R. P. Caussette, Vie du cardinal d'Astros, p
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saintes Huilegr; sans parler des nombreuses conûrmations qu'il eut à donner, et dont on retrouve de fréquents souvenirs, il eut à consacrer toutes les pierres sacrées nécessaires aux églises réconciliées et aux innombrables chapelles tant publiques que privées. La première ordination mentionnée dans le registre dont j ai parlé est du 26 mai 1795, et c'est en mars 1796 que la police découvre qu'il a ordonné de nouveaux prêtres: elle avait mis dix mois à s'en douter. Quant aux lieui choisis pour ces cérémonies, le registre n'en dit rien, pour un motif de prudence facile à comprendre : si le livre était venu à tomber en des mains ennemies, il fallait éviter de compromettre les personnes qui auraient prêté leur maison ; et pour la même raison, il semble qu'on n'allait pas plusieurs fois de suite dans le même oratoire ; on sait ainsi que sur trois ordinations successives qui se firent à la fin de mai 1796, la première eut lieu chez le chanoine Leblanc, au Cloître Notre-Dame, la seconde chez l'abbé Girard, à l'ancien presbytère de Saint-Landry, dans la Cité, et la troisième dans la maison paternelle de l'abbé Morzière, vicaire insermenté de Saint-Jean-en-Grève, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ^.
L'abbé Bernet était du diocèse de Mende, mais résidait à Paris, où il avait achevé ses études ecclésiastiques. 11 avait demandé aux vicaires capitulaires de Mende une pièce l'autorisant à se faire conférer les saints Ordres dès qu'il en trouverait le moyen, et,
I. Lettre écrite, le 16 septembre i848, par Mgr d*Astros, alors archevêque de Toulouse, à M. Tresvaux, chanoine de Notre-Dame de Paris, (citée par le Vte de Broc op. cit., p. iSa).
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muni de cette pièce, il se présenta aux vicaires généraux de Paris en leur demandant de le faire comprendre dans la prochaine ordination. Or, les vicaires généraux de Mende, craignant d'avoir des désagréments si les lettres dimissoriales données à l'abbé Bernet étaient saisies par la police, avaient eu la précaution de ne pas les signer, ce qui les rendait nulles. Heureusement, M. SynchoUe d'Espînasse, l'un des vicaires généraux de Paris, avait été en la même qualité à Mende ; il déclara reconnaître l'écriture de celui de ses anciens collègues qui avait délivré la pièce et en garantit l'authenticité ; ses confrères, interprétant la loi dans le sens le plus large, admirent le jeune Bernet à l'ordination et lui firent conférer successivement le sous-diaconat et le diaconat. Puis des troubles se produisirent à Paris; l'émeute du i3 vendémiaire fut suivie de mesures répressives qui obligèrent le clergé à redoubler de prudence, et les ordinations furent interrompues. M. Bernet, tant pour gagner sa vie que pour dissimuler son véritable état aux indiscrétions de voisins trop curieux, était instituteur à Sceaux, il ne savait plus quand il pourrait être ordonné. Un jour qu'il passait sur le Pont-Neuf, il fut rudement coudoyé par un individu en carmagnole auquel il se mit h reprocher sa brutalité ; tout en l'invectivant, il reconnut l'évêque de qui il avait reçu le diaconat : un court dialogue s'échange à mi-voix, et le prélat finit par lui dire ; « Trouvez-vous ce soir à minuit, rue des Rats »^ Et c'est ainsi que le 4 novembre 1795, fêle de
I . C'est aujourd'hui la rue de ]*Hôtcl-Colbcrt, et le local indi»