‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 64 sur 191 · Hôtel de Ville · texte numérisé non relu

Hôtel de Ville

2. Délibération du Directoire du département, séance du 9 juin 1791.

3. Dans ses Mémoires, M. Linsolas ne dit nulle part qu'il fut l'auteur de V Instruction; il se contente de relater « qu'un prêtre prisonnier à Saint-Lazare... fit à la portée des gens peu instruits un petit ouvrage ». Toutefois, il ne faut pas hésiter à l'en déclarer auteur. A l'époque où les Mémoires furent composés, on ne pouvait pas impunément tout dire. Le luxe de détails concernant les éditions et la diffusion de la brochure, trahissent suffisamment M. Linsolas.

4. Directoire du département. — Délibérations des 7 et 8 avril 1791-

clergé. La réfutation en avait été cent fois donnée; mais comme on n'avait rien de plus sérieux à mettre en avant, il fallut bien se contenter des mêmes fausses allégations. « Appelé par le suffrage du peuple, comme aux premiers temps du christianisme, à exercer le saint ministère dans toute sa plénitude, en vertu de l'onction sainte », Lamourette affirme hautement « que la Constitution civile ne statuait rien sur les objets qui touchent au dogme et .à l'immutabilité de la Foi, qu'elle n'avait réglé que des points de discipHne... variables de leur nature et soumis à l'empire des circonstances et des localités; le changement qu'ils avaient subi était même un heureux retour à l'esprit encore plus qu'aux usages de l'Église primitive. » Le droit de l'Église de faire des lois concernant son régime extérieur et sa police est-il d'institution divine ou d'institution humaine et, dès lors, relève-t-il ou ne relève-t-il pas de la puissance temporelle? A la question ainsi posée et intentionnellement mal posée, l'intrus répond sans embarras : « Le silence de l'Écriture sainte, celui de l'Église elle-même... fait que ce point de droit... reste au rang des opinions toujours soumises à un libre examen. » Comme appui de cette assertion, il mentionne la querelle du pape Victor au sujet de la Pâque ! Il termine en exhortant les fidèles à ne pas se mêler à ces disputes.

Nul n'était tenu cependant de croire, sans preuves, de telles affirmations. Quand Lamourette parle d'heureux retour « à l'esprit encore plus qu'aux usages de l'Église primitive », il ne semble pas avoir grande confiance dans les arguments que les théologiens constitutionnels avaient la prétention de vouloir tirer des pratiques anciennes de l'Église.

A Lyon, toutefois, on préparait une entrée solennelle. Dès le 10 avril, le Directoire du département s'occupe de régler les détails de la réception de l'évêque : « Considérant que malgré le désir qu'il aurait d'obtempérer au vœu modeste manifesté par M. Lamourette pour que son entrée à Lyon ne fût accompagnée d'aucun éclat, les circonstances exigent que, pour en imposer aux ennemis du bien public et déjouer leur sinistres projets, et pour la manifestation de l'union intime de la puissance civile avec l'autorité ecclésiastique, tous les vrais amis de la Constitution, et notamment les Corps administratifs, doivent se réunir pour faire à M. Lamourette un accueil digne de l'éminence de la place, à laquelle Ta élevé le vœu libre et

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