‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 83 sur 191 · Directoire, Séance du 28 avril · texte numérisé non relu

Directoire, Séance du 28 avril

Les ordinations faites par délégation de M. de Marbeuf devaient cesser durant trois ans. En 1795, quelques séminaristes ayant exprimé au Conseil de l'Archevêque le désir d'arriver enfin aux ordres furent envoyés en Suisse, à Saint-Maurice en Valais, pour recevoir la prêtrise des mains de M. d'Aviau, archevêque de Vienne, et de M. de Galard, évêque du Puy, qui s'y étaient retirés ^ M. de Sarept quitta Saint-Germain et se rendit à Paris, puis alla dans le Nivernais chez le sieur Didot, son ami ^ La mort ne tarda pas a le surprendre dans cette dernière retraite.

Le Mandement que M. de Marbeuf envoya pour le carême 1792 fut purement disciplinaire. Il insiste sur l'obligation de garder le carême en observant la loi du jeûne et de l'abstinence. Pas d'autre allusion aux malheurs des temps si ce n'est l'autorisation accordée aux confesseurs d'avancer ou de retarder la quinzaine pascale « en faveur des fidèles dont les paroisses sont entre les mains des intrus ou dont les curés sont devenus jureurs » ^ Jolyclerc, curé de Saint- Nizier, écrivit une réfutation de ce Mandement '^.

Lamourette fit, de son côté, un mandement de carême. Il l'envoya de Paris où il était retenu par ses fonctions de député à l'Assemblée nationale >. Il est à remarquer que M. de Marbeuf conservait toujours la formule : « Par la miséricorde divine et l'autorité du Saint-Siège apostolique ». Lamourette dut adapter la formule à sa situation ; aussi disait-il : « Par la miséricorde divine et dans la communion du Saint-Siège apostolique », comme si le sarment séparé du cep pouvait encore recevoir le bienfait de la sève.

Le malheureux évêque ne pouvait se résoudre à être séparé ; il se donnait même l'illusion du contraire. Ne l'avait-on pas vu, seul entre tous les évêques constitutionnels, le 29 août 1791, ordonner des prières publiques pour la conservation de la santé du Pape ? ^\

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