‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 282 sur 364 · RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

RÉCONCILIATION

clergé constitutionnel de Saint-Germain l'Auxcrrois. Comme on ne pouvait pas perpétuer indéfiniment des disputes qui n'auraient eu de profit pour personne, on s'ingénia à trouver un terrain de conciliation. Précisément, au mois de décembre, le Presbytère avait jeté les yeux sur un jeune homme, originaire d'Auxerre. Nicolas-Germain Cady et voulait l'élever au sacerdoce^. Pour une ordination, il fallait un évêque et c'est a Royer que le Presbytère s'adressa, en l'invitant à donner, le 19 décembre, la tonsure et les ordres mineurs au jeune Cady ; dans sa séance du i4 décembre, fut votée la résolution suivante : « L'Assemblée saisit avei"

I. Nicolas Cady avait été présenté au Presbytère par Clément, alors que celui-ci en faisait encore partie. Ce jeune homme étant originaire d'Auxerre, on se demanda sUl ne convenait pas de It' renvoyer à Sens pour 8*y faire ordonner par son propre év^ue. Mais, depuis la mort de Tex-cardinal de Brienne, il n*y a>-ail plus d*évêque à Sens et il ne s*était pas fondé de Presbytère. Pour trancher ce cis, le Presbytère de Paris recourut aux lumières du canoniste Agier. Agier était un avocat laïque ; il avait remplace Fouquier-Tinville comme procureur du Tribunal Révolutionnaire après 1c 9 thermidor, et, en 1796, il était commissaire national près du tribunal du Y" arrondissement de Paris. Chrétien convaincu, il mit son expérience juridique au senice de< constitutionnels, et nous trouvons son nom parmi les signataires de la demande de réouverture de Notre-Dame et de Saint-EUeniif du-Mont ; il était très versé dans le droit canonique et rédigea une longue consultation d'où il résultait que le Presbytère de Paris avait le droit d'appeler le jeune Cady aux saints ordres. Quelques mois après, le Presbytère fit offrir à Agier de Téloer iui-méme au sacerdoce, mais Agier n'accepta pas ; et il mourut en 18a 3, ayant été sous l'Empire vice-président du tribunal d'Appel de la Seine.

Quant au jeune Cady, il fut ordonné diacre le 11 mars 1797. prêtre le 2 3 septembre suivant, devint vicaire à Saint-Séverin, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort (7 janvier 1847).

CLERGÉ DE NOTRE-DAME HQl

« empressement cette occasion de témoigner au prélat « le respect que lui inspirent son caractère et ses <( qualités personnelles, et de lui donner une preuve « sensible que la petite division qui a eu lieu entre lui « et le Presbytère n'a nullement altéré la charité et la <( confiance qu'il mérite. » Puis, après l'ordination, le Presbytère fait, le 21 décembre, la déclaration suivante : « L'Assemblée s'applaudit de n'avoir pas été trompée « dans son espérance et dans la bonne opinion qu'elle « a conçue depuis longtemps des vertus de ce prélat, w Elle était persuadée que cette division naissante « n'était l'effet que de légers nuages que le flambeau ^ <( de la foi devait bientôt dissiper * ».

Clausse avait constitué pour Notre-Dame un clergé de fortune, car de tous les collaborateurs de Gobel, il ne restait personne : sur les trois vicaires épiscopaux qui n'avaient pas abdiqué, deux, Girard et Lothringer étaient rétractés ; quant à Mille nous le verrons attaché au clergé de Saint-Gervais ; il fallut donc prendre tout le nouveau personnel en dehors de l'ancien. Le premier vicaire fut Edme-Louis Billardon de Sauvigny, exvicaire épiscopal de Bordeaux, qu'avait recommandé Saurine, son compatriote. Assez singulier ecclésiastique, Sauvigny profita de son séjour à Paris pour faire jouer dans je ne sais quel théâtre un « trait historique »

I. Registre du Presbytère : Séance du 3o frimaire an IV. — Les évéques continueront à venir de temps en temps officier à Notre- Dame. Les Annales de la Religion (IL 35i-353) nous apprennent que Royer chanta la messe pour l'Epiphanie 179G ; à la Purification, ce fut Primat, évèque du Nord, qui officia; Saurine, des Landes, prêcha ; Wandelaincourt, de la Haute-Marne, récemment entré au conseil des Cinq-Cents, assistait à la cérémonie.

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