‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 247 sur 364 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

POLITIQUE RELIGIEUSE DE LA COTVENTIOX E!ï 1795.

La Convention el rÉgli»e. — Insurrection de prairial. — Constitution de l*an III, — Le décret des Deux-Tiers. — Insurrection de vendémiaire. — Les royalistes. — La promesse de soumission aux lois. — Réaction jacobine. — Loi du 7 vendémiaire an ÏV. — Loi du 3 brumaire an IV.

Quelle fut la politique religieuse de la Convention pendant les derniers mois de son existence et quelles traditions légua-t-elle au nouveau gouvernement qui s'établit le 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV), en vertu de la Constitution dite de Tan III ?

Deux tendances opposées continuent à se manifester dans la Convention et dans la France entière : les hommes de désordre s'agitent el réclament impérieusement les réformes sociales toujours promises et toujours différées. 11 faut dire que les émeutes, qui, à Paris, se renouvellent périodiquement, trouvaient un prétexte dans la misère qui était affreuse. Les effets de la loi du maximum, à peine abolie, se faisaient encore sentir, car le commerce en avait été désorganisé ; la dépréciation du papier-monnaie continuait, malgré les efforts qu'on faisait pour en soutenir le cours ; la

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rareté et le haut prix des denrées, le rationnement du pain ^t de la viande et enfin un régime fiscal qui, avec la prétention d'atteindre les riches, se répercutait lourdement sur les pauvres ; tout cela causait dans la capitale un malaise qui se répandait ensuite jusqu'au fond des provinces. Le peuple, las d'espérer, s'indignait de se voir berner ; le premier agitateur venu était applaudi quand il dénonçait la « faillite du gouvernement bourgeois ». On entendait alors le cri sinistre : « Du pain, et la Constitution de 1798 ! » et d'autres groupes, obéissant à d'autres suggestions, demandaient : « Du pain et un roi ! » Puis les deux factions entraient en lutte et il fallait réprimer durenient les conflits.

A diverses reprises, la Convention décréta la mise en accusation et l'arrestation de plusieurs de ses membres, les uns comme complices demeurés impunis des crimes de Robespierre, qu'il était de bon goût d'appeler « le Catilina moderne » ou « le Cromwell de la France », les autres compromis dans les mouvements insurrectionnels en faveur de la Constitution mort-née de 1798 ^.

Mais chaque fois que les mesures de rigueur étaient prises contre les révolutionnaires, on essayait, par une sorte de compensation et par un jeu de bascule, de frapper les membres du clergé et de leur faire payer les frais de la lutte engagée entre le parti de l'ordre et celui du désordre.

I. Lors des éleclioiis de l'an III, 67 membres de la Convention furent déclarés inéligibles parce qu'ils étaient sous le coup d'unr mise en accusation.

ET LES GATHOLIQLES STQ

A la fin de gcrininal, quand le vote de la loi sur la restitution des églises apparaissait déjà comme inévitable, les ultra-révolutionnaires alliés à ceux qui traitaient la religion comme une ennemie personnelle, tentèrent de l'empêcher d'aboutir en accumulant contre les prêtres les accusations les plus violentes : « Ils abusent, disait Villetard, de votre vote philosophique (la loi du 3 ventôse)... Je demande que le Comité de Sûreté Générale propose contre eux des mesures répressives ». — « Les prêtres, s'écriait André Dumont, sont responsables des troubles ». Gamier, de Saintes, signala la présence des grands vicaires des évêques émigrés : m Ils absolvent, dit-il, les prêtres constitutionnels à condition qu'ils prêcheront contre les acquéreurs de biens nationaux ». Un député plus raisonnable, Blad, résuma la discussion en disant : « On ne devrait jamais parler ici des prêlres : la loi ne les connaît pas ; s'ils ont parmi eux (les perturbateurs, et puisqu'il y a des lois contre les délits qu'on leur reproche, il n'y a qu'à les leur appliquer ». Et, adoptant cette équitable conclusion, la Convention passa à l'ordre du jour ^.

Six semaines après, pendant que le procès do Fouquier-Tinville enfiévrait l'opinion, une diversion fut tentée par ceux qui, sans s'avouer ses amis, auraient voulu empêcher sa condamnation. On discutait alors une loi qui réglementait la procédure à suivre pour obtenir la radiation de ceux qui étaient indûment inscrits sur la liste des émigrés : l'occasion

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