PERSÉCUTION FISCALE
Elle avait déjà donné des signes non trompeurs de sa malveillance, et peu après sa première réunion, elle avait, dès le 27 septembre, retranché aux anciens bénéficiers une partie de la pension que la loi leur avait garantie en échange des biens-fonds qui constituaient leur dotation. 11 avait été convenu en 1790 que chacun recevrait d'abord l'intégralité de son revenu jusqu'à concurrence de 1.300 livres, puis la moitié du surplus jusqu'au maximum de 6.000 livres qui ne pourrait être dépassé en aucun cas. Invoquant les embarras du Trésor, et en quête d'économies, la Convention rabattit le maximum des pensions ecclésiastiques à i.ooo livres ^. Elle donnait ainsi raison à ceux qui, dès l'origine, avaient prédit la banqueroute de l'Etat.
Quant aux traitements la Convention déclara solennellement le 3o septembre 1792, et le 11 janvier 1798, qu'elle n'avait jamais eu l'intention de priver le peuple des ministres du culte catholique que la Constitution civile lui avait donnés, et, le 27 juin 1793, elle décréta encore une fois : « que le traitement des ecclésiasliqucîi faisait partie de la dette nationale *. Quelle confiance pouvaient inspirer ces promesses solennelles faites par des gens qui, quelques semaines
une tentative de sécularisation de la f^'le rclipricnse en décidant que la Garde Nalionale n'aurait plus à } prendre part en armes, et une vive polémique s'engagea à ce >ujet entre M. Leblanc tle Beaulieu, curé constitulionnel de Saint-Séverin et Manuel, procureur de la Commune. Les gardes nationaux assistèrent plus nombreux que jamais à la procession.
I. Aulard, Eludes ci leçons sur la Révolution française. Seconde série, p. 11 a.
a. Jbid., p. Il 3.