‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 131 sur 364 · LE CLERGÉ DE PARIS EN IVQS. — LE CLERGÉ INSERMENTÉ · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ DE PARIS EN IVQS. — LE CLERGÉ INSERMENTÉ

Le clergé et la loi des suspects. — Le clergé et la garde nationale. — Première arrestation de M. Emery. — Elargissement de M. Emery. — Seconde arrestation de M. Emery. — M. Emery à la Conciergerie. — Autres prêtres arrêtés. — Les prêtre» insermentés se cachent. — Les aumôniers de la guillotine. — Les vicaires généraux de Paris.

La catastrophe dans laquelle sombra la royauté française en 1793 était inévitable. L'inexpérience des Constituants avait placé les pouvoirs publics dans un état d'équilibre instable : les attributions du roi, chef du pouvoir exécutif et de l'Assemblée, dépositaire du pouvoir législatif avaient été combinées sans tenir compte de la possibilité d'un conflit et sans prévoir le moyen de le résoudre le jour où fatalement il se produirait, On avait abandonné le projet d'une seconde Chambre «pour ne pas remplacer l'ancienne aristocratie par une nouvelle ; le droit de veto accordé au roi ne servait qu'à surexciter les ardeurs impatientes, parce qu'il était simplement suspensif. L'autonomie presque sans limites reconnue aux administrations locales brisait toute unité de direction et préparait de loin la crise

a LOUIS XVI ET LA CO?iSTITUTlON DE 1791

du fédéralisme. En attendant, l'autorité royale était désarmée et nul n'avait qualité pour la représenter auprès des corps élus qui gouvernaient les départements, les districts et les communes; les ministres qui avaient à parler au nom du roi devant l'assemblée législative étaient réduits au rôle de commis et de plus en plus les députés tendaient à absorber l'auto ri té executive.

L'unique solution en cas de désaccord était le recours à la force : coup d'état militaire, si le roi voulait se débarrasser des représentants, — coup d'état populaire, si les députés prétendaient vaincre les résistances royales, et dans les deux cas, c'était la suppression des garanties inscrites dans la Constitution. Voilà où avaient conduit en quelques mois les utopies des hommes de 1789.

L'occasion du conflit fut surtout religieuse : nous avons vu qu'en présence des réformes administratives, judiciaires, financières et sociales qui s'étaient accumulées on peu de temps, la nation, éblouie par de prestigieuses promesses, grisée par de capiteuses liaraugiies, séduite par des innovations dont elle ne voyait encore que les avantages, avait suivi docilement ses meneurs et avait tout accepté avec une confiance aveugle. Mais quand on avait eu la prétention de toucher aux institutions religieuses, des résistances» s'étaient produites et une large crevasse s'était dessinée dans la bâtisse toute neuve. Même parmi les noncroyants, libéraux sans parti pris, le symptôme avait paru grave ; tous ceux que les réformes lésaient dans leurs intérêts ou troublaient dans leurs habitudes, et

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