‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 238 sur 364 · I. Arch. NaL, F · texte numérisé non relu

I. Arch. NaL, F

a. Registre du Presbytère : « Celui qu*un brevet de nomination « royale y avait porté, selon les usages d'alors, était déchu par « trois raisons : sa désertion, son refus de prêter le serment et son « émigration, qui l'avait frappé de mort civile. » Ces motifs, tirés tous les trois des lois civiles, montrent que Tinstitution canonique donnée par le Pape aux évoques ne comptait pour rien aux yeux des constitutionnels, et que la nomination par le Roi était la seule source à laquelle, d'après les gallicans, un cvéque puisait sa juridiction. La Constitution civile n'avait fait que de transférer du Roi au Peuple un droit régalien, et les abus auxquels avait donné lieu l'élection populaire n'avait en rien modifié les idées des Clausse, des Brugière : comme les émigrés, ils n'avaient rien oublié ni rien appris pendant la Révolution.

La théorie du presbytère a été réfutée par les Annales catholiques 1. 553-558; 588-6oi ; IL Sa-Ai.

a os LE PRESBYTÈRE DE PARIS

u peau de la surveillance de son premier pasteur ».

Il y aurait à démontrer que pendant dix siècles les évoques n'avaient été que les présidents d'un conseil pourvu d'une autorité propre. Quand la Constitution civile, obéissant à des préoccupations archéologiques, et surtout au sentiment de défiance qu'inspirait l'aulorité monarchique des évêques, donna au collège des vicaires épiscopaux une influence rivale de celle de leur chef, on ne tarda pas à reconnaître tout ce que celte institution avait de dangereux. Pour ce qui est des temps anciens, je voudrais qu'on me fil voir dans les écrits et la vie de saint Basile, de saint Jean Chrysostôme, de saint Augustin et de saint Ililairc. un passage établissant que ces grands évêques étaient tenus en tutelle et comme en lisières par un presbytère ou quelque chose y ressemblant. Mais passons ! les « réu* nis )) nous ont appris que l'église constitutionnelle ne redoutait pas les innovations, sauf à les affubler de titres anciens.

Il fallut un mois pour constituer le Presbytère de Paris et recueillir les douze adhésions nécessaires. Il semblait cependant que dans une ville où ils avaient eu 33 paroisses desservies par 5oo prêtres, les constitutionnels n'auraient que l'embarras du choix pour trouver douze hommes de bonne volonté, et, rien qu'en prenant les curés des principales églises, on aurait atteint facilement le cliiffre réglementaire. Mais nous savons ce qui était advenu de ce clergé pendant la Terreur : le nombre des défectionnaires, abdicataires et apostats s'était trouvé infiniment supérieur à celui des prêtres qui sortaient de l'épreuve sans avoir manqué à

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