‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 26 sur 364 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

•' de toutes les provinces et de toutes les villes du « royaume, animés, transporlés par Tanioar et i'en- « Ihovisiasme du bien public, se dépouillera Tenvi, en t' leur nom, et au nom de lous ceux qui les avaient u envoyés, des privilèges et des droits les plus anciens 'ï et les plus précieux, pour en faire le sacrifice au « soulagement du peuple, et au bonheur général de la •» Patrie. Non, il n'y a que les Fran(;ais qui aient pu « donner l'exemple d'un dévouement, d'un t>alriotismc (f aussi vif, aussi prompt, aussi généreux ! »

Ces belles paroles qui montrent la droiture et la bonté de celui qui les a écrites, ne désarmaient pas cependant ses ennemis, car il avait des ennemis acharnés, recrutés peut-être dans les rangs de ccu\ qu'il axait secourus, obligés et nourris. 11 se défend noblement contre les culomuies, qui, après a\oir été colportées dans l'ombre, sont tombées maintenant dans le domaine public ; son intransigeance d'un jour ne cessera plus de lui être reprochée, et les inventions malfaisantes qui salissent son nom trouveront chaque jour plus de crédit. H a essayé, dans son mandement du i4 août, d'ouvrir les yeux à ceux qui le dénigrent : le II septembre, il rc\ient sur ce thème qui lui lient \ivement au coeur : « A Dieu ne plaise que nous vou- .« lions rendre le peuple responsable des xiolences dont «• nous gémissons. Le bon peuple, le \rai peuple franu c;ais n'en est pas moins affligé que nous-mêmes, «• mais pouvons -nous nous dissimuler l'inquiétude u générale qui s'est emparée des esprits, les soupçons " «nlieux, les délianccs réciproques qui divisent les «' citoyens d'avec les citoyens, la facilité avec laquelle

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« on ajoute foi aux rumeurs les plus insensées, et aux « calomnies les plus absurdes et les plus atroces ? « Faut-il que les cilovens, môme les plus paisibles et « les plus vertueux, soient ainsi les victimes de ces « funestes illusions ^ î »

Pour désarmer l'hostilité, M. de Juigné se soumit sans protester h la mesure qui dépouillait les églises de la presque totalité de leur argenterie et de leur orfèvrerie ; bien plus, il en prit l'initiative *.

Nccker avait négocié un emprunt qui lui fournissait les moyens de parer aux éventualités les plus pressantes. L'Assemblée, au lieu d'approuver le projet de contrat, réduisit de 7 à 3 1/2 le taux d'intérêt convenu avec les préteurs éventuels, et mêla le patriotisme d'ans une question qui se traitait avec des hommes d'affaires ; ceux-ci se retirèrent, et il fallut bien en revenir au contrat tel que \ecker l'avait rédigé. Mais les fînancicrs effarouchés avaient disparu. On songea donc à tirer parti du mobilier des églises : l'argenterie seule était estimée à un milliard — c'est le chiffre auquel on évalue ordinairement les biens d'église. — Quoi qu'il y ait à penser de celte estimation, il y avait des vases sacrés, des reliquaires, lampes, chandeliers en argent ou en vermeil, auxquels on pensa pour trouver quel- (pies ressources immédiatement réalisables. Quand la proposition fut faite, M. de .îiiigné se leva et déclara que rKglise de France était prête a faire ce sacrifier. On envoya donc a la fonte, pour en faire des écus, des

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