IO CONDAMNATION DE GOBEL
s'étaient avilis en désavouant tous les engagements qu'ils avaient contractés envers Dieu et son Ëglise, et ils n'en sont pas moins les victimes de la fureur révolutionnaire. Le sacerdoce qu'ils ont entendu répudier leur a imprimé un caractère qui demeure indélébile, <ît c'est comme prêtres, et malgré leur indignité, qu'ils sont condamnés.
, Les curés de Saint-Thomas-d'Aquin, de Vaugirard, •de Noisy-le-Sec et de Port-Marly nous en fournissent de terribles exemples, mais le plus émouvant de tous est celui de Gobel ^ .
Bien que les accusateurs de Gobel aient accumulé -contre lui des griefs de diverses natures, c'est bien <x)mme prêtre, comme évêque et comme apostat qu'il •est frappé. On l'inculpait de relations avec des généraux et des députes « qu'avait atteints la justice révolutionnaire » ; on lui reprochait des excès de pouvoir et même des dilapidations commises au cours d'une mission dont il avait été chargé pendant l'hiver 1 792-1793, dans son pays d'origine, et spécialement à Porrentruy 2 ; mais l'accusation la plus grave, celle qui
1. Laty], de Saint-Thomas-d'Aquin, guillotine le 3 thermidor <W. ^39, d. 9G5). — Bourdeaux, de Vaujçirard, guillotiné le
17 prairial (F"./iGo9 et AGia. — W. 380, d. 898). — Tliommercl, de Noisy-le-Sec, guillotiné le 22 messidor (F'.4775*^. — W. in, d. 9A6)- — Bricognc, de Port-Marly, guillotiné le 25 messidor iV\ 40/i3. — W. Ai 4. d. 9^9).
2. Pour la carrière cpiscopale de Gobel pendant les années qui •ont précédé la Révolution, on consultera avec profit l'ouvrage de M. G. Gauthcrot : La Hévolation française dans l'ancien diocèse de liâle^ (2 vol., Champion), et l'article paru dans la Revue des Quesiions IlisloriqueSy du i" avril 1909. Comme on pourra s'en rendre
COîfDAM?ïATION DE GOBEL III
motiva les autres, c'était son apostasie. Ceux qui l'y avaient poussé étaient enveloppés dans la même réprobation : Hébert, Tordurier rédacteur du « Père Duchesne », qui avait donné son nom à la faction dite des Iléberlistes, Momoro, que nous avons vu déployant tant de zèle pour organiser la fête sacrilège de Notre- Dame, le prussien Clootz et le portugais Pcreira avaient été guillotinés le 4 germinal (34 mars) ^ Gobel et Chaumette allaient les suivre le 24 germinal ( i4 avril) 2. Leur mort fut la réponse de Robespierre à des adversaires qui l'avaient bravé : depuis longtemps, il les avait dénoncés à l'indignation publique comme des impies, des athées, qui avaient déshonoré la France par leurs violences et avaient légitimé les accusations que les ennemis de la Révolution répandaient pour la discréditer aux yeux de l'Europe. Quand on voit Robespierre tout couvert du sang de ses victimes se scandaliser des violences qu'il impute à l'évêque intrus, on ne peut s'empêcher de pensera la fable des « Animaux malades de la peste ». Gobel devait payer pour sa faute et pour celle des autres : l'heure de l'expiation avait sonné I
Ce n'était que par pusillanimité qu'il était tombé si bas : sa conscience n'avait jamais cessé de le lui reprocher, il sut voir dans sa condamnation un châtiment mérité, et il s'efforça de réparer ses torts par la mani-
compte, il est quelques points sur lesquels ses conclusions ^'écartent un peu des miennes, mais on n*en lira pas moins avec intérêt ces travaux qui supposent des études approrondies.