‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 170 sur 364 · ABDICATION DE GOBEL · texte numérisé non relu

ABDICATION DE GOBEL

lui fut coupée par Chaumette, qui n'entendait pas lâcher sa proie, et qui, prenant la parole immédiatement après lui, commenta ses paroles, en accentua le caractère, en affirmant que c'était à son sacerdoce que révoque venait de renoncer. Le président de la Convention, Laloy, dit à son tour: «D'après rabjuration qu'il « vient de faire. Tévêque de Paris n'est plus qu'un être « de raison : mais je vais embrasser Gobel, » et Gobel. sans oser protester contre l'extension donnée à ses paroles, alla recevoir l'accolade du président ; il remit sur le bureau sa croix et son anneau et se coiffa du bonnet rouge ^ .

Ce qui rend particulièrement navrante cette abdication de Gobel, c'est qu'il avait encore la foi. Son ambition démesurée l'avait engagé dans la voie des capitulations ; sa pusillanimité l'y maintint, malgré de

vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville en secouant la poussière de vos pieds ».

Cependant les journaux et gazettes ont tellement altéré le discours que j'ai prononcé à la barre de la Convention, lorsque j'y ai fait ma renonciation, que le publique peut se pei*suader que j'ay abjuré ma Religion comme fausse et erronnée.

C'est pour vous détromper et par vous les fidèles de l'Eglise catholique, que je vous envoie une copie — mot pour mot — de mon discours. En le traduisant en allemand pour le communiquer aux personnes qui en auroient été scandalisées vous ferez une œuvre chrétienne.

Je suis bien fraternellement votre dévoué concitoyen.

Gobel.

La copie de cette lettre, dont Toriginal appartient à Mgr Win> tercr, curé de Saint-Etienne de Mulhouse, m'a été communiquée par M. l'abbé Wagner, curé de Pfastatt (Alsace).

I. Aulard, Le culte de la Baisorit p. dhO. — IVouveHes ecclésiastiques. Il septembre 179Û.

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