UN ÉVÊQUE A LIVRY
marié; ce n'est donc pas de lui qu'il s'agita Le Pollet qui résidait à Livry avait nom : PcUé ; il avait été prêtre sacristain à Saint-Jean-en-Grève et avait été longtemps incarcéré pendant la Terreur, puis s'était retiré à Livry chez son frère 2. Mais ce n'est pas lui qui s'habillait en évêque ; c'était cet abbé Clément qu'on lui donne pour acolyte : Augustin Clément, ancien chanoine d'Auxerre, avait passé toute la Terreur à Livry, où il avait une propriété, et, malgré ses 77 ans, il avait été arrêté avec plusieurs amis, prêtres et laïques, auxquels il avait donné l'hospitalité 3. C'était un homme très actif, et même très agité qui avait consacré toute sa vie et ses beaux revenus au service duJansénisme. Au printemps 1795, il avait offert son concours aux prêtres qui avaient formé le Presbytère de Paris ; il s'était même quelque peu imposé. En même temps, il se donnait la mission de relever l'église constitutionnelle dans le département de Seine-et-Oise. Il ne s'était pas entendu longtemps avec les Parisiens que ses ardeurs effrayaient, et il avait été fonder à Versailles un Presbytère composé d'hommes à sa dévotion. Le a5 février 1796 (6 ventôse) il s'était fait élire évêque, et c'est lui dont, le 18 ventôse, la police mal renseignée signale la présence à Livry en costume épiscopal. Le pauvre abbé Pelle n'était pour rien dans l'affaire et, comme insermenté, il ne devait pas être en fort bons termes avec Clément, jureur emballé ; mais le plus piquant de l'histoire, c'est qu'après avoir examiné