Duret, III
3. In-octavo de 7 pages, 30 mai 1792. V. Gonon no 912. — Fonds Coste no 3.442. La lettre de Dureu fut une vengeance des directeurs du séminaire métropolitain contre Jolyclerc, qui avait présenté au Directoire un Mémoire contre le séminaire (12 mai 1792). V. Gonon no 911.
et les répliques de l'apprentif-prêtre, ou mieux de ceux qui le firent parler: « Vous ramassez, dit-il, borgnes, boiteux, aveugles, sourds, comme dans le festin de l'Evangile: vous faites ordonner des garçons épiciers, des barbiers, des ecclésiastiques ineptes ou perdus de mœurs, le rebut des anciens séminaires ». Dureu explique la raison pour laquelle, lors de son examen, il n a pas voulu répondre aux questions que lui posait M. Jolyclerc : Coré, Dathan et Abiron étaient usurpateurs du vrai sacerdoce ; l'unité et les autres notes caractérisent la véritable Eglise, « deux morceaux, dit-il, trop scabreux pour vous et pour moi. J'aimais mieux m'exposer à passer pour ignorant que de prononcer des choses aussi accablantes pour nous deux ». La réplique était dure ; il faut avouer qu'elle était méritée.
Le 7 avril 1793, à Lyon même, Lamourette donna la consécration épiscopale à M. Panisset, son suffragant, nommé évêque constitutionnel du Mont-Blanc. Il fut assisté de M. Raymond, second intrus de l'Isère, et de M. Charrier de la Roche, évêque démissionnaire de la Seine-Inférieure.
Les épreuves les plus douloureuses allaient fondre sur le Clergé fidèle. L'Assemblée nationale avait décrété la formule d'un nouveau serment dit de Liberté-égalité Çi/[ août 1792). La voici : «Je jure d'obéir à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la liberté, l'égalité, la sûreté des personnes et des propriétés, et de mourir, s'il le faut, pour l'exécution de la Loi '. »
Ce serment fut aussitôt une cause de division. A Paris, M. Emery, supérieur de Saint-Sulpice, très affligé en voyant les ruines qu'amoncelait la persécution, désireux d'user de toute la tolérance possible, d'ailleurs théologien de grande valeur dont les décisions étaient recherchées, crut pouvoir, après mûre réflexion, permettre de prêter le nouveau serment. Forts de l'appui d'une telle autorité, un grand nombre d'ecclésiastiques se hâtèrent d'accepter les exigences de la Loi et, comme les prêtres constitutionnels qui se soumirent sans hésiter, ils s'offrirent ci prêter le serment.
I. Nous donnons la formule du serment, complétée, le 5 septembre, sur le rapport de Gensonné. Le texte du 14 août ne parlait pas « de maintenir la sûreté des personnes et des propriétés et de mourir s'il le fallait pour l'exécution de la Loi »,