‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 30 sur 191 · I. Lyonnet, Histoire de Mgr d'Aviau, I · texte numérisé non relu

I. Lyonnet, Histoire de Mgr d'Aviau, I

pourraient être aisément justifiées par des circonstances particulières. Telle fut d'ailleurs la volonté du Roi.

« Enfin, pour fermer la porte à toutes les sollicitations qu'on faisait en faveur de jeunes ecclésiastiques dont la vocation n'était pas assurée, M. de Marbeuf obtint une décision formelle du Roi portant qu'aucune grâce ecclésiastique de Sa Majesté ne pourrait être accordée qu'à ceux qui seraient irrévocablement engagés dans l'état ecclésiastique par la réception des saints ordres.

(( Quant aux cures de patronage royal, elles étaient toujours accordées aux ecclésiastiques désignés par les évêques dans les diocèses desquels ces cures étaient situées.

« La nomination des abbesses était faite avec un tel soin qu'on n'a cité aucune abbesse qui ait scandalisé et affligé l'Église par sa défection ^

« Lors des dernières réunions des Etats de Bourgogne, qui précédèrent la Révolution, il y eut une grande fermentation surtout dans la Chambre de la noblesse : c'étaient les premières étincelles de l'incendie qui allait tout consumer. Par son savoir faire et son esprit de douceur M. de Marbeuf put parvenir à apaiser les révoltes. Les États se terminèrent à la satisfaction du Prince de Condé : aucune atteinte ne fut portée à l'autorité royale. Le Prince, au nom du Roi, en témoigna sa satisfaction à M. de Marbeuf dans les termes les plus flatteurs.

« Le Roi ayant jugé à propos d'établir à Moulins une assemblée provinciale, comme celles qui existaient déjà dans le Berry et dans le Rouergue, la ville de Moulins étant du diocèse d'Autun, M. de Marbeuf fut encore le Président de la nouvelle assemblée qui fut organisée d'une manière parfaite. La plus grande harmonie ne cessa de régner dans les trois Chambres ; la confiance générale dont jouissait le Président, la sagesse avec laquelle il présentait les objets de délibérations, la justesse de ses opinions, maintinrent entre tous les députés un esprit de concorde et de zèle, une unanimité de suffrages qui se rencontrent difficilement dans les autres grandes assemblées. Les provinces du Nivernais et du Bourbonnais regrettèrent infini-

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