LE PRESBYTÈRE DE PARIS
Appartenant à une vieille famille de négociants parisiens, il avait reçu la forte instruction qu'on donnait aux enfants de la bourgeoisie, et on s'était appliqué à faire de lui un chrétien solide, tout en lui inculquant les principes jansénistes, plus répandus qu'on ne le croit dans la classe moyenne. Il avait suivi la profession de ses parents : assidu aux offices, entretenant sa foi par la lecture des ouvrages de piété, s'enracinant aussi dans ses préjugés par le contact de plusieurs prêtres amis de sa famille, il menait la vie d'un pieux laïque et ne semblait jamais avoir songé au sacerdoce. Quand fut établi le régime de la Constitution civile, Augustin Bailliet s'y rallia, comme tous ceux qui partageaient ses manières de voir. Or, en i793, les rangs du clergé assermenté commençaient à s'éclaircir : d'une part le:> défections, de l'autre les rétractations ; puis, c'était le discrédit croissant de la Religion, traitée en ennemie par les hommes au pouvoir; déjà les esprits clairvoyants sentaient la persécution imminente. C'est le moment que choisit Augustin Bailliet pour demander son admission dans le clergé, et il fut imité par un de ses amrs, Michel Le Roy, fils du fameux horloger. Ce n'étaient certes ni l'ambition, ni aucune vue humaine qui les poussaient : ils s'inspiraient de la parole de l'Apôtre qui nous engage à suivre Jésus, et Jésus crucifié, et telles étaient leurs dispositions quand ils furent élevés au sacerdoce. >f'étant pas connus comme prêtres, ils purent traverser sans être inquiétés la période de la Terreur, et ce n'est qu'en avril 1795 que Bailliet est signalé par la police comme disant la messe dans la maison de ses parents, 453, rue