‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 172 sur 364 · I. AnnaU'S catholiques, t. III (1797), p · texte numérisé non relu

I. AnnaU'S catholiques, t. III (1797), p

•jt. Lindet : « Je n'ai pas à rougir aux yeux de la Nation, do « charlatanisme et de fanatisme. Je n'ai employé les moyens de la « Religion que pour être utile à mes concitoyens... un bon « citoyen ne doit plus Hre ministre d'un culte public : je renonce « à l'exercice de toutes les fonctions du culte ! »

Jullien : « J*ai rempli pendant ao ans les fonctions de ministre « protestant : ... je déclare que, dès ce jour, j'en suspends « Texcrcice : désormais, je n'aurai plus d'autre temple que le « sanctuaire des lois, d'autre idole que la Liberté, d'autre culte « que celui de la Patrie, d'autre évangile que la constitution

64 GRÉGOIRE RBFl SE D ABDIQrER

En ce moment entra Grégoire, l'évêque constitutionnel de Loir-et-Cher : on croit qu'à son tour il va apostasier quand il demande la parole : «On nio parle, « dit-il, de sacrifices à la Patrie... j'y suis habitué : « s'agit-il d'attachement à la cause de la Liberté ? Mes « preuves sont faites depuis longtemps. »

« S'agit-il du revenu attaché aux fonctions d'évo(iue ? tt Je vous l'abandonne sans regret. »

« S'agit-il de religion ? Cet article est hors de votre <c domaine, et vous n'avez pas le droit de l'attaquer, u

« J'entends parler de fanatisme et de superstition : « je les ai toujours combattus. Mais qu'on délinisse « ces mots et l'on verra que le fanatisme et la supers- « tition sont diamétralement opposés à la Holigion. »

(( Quanta moi, catholique par conviction et jxir sen- « timent, prêtre par choix, j'ai été désigné par le « peuple pour être évêqoe, mais ce n'est ni de lui, ni « devons, que je tiens ma mission... agissant d'après « les principes sacrés qui me sont chers, et que je vous « défie de me ravir, j'ai tâché de faire du bien dans

a républicaine, d'autre morale que régalitu et la douce bîcii- « vaillance ».

Gay-Vcrnon : « J'obéis à U voix de la Raiî«on, de la Philo'iow phieet de la LiberliS, el je déclare à la Nation avec la joie d'un « copur pur et républicain, que je ne veux être que citoyen, <»t « que je renonce aux fonctions ecclésiastique^ ».

Irlande : « Sans l'opinion et la confiance publiques, le*; minisiros « du culte ne sont que des êtres inutiles ou danprereux : cl, « comme il paraît qu'ils ne sont plus honorés et inrcslis de crllo « confiance, il est de l€ur devoir de quitter leur place, \oi\h « pourcjuoi je m'empresse d'annoncer à la Convention que dans « ce moment, je renonce pour toujours aux fonctions de IVpisa copat n.

GR£G01RE REFUSE d' ABDIQUER 65

(( mon diocèse, je reste évêque pour en faire encore. (( J'in\oque la liberté des cultes *. »

Ce bel exemple ne trouva pas beaucoup d'imitateurs ; et pendant près d'un mois, il ne se passa pas de jour où quelque défroqué ne vint faire parade d'impiété devant l'Assemblée.

Obéissant à un mot d'ordre, la plupart des 48 sections de Paris avaient pris des arrêtés abolissant le culte, interdisant l'entrée des églises, et supprimant le traitement de ceux qui avaient été chargés de les desscrvii. Le 3 frimaire, la Commune, sur les réquisitions de Chaumettc-, décida à son tour que non seulement les églises seraient fermées, mais que quiconque demanderait leur réouverture serait regardé comme suspect.

Dans l'intervalle, s'était déroulée à Notre-Dame une cérémonie dont le souvenir ne cessera jamais d'être douloureux pour les catholiques parisiens : la profa-

1, Gazier, Etudes sur l'histoire religieuse de la Révolution, pp. aia- 3i'i. Le Moniteur, du 19 brumaire, donne une version toute différente que Ciréjaroire, dans spn Histoire des Sectes (ï, 71) et dans ses Mémoires (II, Sa) a traitée d'odieuse falsiflcatlon. Le Moniteur n'avait alors aucun caractère officiel ; il était rédijçé par des hommes de parti capables de défigurer la pensée de leurs adversaires. La Feuille de Salut public, citée par M. Aulard {Le culte de ta liaison, p. /17) donne du même discours une analyse qui montre avec quel sans- façon les journalistes travestissaient le» paroles des orateurs don! ils ne partageaient pas les idées.

Ajoutons que Grégoir*» a toujours eu Uhabitude de renaanier ses discours en les publiant, et M. Gazier, dans sa scrupuleuse hoimételé, reconnaît que le discours du 17 brumaire a bien pu subir des retouche^ opportune»*. Mais ce qui est acquis, c'est que Grégoire, sommé d'apostasier, refusa énergiquement.

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