‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 160 sur 364 · PERSÉCUTION FISCALE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION FISCALE

auparavant, avaient renié des engagements qui étaient pourtant revêtus de garanties identiques ? Celte réflexion ne troubia pas longtemps le candide optimisme des constitutionnels ; ils se dirent que les bénéficiers dont on avait rogné les pensions étaient pour la plupart des réfractaires, et que, du moment qu'on ne touchait pas à leurs émoluments, tout allait pour le mieux dans la plus juste et dans la plus vertueuse des républiques.

Le 28 septembre 1798, la Convention commença à «e demander ce qu'on pourrait bien supprimer encore sur ce qu'on donnait au clergé. 11 y avait à la Convention un député, nommé Thibault, qui était évéquc constitutionnel du Cantal ; ce Thibault s'avisa de dénoncer la scandaleuse inégalité qui attribuait 5o.ooo livres de traitemenlàrévêquede Paris, 20.000 à ceux de Lyon, Rouen et autres grandes villes, pendant que des prélats, comme l'évêque du Cantal, aussi bons républicains que d'autres, étaient réduits à la somme mesquine de 12.000 livres ^ Cambon, prenant la balle au bond, dit à son tour que les évêques étaient trop payés pour ce qu'ils faisaient et proposa de les ramener tous à 3. 000 livres ; les députés crurent faire une largesse en adoptant le taux uniforme de 6.000 livres *. Mais en même temps l'assemblée vola la suppression des vicaires épiscopaux : les évêques étaient invités à leur confier les premières cures qui viendraient à vaquer, et, en attendant qu'ils fussent

I. Pisani, Bépertoire de VEpiscopat constUalioniifl, p. 398. a. Aulard, op. cil., p. 11 3.

SAIÎÏT-ROCH BN 1798 ^7

pourvus, il leur était attribué un secours annuel de I.300 livres ^. Cette dernière mesure ne pouvait que satisfaire les prélats, car ces vicaires- inamovibles, sans l'assentiment desquels ils ne pouvaient faire validement aucun acte administratif, avaient souvent abusé de leur position pour contrecarrer celui qu'ils étaient chargés d'assister. Quand l'évêque était modéré, il se trouvait en lutte ouverte avec son conseil : c'est sur la dénonciation de leurs vicaires qu'Héraudin de Châteauroux 2, et Desbois de Rochefort, d'Amiens 3, furent mis en prison ; c'est de Lanneau, vicaire épiscopal d'Autun, qui fit guillotiner son évêque Gouttes *. A Paris, où il n'y avait pas de paroisses sans titulaire, les vicaires épiscopaux restèrent provisoirement en fonctions, mais la suppression du budget supplémentaire, qui couvrait les dépenses du culte causa un grand désarroi. U fallait aviser aux besoins des églises et organiser ce que nous avons appelé « le denier du culte ». ASaint-Roch,lecuré Lcgrand demanda, le 13 janvier, à la municipalité, l'autorisation de tenir dans l'église, le 17, une assemblée générale des paroissiens, à TefTet de délibérer sur le moyen de trouver des ressources. Comme il arrive souvent en pareil cas, de nombreuses propositions furent faites, mais il y en avait peu qui fussent pratiques. Des notables de la paroisse promirent d'organiser des collectes, et on arrêta de faire quelques économies. Or, la première économie qui

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