Abbé Sicard, I
ÉVÊaUE ET MINISTRE 37
élever à l'épiscopat M. d'Aviau, et d'avoir exigé de M. Beaupoil de Saint- Aulaire, qui le recommandait, la preuve que la famille d'Aviau était ancienne et avait de belles alliances. Peut-être, eu égard à ce candidat, si digne d'éloges, le Ministre de la feuille a-t-il cédé quelque peu ci l'esprit du siècle dans lequel il vivait. Quoi qu'il en soit, il promit de donner un siège à M. d'Aviau : le temps lui manqua pour tenir cet engagement ; ce fut Lefranc de Pompignan qui assigna à M. d'Aviau le diocèse de Vienne ^
Le Ministre de la feuille n'avait ni la même liberté, ni la même indépendance quand il s'agissait des Bénéfices — abbayes, prieurés ou canonicats — qui dépendaient du patronage royal. « Les justes égards qui étaient dûs à la naissance, aux services et aux besoins des familles distinguées, aux augustes protections dont étaient honorés des ecclésiastiques attachés à la Cour, soit par eux-mêmes, soit par leurs parents, mettaient souvent M. de Marbeuf dans la nécessité de proposer à sa Majesté, pour ces bénéfices de moindre importance pour l'Église, des sujets qui ne lui avaient pas rendu et dont elle ne pouvait attendre des services bien marquants, lorsqu'il n'y avait d'ailleurs aucun reproche essentiel à leur faire. Mais, en cédant ainsi à des considérations nécessaires, M. de Marbeuf avait toujours l'attention de grever ces bénéfices de pensions en faveur des ecclésiastiques méritants qui travaillaient utilement pour l'Église, et, souvent sans qu'ils s'y attendissent, sans qu'ils eussent fait aucune démarche pour cela, ils recevaient, avec une agréable surprise, une lettre de M. de Marbeuf qui leur annonçait une grâce que le Roi leur avait accordée.
« D'ailleurs, lorsqu'un ecclésiastique quelconque, fût-il évêque, déjà pourvu d'une abbaye^ en sollicitait une autre de plus grande valeur, qu'il paraissait convenable de lui accorder, il ne pouvait l'obtenir qu'en donnant sa démission de l'abbaye dont il était titulaire.
« Par ce moyen les titres des bénéfices ne s'accumulaient pas sur la même tête, les règles de l'Église étaient respectées, et les grâces du Roi se répandaient sur un plus grand nombre de sujets. On ne pourrait citer qu'un bien petit nombre d'exceptions faites à ce principe fondamental de l'administration de M. de Marbeuf. Mais elles