I. Grente, op. ril.y p. a^a
a. Arch. Nal., ^.477^^, 7i3i et 7379.
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lit Arrondissement, — Salnt-Eustache. — Le clergé de Saint-Eustache se distingue de celui de toutes les autres paroisses de Paris par cette particularité qu'il demeura toujours uni dans sa ligne de conduite. A de rares exceptions près, tous les prêtres qui le composaient se solidarisèrent avec leur curé. En 1791, celui-ci, M. Poupart, hésita beaucoup avant de prêter le serment constitutionnel, mais quand il se décida à le faire, il n'y eut que son premier vicaire, M. de Laleu, pour se séparer de lui. M. Poupart avait donc pu recruter son nouveau clergé sans faire appel aux religieux et aux séculiers provenant des paroisses supprimées. En 1798 il y eu très peu de défections à Saint-Eustache ; aussi, en 1795, quand l^glise fut rouverte, le curé retrouvait une grande partie de ses anciens coopérateurs purs d'apostasie, et (c'est triste à constater) aussi obstinément attachés aux principes constitutionnels que quatre ans auparavant.
Contrairement à ce que nous venons de voir à Saint- Hoch, c'est une société de laïques, et non le curé, qui se présente devant les autorités civiles pour obtenir la réouverture de l'église et assumer les responsabilités résultant^e la loi de prairial. Cette société fonctionna régulièrement jusqu'au Concordat, et l'abbé Soutif, qui a pu étudier à fond les procès- verbaux en a donné une excellente analyse ^ . Nous y voyons que c'est le 3 messi-
I. L*abbé Soutif, une iocîété du culte catholique à Paris pendant la première séparation. — La paroisse Saint- Eustache de 1795 à 18o2, (Revue des Questions Historiques, 1908). Un des principaux membres de la société était Tarchitecte Lecourtier, dont le fils fut évêqu© de Montpellier.
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doran lll(ai juin 1796), que les clefs furent remises aui administrateurs ; le lendemain, réunis sous la présidence de M. Poupart, ils arrêtèrent les i5 articles qui devaient régler l'organisation du culte. Il était créé 13 places d'ecclésiastiques attachés à la paroisse et M. Poupart s'était réservé le droit exclusif do les désigner. A la société appartenait la surveillance et la direction de toute la partie matérielle, sous le contnMc d'une assemblée générale des paroissiens qui, à partir de 1796, se tint chaque année pour qu'il lui fût rendu compte de la situation financière.
M. Poupart s'était-il rétracté? On le lit dans Picot, (au tome VI, p. 443), mais l'abbé Soutif fait remarquer que cette assertion n'est pas dans le texte original de l'auteur: c'est une addition faite dans l'édition de i856 et placée entre crochets; une note des éditeurs renvoie k une note publiée en i855 sur l'église de Saint-Eustache par l'abbé Gaudreau, alors curé de la paroisse. On s'explique facilement que M. Gaudreau ait éprouvé certaines répugnances à compter parmi ses prédécesseurs un de ces « jureurs apostats » contre lesquels il montre la plus grande indignation, et qu'il ait voulu sauver ainsi l'honneur de la paroisse : c'est un état d'esprit dont on connaît d'autres manifestations. Il n'en reste pas moins que les faits sont les faits ; sans embrasser avec beaucoup d'ardeur la cause du presbytère constitutionnel, M. Poupart était en communion avec lui ; il assistait de loin en. loin aux réunions, et le aôjuin 1795 il fut appelé à la présidence, qu'il ne parait pas d'ailleurs avoir exercée efFectivement. Rien ne permet de croire qu'il ait changé d'attitude jusqu'à
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sa mort qui ne tarda pas (ig mars 1796) ^ Son premier vicaire Juvigny, qui fut élu pour lui succéder par le collège des administrateurs, prit nettement position dans le camp des constitutionnels, et c'est seulement en octobre 1797, que la situation changea: à cette époque, nous voyons M. de Laleu, premier vicaire insermenté, rentrer dans le clergé de Saint-Eustache ; c'est le premier pas vers la rétractation de tout le clergé de cette église, et la fin de dissidences dont nous aurons à reparler.
Nous constatons en 1 796 l'existence, rue du Jour,d'un oratoire desservi par huit prêtres dont plusieurs étaient d'anciens collaborateurs de M. Poupart, mais qui s'étaient rétractés dès 1795. Quand la réconciliation sera accomplie, l'oratoire disparaîtra et la réunion des deux groupes se fera, l'unique cause de la scission ayant disparu.
