I. Vie de M. Emery, I, a 88-2;) i
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il a\ail une dizaine de pensionnaires, auxquels s'étaient joints depuis quelques jours quelques prêtres que la persécution avait obligés à chercher un asile. Les fédérés les arrêtèrent tous et les conduisirent au Séminaire pour les réunir aux autres prisonniers K
C'est alors que survint le maire d'Issy : c'était un épicier, nommé Gogue, révolutionnaire assez modéré. qui voyait dans les habitants des maisons religieuses (If's clients pour le commerce local et des conlribuablps dociles chaque fois qu'il avait à lever quelque la\e iwlriolique. 11 connaissait M. Duclaux depuis longtemps et lui voulait du bien. \e pouvant sauver tous ceux qui étaient entre les mains des fédérés, il essaya «l'obtenir au moins la liberté de M. Duclaux : il se mita parlementer avec la bande ; représentant quelc séminaire f'mlenait un mobilier ctmsidérable, et (pie, si personne ne restait pour le garder, des objets précieux ne uianqueraient pas de disparaître, il ajouta qu'il <l«Vlinait toute responsabilité si un ou deux des prêtres n'étaient laissés comme gardiens. La foule qui s'était i'iuassée et où se trouvaient quelques amis de M. Du- 'laux, se mit à crier : m Qu'on laisse M. Duclaux! m et tos fédérés y consentirent ; ils rendirent aussi la liberté i« M. Le Ciallic, à raison de son grand âge et à un séminariste. M. Courtade, qui était malade 2.
Tous les autres furent mis en rangs et prirent le f heiîiin de Paris, escortés par les fédérés marchant au pas. au son du tambour. Il y avait parmi les prêtres de ^ainl-François-de-Sales des vieillards infirmes, qui ne
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pouvaient pas suivre celle allure rapide, et on les poussait rudement à coups de crosse pour les faire aller plus vite. L'abbé de Kéravenant, vicaire de Sainl- Sulpice, s'était trouvé pris avec les autres au séminaire, parce qu'il était venu remplacer chez les clercs à Siunl- Sulpice M. Dubourg, parti pour Paris cinq jours avant. Indigné des brutalités exercées contre de pauvres vieillards, il ne put s'empêcher de protester énerpiquement ; le chef de la bande court sur lui le sabre h la main ; M. de Kéravenant, voyant sa dernière heure venue, se jeta h genoux, ouvrit son Nouveau Testament, et attendit le coup de la mort. Son bourreau répargna et un massacre général fut éAité; mais depuis qu'on avait passé les barrières, une foule houleuse s'était mise à suivre le cortège en poussant des cris de mort. Si une victime était tombée, c'eût été le signal d'un carnage. On continua à suivre la rue de Sèvres au milieu des vociférations et des blasphèmes. En arrivant à la Cr(»i\- Rouge, la bande s'arrêta : l'Hôtel de Ville était encore loin ; les malheureux prêtres étaient à bout de force, et il semblait impossible de les arracher aux gens qui voulaient les lanterner. Prenant donc à droite, par la rue du Vieux-Colombier, les fédérés poussèrent leurs victimes jusqu'au Séminaire, et les remirent h la section du Luxembourg. Il était 9 heures du soir; après un interrogatoire sommaire, les pris<mniers furent conduits aux Carmes, où ils entrèrent à 1 1 heures du soir. La plupart d'entre eux n'en devaient pas sortir vivants L Lc*s séminaristes qui n'étaient