‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 264 sur 364 · I. Arch. Nat. AF", 1A · texte numérisé non relu

I. Arch. Nat. AF", 1A

l'oratoire s.unt-chaumont 261

tt congédié sans miséricorde. 0 Que les Sœurs aient congédié les enfants qui venaient faire de la politique à l'école, cela se comprendrait, mais que les religieuses ûssent de la propagande contre le gouvernement parmi les marmots qu'elles instruisaient, c'est assez invraisemblable : c'est cependant ce qu'insinue la fm du rapport : « Il n'est permis de s'entretenir dans cette a école que du roi, de la confession et d'autres hochets « de l'Ancien Régime ^. » Ces accusations se réfutent d'elles-mêmes.

Le I" février 1796 (12 pluviôse an IV), un des prêtres qui desservaient la chapelle de Saint-Chaumont est accusé d'avoir dit dans un sermon : « Nous prie- « rons Dieu pour les souverains et les prêtres qui com- (( battent et prêchent pour la prospérité de l'Eglise. » On en conclut qu'il a été fait allusion aux Vendéens et aux rois coalisés contre la République ; il est donc nécessaire d'établir une surveillance pour connaître exactement l'individu qui a prononcé ces paroles subversives 2. 11 est probable que ce discours a été mal compris par celui qui l'a entendu, car ces paroles ne signifient pas grand'chose.

Le i5 pluviôse furent installées à Paris les nouvelles municipalités et on remarque qu'elles étaient presque exclusivement composées de révolutionnaires. Dans le XII* arrondissement (aujourd'hui V*) les municipaux sont : Leblond et Bigan, qui avaient pris les armes le 9 thermidor, pour délivrer Robespierre ; — Lefebvre,

Arch. Nat. AF", 1672. Rapport du ag frimaire. Ibid. AF", 1^73.

a6a TRACASSERIES POLICIERES

connu pour avoir participé aux massacres de septembre ; — Coisnon, ancien sous-principal du collège d'Harcourt, prêtre apostat et marié, qui tenait une pension dans les locaux de son ancien collège ; — et Bertrand, concierge de la prison du Luxembourg. La police, encore incomplètement épurée, se scandalise de pareils choix : le rapport du 19 pluviôse dit qu'on s'étonne de voir les municipalités u composées d'hommes flétris par Topinion publique » — il cite particulièremenl Baudin, Tun des vicaires de Gobel. a l'homme le plus « immoral, souillé de tous les crimes^ qui, dans le <i temps de la Terreur, a fait incarcérer un citoyen « dont il a ensuite épousé la femme ^. » L'action des nouvelles municipalités ne tarda pas h se faire sentir dans l'esprit de la police, et les rapports du mois de ventôse deviennent de plus en plus hostiles au clergé. Le 4. ils signalent « neuf à dix prêtres qui se per- « mettent de dire la messe et de faire leurs offices <c ouvertement à Sain t-André-des- Arcs *. » Nous verrons que cette église avait été régulièrement louée par un prêtre insermenté, l'abbé Marlier, qui y avaitouvert un oratoire en se conformant aux lois *.

Le 5 ventôse, il est question des prêtres « qui se perce mettent de courir dans les maisons où il y a des <t malades et veulent les forcer à se confesser » ; on désigne entre autres, M. Bailliet, curé de Saint- Médard ^, et plus loin les Sœurs hospitalières qui

I. Arch. Nat. AF", 147a. Rapp. des iC, 17 et ao pluviôse, a. Ibid, F" ill. Seine, 18.

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