‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 27 sur 364 · nclîU'C, nji. r'iL, I, i.'iS · texte numérisé non relu

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.;* Muni leur, 1. ôiO.

LA -MIT Dt l\ AOUT lOI

piiVos d'arl d'un prix înostimahlp, où le méUil ne représentait qu'une part infinitésimale. — On abattit un chêne pour avoir un gland. — C'est avec ces expédients de fils de famille aux abois qu'on soutenait le crédit public * 1

11 dut en coûter k M. de Juigné, parce que ce n'était pas son propre patrimoine qu'il aliénait, mais celui de ses églises. Quand un navire est sur le point de faire naufrage, on jette par dessus bord tout ce qu'on trouve sous la main.

Au reste les sacrifices ne lui coûtaient plus : et il dut s'en imposer d'autres qui lui pesèrent encore plus, car il s'agissait de sa dignité d'évéque et de gentilhomme.

Le -37 septembre, il ofTîcia à Noire-Dame pour la bénédiction des drapeaux do la (îarde Nationale. Hien, à la >érilé, ne pouvait le réjouir plus que de voir les citoyens de Paris armés pour la défense de l'ordre, se montrer les enfants respectueux de l'Eglise en demandant sa bénédiction. Mais an cours de la cérémonie l'abbé Fauchel monta en cliaire et y prononça un discours qui dut répugner singulièremenl l\ l'iiomme de tact et de goût qu'était l'archevêque. Voici une partie de la péroraison 5 :

« Jurons, sur l'autel du Dieu victime des riches et

I. DccreLs des 19 octobre, d novcml)re i78(). Pour la confiscation <'l la (lostniclion do rargeiitcric dos l'^list^s et couvents, voir (iulchard. Code, universel et méUiodique des nouvelles lois française'».., (Cinquième division, Cl'njé (Paria, Didol, i7()'î). 1'* soclion. Dôcrot «los-S/a-y mars 1791, 278-380; 3o mai/3 juin, Sili ; aO/ag août i7ji, 3',o.

■i. Delarc, op. cit., 160.

lO-î LA NUIT DU 4 AOUT

« (le leurs esclaves ; M'ctime de la liberté de la parole « et du zèle du bien public ; victime de la Vérité et de « l'Humanité; victime de la Patrie et du genre « humain; jurons... et quoi,F'reres et Citoyens? Jurons « (]ue nous serons libres, par notre énergie, que, pour (( l'être, nous unirons toutes nos forces, et que, par la ({ concorde et l'union, nous serons la plus invincible « et la plus fraternelle \ation de l'univers? Jurons que « nous serons heureux par notre liberté ; que, pour « l'tHre, nous aurons des mœurs, en proscrivant par « les lois, et plus encore par la conscience publique, (( l'intérêt personnel qui étouffe le patriotisme, les « grandes richesses privées qui produisent tous les « désordres. Jurons la liberté! Juions la vertu! Kt « Dieu, notre Dieu, le Dieu de l'Évangile et de la (( Patrie nous jure le bonheur et l'immortalité. Ainsi (( soit-il î » Véà cérémonie se termina par des acclamations et des feux de |>eloton qui furent exécutés dans l'église ^

I. Fanchet avait prononn', le 5 aont, dans IV'jrlisc de Saint- .larquos-la-ltouctïcrie, un discours « sur la LilMTlé, » après lequel il avait été conduit par deuv conipajjnies de («arde Xationaîe ù PHolel de Ville, pour y recevoir inie couronne civique. Pnidhommc, qui rappelle ce Tait dans ses UévoUUions de Pnrh, n'allait pas larder à couvrir de sarcasmes le mcrme Faucliot lorsqu'il se refusa à la suivre dans ses \iolences. • Quelques jours après, au service célébri' pour les victimes de la Hastille, à Saint-Augfustin. le prédicateur, nommé Osselin, du rlorgé de Sainl-André-des-Arcs et ancien chapelain <le Notre-Dame, avait Inuivé moyen de placer dans son sermon un élojçe de Voltaire (Uév. de Paris, n' (»).

jof'RNÉEs d'octobre io3

Journées d'Octobre.

