Mathioz, op. cil,, pp. 119 et pass
«i. Arch. Nal., BB».8'j. — h^^.S-;^. — Aiilanl. Paris sous la réaction tht'rmidorinmovt le Directoire. Rapp. du 19 pluviôse, an IV. 10. Ihid., F". '1703.
LES ASSERME?tTÉS 87
du droit divin la prélenlion de dominer sur les âmes autant que sur les corps, l'église gallicane avait dû s'incliner devant la puissance séculière, et ses velléités d'indépendance, comprimées à l'égard du roi, ne trouvaient plus à s'exercer que vis-à-vis du Pape. C'est alors que furent formulées les célèbres « franchises et libertés» qui, s'inspirant d'une défiance blessante pour Rome, mettaient le clergé français à la merci du pouvoir temporel. Le Saint-Siège, en conflit périodique avec les ambassadeurs du Roi Très Chrétien, devait s'en tenir à de timides protestations. A deux reprises, à propos de la révocation de TEdit de Nantes et lors des querelles du jansénisme, le roi de France fut assez habile pour désarmer le Pape en se posant comme le défenseur de la foi ; mais ce rôle d' u évèque du dehors o, renouvelé de Charlemagne, lui permettait de légitimer ses entreprises sur le pouvoir spirituel, et donnait au clergé, aussi bien qu'au peuple, cette impression que le Roi était le représentant autorisé du chef de l'Eglise.
Pour toutes ces raisons, le» clergé français, en s'individualisant, avait quelque peu oublié que Rome est le centre de la chrétienté ; rattachement filial que nous portons à la personne du Saint-Père, et la soumission empressée avec laquelle nous recevons ses enseignements étaient des sentiments peu répandus dans la France du xvur siècle. L'église gallicane était devenue une sœur, encore à peu près orthodoxe, de l'église anglicane.
On comprend donc pourquoi il se rencontra dans le clergé de France, et à Paris en particulier, des prêtres.