Oratoire Rotalmont. — Dans les environs de Saint- Eustache, à l'hôtel Royaumont, existait un autre oratoire privé qui avait été ouvert le 3o prairial an III (18 juin 1790) par l'abbé Jean Morel vicaire constitutionnel de Saint-Leu, rétracté en 179.^)*. 11 avait avec lui quatre prêtres, dont deux étaient venus de Saint-Eustache pour se joindre à lui après sa rétractation. M. Morel préludait à la reconstitution de son ancienne paroisse :
I. Les Anr^ales de la Beligion donnent (t. II. p. 637) une noUcc nécrologique sur M. Poupart et ne Tauraient certainement pas fait s*tl avait été rétracte.
3. M. Resson, curé de Saint Leu, s'était aussi rétracté en 1796, mais il était gravement malade, et ne reprit pas l'exercice de ses fonctions ; il mourut le 21 vendémiaire an YI (12 octobre 1797).
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en janvier 1796, il fut sur le point de louer i'égiise dr Saint-Leu, mais TafTairc manqua, et il lui fallut attendre jusqu'en janvier 1797; il put alors 3e fair céder la suite du bail parle locataire qui l'avait é>incé. puis, en mai 1797, il racheta l'église et la sauva ainsi de la dest^ction qui menaçait à cette époque tous \e> édifices religieux.
Oratoire de la rue Montorgueil. — Avant d etn réintégré dans ses fonctions à Saint-Eustache, M. d<^ Laleu avait ouvert rue Montorgueil une modeste chapelle que fréquentaient ceux de ses anciens paroissîeD> qui ne communiquaient pas avec les constitutionnels. Ses deux compagnons étaient d'ex-capucîns, le< PP. Lynch et Courtecuisse ; ce dernier, ancien gardien du couvent de Saint-Honoré et confesseur des religieuses capucines de la place Vendôme, avait été arrêté le 18 nivôse an 11, au n" ii4 delà rue MontorgueiP et c'est dans l'oratoire existant dans son logi»ment que M. de Laleu s'était établi en 1796, pour exercer ses fonctions. Mais auparavant, ce prêtre courageux avait passé par bien des épreuves. En 1791,1! était resté sur la paroisse et ne l'avait quittée qu'en 179a. alors que la position n'était plus tenable pour lui. U s'était établi de l'autre côté de la Seine, sur la paroisse Saint-Jacques et y était resté quinze mois, continuant discrètement son ministère; vers le milieu de 1793, il jugea qu'on avait perdu sa trace dans son ancien quartier, el, sous un faux nom, il revint aux environs
1, Arcli. NaU, F^ /i635. — AF*' 190a.
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des Halles, d'abord rue Grenéta, puis 522, rue des Prouvaircs, tout près de l'église. Il s était si bien métamorphosé que la section l'avait choisi comme secrétaire. Cela ne pouvait pas durer et, pendant la Terreur, il fut dénoncé comme prêtre et prêtre insermenté ; on l'accusa de continuer ses fonctions sacerdotales : on l'avait vu disant la messe aux Mathurins et à l'Oratoire de la rue d'Enfer. Enfin on lui reprochait de s'être dérobé à la surveillance en changeant plusieurs fois de domicile, ce qui le rendait particulièrement suspect. Le 3 nivôse an II (27 novembre 1793) il fut mis en arrestation et ne sortit de la prison de Port- Libre que le 6 novembre 1794.
Dans les mémoires justificatifs qu'il rédigea en prison. M. de Laleu raconte les principaux événements de sa vie : son père était notaire k Nogent-sur-Seine.etpar conséquent il n'était pas noble malgré la particule qu'il avait d'ailleurs incorporée dans son nom en se faisant appeler le citoyen Delaleu ; deux de ses cousins étaient tombés victimes de la u tyrannie de Robespierre » et lui-même fait montre des sentiments du plus sincère patriotisme. Mais il avait refusé le serment ? Oui, mais c'est qu'en outré de sa place à Saint- Eustache, il avait un canonicat à Lavaur, et il avait pensé qu'en cette qualité de chanoine, il n'était pas soumis à l'obligation du serment ^. Quoi qu'il en soit, il recommença dès sa libération à dire la messe dans l'oratoire de la rue Montorgueil en attendant que l'occasion s'offrit à lui de reprendre sa situation dans son