Dopiiîs plusieurs mois, on se plaignait à Paris de la ;ïfté et du liaut prix des vivres. On se demande com- :H'nt des mesures n'avaient pas été prises pour apaiser

"tic crise, cause très légitime de mécontentement. La .Vuiip de 1789 avait été aussi belle que celle i- 1788 avait él<^ déficitaire; mais, par suite de l'orga-

nirs'ilion déplorable des services publics, les mar-

• h/s de Paris n'étaient pas assez approvisionnés pour s.tisfaire aux l>esoîns de la consommation. Certains ' minierçants abusaient de cette situation pour réaliser 1^ profits îUégi limes et parfois les boulangers, pris au «I. pourvu, devaient interrompre la confection du pain. N»us n'avons pas à examiner qui excita le mécontente- •îifnl populaire, et qui espérait en tirer parti : nous i*.ui)ns qu'à constater un mal réel, mais auquel il n'eût pi< élé sans doute impossible d'apporter des remèdes iï>pn>prié"S. Toute à ses discussions constitutionnelles, lAss^^mbb'e ne se préoccupe pas sérieusement de savoir A li»s expédients qu'on imaginait étaient capables de fnirf» disparaître la disette, et d'arrêter un sourd Mi.Vontenlement qui ne faisait que croître. C'était

i\ïer la niasse crédule à la merci du premier tribun 1 li saurait l'entraîner ^

.. La raretc- cl la cherté des vivres provoquèrent d'autres soulè-

. MM-nt* populaire», notamment au printemps 1790, mais alors

. tai4'nt la Constituante et la Municipalité qui étaient rendues

'•-l»» niable* de la disette, et cette fois on sévit a\ec rigueur

• iKn- les mécontents, en qui on affocta de voir des agitateurs

io4 joraNÉEs d'octobre

Do là, sortiront los ovonemonts d'octobre : iino foule ou armos se rend à \ ersailles, en réclamant du pain ;: elle \eut envahir r.Vsseuiblée qui transige et admet iinH députation de poissardes conduites par Maillard ; dos orateurs dénoncent raccaparenient des grains, et tou^ jours M. 'de Juigné est accuse d'être d'accord avec ceux qui\eulent afTamer Paris ^. L'émeule essaie depénclror dans le palais, dont quelques régiments fidèles gardent; les abords : mais les grilles sont forcées, des meurtres sont commis, la \ie de la Itunille royale est menacée et le roi se résout h céder. Il rentre à Paris environné d'un cortège de gardes nationaux, de femmes i\res cl de tètes coupées qu'on porte sur des piques •. '

soiuloyos par le parti do la (^onr. Au n^sic, rinlcrvenlum di-^ « Daiiit's delà Halle » dans les «'vèiicuients des 5 et G octobre, »"<l plus que doulousp, et ceux qui avaient acclamé leur palriofisiu** en cette heure critique ne devaient pas tardera oublier la rovsi{]^ne et à n.»connaîlre que les prétendues « Dames de la Halle ■• étaient de vulj^aires comparses. Kn juin el juillet ivtjo, il y a^ail eu de nombreuses manifestations en faveur du parti modéré <•! W> « Dames de la Halle » avaient pris part à ces démonslralion-. Prudbonuno, étant de mauvaise humeur, tire sur ses ancieniH"> alliées: « Quand le ministère et la police voulaient faire pa^-^er « quelque chose (sous l'ancien réprime), ils avaient des femnu* « prôtes à jouer le rôle de « Dames de la Halle ». Le Comité ilc u Police usa, il y a quelcpie temps, de ce stratagème contre la « liberté de la priasse et les gens de lettre (c'est-à-dire coiitn' l«^ « journalist<»s qui essayaient d'exciter à la guerre civile), l^' « Club de Hy a joui des mêmes honneurs ; on a usé de la menu <c ruse, les Dames de la Halle y sont venues faire un complimeiil <( au génie de M. Bailly, puis à notre bon général (I^fayetle). à « M. Mirabeau cpii dit de si hplles choses, et à M. Le Chapelliir. «qui, sans cesser d'être bn^ton, est devenu Ixjn parisien... W'""* « Deusf » Ktles <( Dames » du 5 octobre ? elle étaient lx)n teiiil. celles-là ?

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