunions du Presbytère se faisaient chez lui : il était gardien des saintes huiles, il signa plusieurs dimissoires. «Je n'oubliais rien, dit-il, pour donner de l'activité à ce funeste rétablissement de l'erreur qui a perdu et perd encore tant d'ames. Le sieur Primat, ayant été appelé par les partisans du schisme pour gouverner l'Eglise de Lyon, ce nouvel intrus renouvela mes lettres de vicaire métropolitain, que j'acceptai quoique je ne les eusse pas sollicitées. Je continuai de recevoir -chez moi le Conseil de ce faux évêque, et je n'ai cessé de le recevoir qu'au commencement de février de la présente année. » M. Doutre avait prêté, dans son temps, le serment de liberté-égalité ; il renouvela ce serment lorsque l'autorité civile l'exigea ; il l'a prêté et fait prêter « déclarant qu'on le pouvait sans blesser les droits de Dieu et de la sainte Église ». Repentant, le vicaire métropolitain regrette ses errements et ses torts, et il promet obéissance au Siège apostolique et à M. Verdollin, administrateur de Lyon (11 mai 1801) '.

1. Le synode ne put réunir que soixante curés. Voir Annales de la Religion , t. XII, p. 147 et suivantes.

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