‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 142 sur 364 · DE M. EMERY I · texte numérisé non relu

DE M. EMERY I

ramenèrent à égarer le dossier au milieu de ses papiers K Mais ces procédés n'auraient pas pu réussir indéfiniment, ni avec tout le monde. Gomment alors expliquer que Robespierre lui-même, quand on lui demandait la mise en jugement de M. Emery. répondait : (( Nous y pensons ; c'est un homme très dangereux ; nous le ferons passer avec d'autres qui sont dans le môme cas et dont l'affaire s'instruit ».

On a dit aussi que M. Emery fut épargné à cause de l'influence qu'il exerçait dans la prison : par sa grande vertu, et aussi par son aménité exquise, il avait conquis ses geôliers et jouissait dans la prison d'une liberté qu'on n'accordait pas à tout le monde ; il recevait des visites, pouvait s'isoler pour travailler — (pendant sa détention, il relut en entier la Somme de Saint Thomas) — ; il pouvait communiquer avec tous les détenus et faisait auprès d'eux beaucoup de bien. On raconte que c'est lui qui donna l'absolution à Marie-Antoinette le jour de son exécution. Pour recevoir les prisonniers en particulier, il disposait d'une pièce où il pouvait s'entretenir avec eux et les aider à mettre ordre à leur conscience. Beaucoup, qui étaient menacés de tomber dans le désespoir, en vinrent à accepter leurs épreuves en esprit de pénitence, et avec celte humilité chrétienne qui considère la douleur comme la peine et la rançon du péché. Or, dans cette prison, infecte et malsaine, où les détenus entassés souffraient de véritables torturesphysiques et morales, il était bon d'avoir quelques prêtres prêchant la

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