LES DISSIDENTS
leur honneur ; et ce n'est pas tout : parmi ceux que leur conduite n'avait pas fait tomber sous l'un des neuf anathèmes de l'encyclique, la plupart refusèrent obstinément leur concours aux fondateurs du Presbytère. A la persécution avaient survécu certaines jalousies, certains antagonismes de personnes, et quand il fallut serrer les rangs, ces dissidences apparurent dans toute leur àpreté. Ce n*est pas qu'il y ait eu de graves éclats, au moins pendant la période du début : l'hostilité est sourde, elle se cache sous les réticences pcrlîdes de formules doucereuses, mais la division n'en est pas moins profonde. L'initiative de Clausse avait paru indiscrète à plus d'un ; les évêques réunis l'avaient désapprouvée, tout en prodiguant leurs éloges publics aux organisateurs ; un certain nombre de prêtres affectaient de ne reconnaître d'autre autorité que celle de& évêques, et quelques-uns, comme les curés de Saint- Eustache, Sainl-Merry, Saint-Gervais et Saint-Philippe restaient en dehors de la lutte, courtois avec tous, mais manœuvrant pour ne se compromettre avec personne et réserver leur indépendance.
Le 20 avril, les trois organisateurs procédèrent à l'élection des 9 membres qui devaient compléter leur assemblée, et ils furent forcés de les choisir tous en dehors des chefs d'églises. Le premier fut François C Girard, ancien curé de Saint-Landry, puis vicaire épisoopal de Gobel, mais l'un des trois qui avaient refusé cl'apostasier. On prit ensuite quelques prêtres respectables par leur vie et leur conduite pendant la Terreur, triais qui avaient toujours été en dehors de la vie paroissiale, et qui étaient surtout connus par leur atla-