I. Moniteur, nb brumaire an II
3. Aulard, Le Culte de la Raison, pp. 6^ et suiv., donne le délai des actes de vendalisme commis à cette époque sous prétexte d déchristianisation.
3. Cité par M. Braesch, dans son article : « Chaumette et l'Hébertisme en frimaire an II » (Révolution française du ik décembre 1908, p. /i8A),
8o ARRÊTÉ DU 3 FRIMAIRE AN II
se rendre au Comité dlnslruclion publique avec lequel il voulait s'entendre pour divers travaux d'appropriation qu'il fallait faire à Notre-Dame transformée en Temple de la Raison. Quand il fut parti, la Commune vola un arrêté qui peut se résumer ainsi ^ : i" Toutes les églises demeureront fermées. — 2° Les prêtre> seront responsables des troubles auxquels la religion servira de prétexte. — 3" Celui qui demandera la réouverture d'un temple ou d'une église sera déclaré suspect et arrêté. — 4" Les comités révolutionnaires seront invités à surveiller de près les agissements des prêtres. — 5" 11 sera demandé à la Convention d'exclure les prêtres « de toutes espèces de fonctions et u d'administrations publiques, même d'être employés « dans aucune manufacture d'armes, et pour quelque . « classe d'ouvrage que ce soit- ». C'était une mise hors la loi et n'importe quelle société populaire était autorisée à se substituer h la police pour courir sus aux suspects. En fail, une véritable cliasse aux prêtres commença dans lous les quartiers de Paris, mais ce furent surtout les constitutionnels qui furent atteints. Les réfraclaires, comme on disait, se tenaient depuis
1. Le texte de cet arrête n'est pas connu d*une façon très pn' cisc : les Affiches de la Commune, le Journal de Paris, le Journal de la Montagne, le Moniteur et le Rt^publicain français en donnent des versions assez dissemblables, notamment en ce qui concerne le dernier article.
2. Ce dernier membre de phrase, qui n'est pas clair, signific-t-il que les prêtres devaient être exclus de tout emploi quelconque? C'est l'interprétation que les exagérés n'auraient pas manqué de lui donner si l'opinion ne s'était révoltée. Voir à ce propos l'article de M. Braesch, pp. /|8c) à ioo.
ARRESTATIONS gl
longtemps sur leurs gardes : ils avaient leurs cacholtes, leurs déguisements, ot, depuis les arrestations en masse d'août 1791 et les massacres de septembre, lis n'ignoraient aucun moyen de dépister ceux qui les cherchaient.
Les constitutionnels, au contraire, avaient joui jusqu'alors de la protection du gouvernement; ils exerçaient dans les édifices oiïiciellement mis h leur disposition ; ils touchaient les traitements garantis par la loi ; connus, catalogués, rien n'était plus facile que de les saisir; appelés k l'assemblée de leur section ils furent mis en demeure de suivre l'exemple de leur évêque, et de renoncer aux fonctions de leur état. Comme signe de leur abdication ils devaient déposer leurs lettres de prêtrise : bien peu eurent le courage de les refuser. Ces lettres furent portées à la Commune qui en fit faire un feu de joie.
il n'existe pas pour Paris de tableaux olficiels récapitulant les abdications et remises de lettres : si cette liste a existé, elle a disparu, et trop de gens avaient intérêt à la voir anéantie f)Our que nous conservions l'espoir de la retrouver. C'est en relevant des mentions individuelles dans les dossiers d'archives que je suis arrivé à en reconstituer une partie, je n'ai pu le faire que pour /400 environ des membres €lu clergé constitutionnel de Paris. Or, nous avons vu que ce clergé se composait d'à peu prés 5 à 600 sujets : il y en a donc de i.K) à 300 pour lesquels je n'ai aucune donnée, et pourcequiest des autres, je n'ai rencontré parfois c£ue des indications vagues, suspectes ou incomplètes qui ne permettent pas de conclure. C'est donc sous le
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bénéfice de ces réserves que je donne ici les résultats partiels que j'ai obtenus.
Les registres d'écrou ^ et les papiers du Comité de Sûreté générale 2 établissent que 133 de ces prêtres ont été mis en prison. Parmi les détenus, ainsi que parmi ceux qui ont été laissés en liberté, 367 ont abdiqué les fonctions de leur ordre. Mais il convienl d'établir des gradations dans la gravité des fautes, et de ne pas ranger indistinctement parmi les apostats tous ceux qui ont abandonné leurs fonctions, bien que le peuple les ail tous enveloppés dans la même réprobation.
Après examen attentif des cas particuliers, j'estime qu'il convient de former cinq classes. Les moins coupables se sont contentés de déclarer que, vu Taboliliou du culte, ils cessaient de remplir leurs fonctions et c'était la constatation d'un fait. C'est à peu près ce que Gobel avait essayé de dire, et, si les circonstances concomitantes n'avaient pas aggravé son cas, si surtout il n'avait pas livré ses lettres de prêtrise, on pourrait plaider, comme il s'est efforcé de le faire, qu'il n'a pas apostasie au sens strict du mot.
A cette première déclaration, d'autres en joignirent une seconde : non seulement ils cessaient de remplir
I. Ceux de ces registres qui ont échappe à Tincendie en 1871 sont conservés aux Archives de la Préfecture de Police.
a. Ces papiers sont réunis aux Archives Nationales dans 35o cartons de la série F", sous les numéros h^-jiJli'j'jZ, li'j'jli^-tt'j'^L^, li'j'jb^-k']']^^. Les dossiers sont rangés dans un ordre alphabétique, interverti parfois par des transcriptions défectueuses de noms. Ainsi, le dossier du curé de Vaugirard est en partie au carton M>o<j. (Bordeaux), et en partie au carton Ixôii (Bourdeaux).