I . Archives ecclésiastiques
« tement confessé Jésus-Christ! Puisque l'état des lieux ne me per- « met pas d'être présent, je vous conjure de vous acquitter en cons- « cience de votre devoir et du mien, en sorte que rien ne manque à « l'ordre et à l'exactitude. Exhortez les fidèles à user de précautions, « de peur d'exciter l'indignation et de perdre tout par l'avidité de (( trop avoir; car nous devons être en tout doux et humbles comme « il convient à des serviteurs de Dieu, nous accommoder au temps « et procurer le repos du peuple. Je vous conjure encore de prier,
«. de vous humilier pour apaiser la colère du Seigneur La voix ne
« suffit pas : il faut y joindre les jeûnes, les larmes et toute sorte de « soumission ; car il faut avouer que nos péchés ont attiré cette « tempête. Prions du fond du cœur ; frappons et on nous ouvrira ; ce et, si la persécution continue, que chacun de nous pense plus à « l'immortalité qu'à la mort ' . »
Comme nous l'avons dit, M. de Marbeuf suppliait qu'on le mît au courant de tous les détails de l'administration diocésaine et des difficultés de cette administration. Ses vicaires généraux ne devaient pas tarder à multiplier les communications pénibles. La persécution commençait à s'exacerber. Hélas ! combien de fois le clergé constitutionnel ne se fit-il pas pourvoyeur des prisons ? Sous prétexte que les populations ne voulaient pas les recevoir, ou que les prêtres insermentés attiraient tout à eux, les intrus envoyaient des plaintes au district et les poursuites suivaient leur cours.
De leur côté, les fidèles témoignaient des inquiétudes sur la légitimité des pouvoirs de leurs prêtres ; les religieuses éprouvaient la même peine au sujet des approbations spéciales nécessaires à leurs confesseurs. Une réfection des cadres s"imposait. Les vicaires généraux l'entreprirent avec courage. Ils envoient, le 8 février 1793, un Avis aux prêtres y aux religieuses et à tous les fidèles. Comme il était essentiel que les prêtres qui travaillaient au salut des âmes fussent connus par les chefs du diocèse, tous les ecclésiastiques furent mis en demeure d'envoyer, par une voie sûre, une note indiquant leur nom, leur diocèse, leur poste, leur conduite relativement au schisme et au double serment, la nature et l'étendue des pouvoirs qu'ils possédaient, avec la date de ces pouvoirs et le nom de celui de qui ils