I. Arch. Nat., F' /|588, /,G3i
saint-gehmain-l'auxerrois 3 19
comme le pasteur légitime de leur paroisse. Au moment où les passions anti-religieuses s'allumèrent, M. Ringard fut personnellement visé par les dénonciateurs; le bruit courut après le 10 août qu'il avait été tué les armes à la main aux Tuileries pendant la bataille ; la vérité est qu'à cette époque, le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois était déjà passé en Belgique où il mourut sans avoir pu rentrer en France.
M. Gorpet ayant à réorganiser le personnel, forma un clergé surtout composé d'anciens vicaires de la paroisse ; le curé intrus était un prêtre pieux, zélé, qui parlait bien et dont la conduite privée était au-dessus de tout soupçon, mais on n'en pouvait pas dire autant de quelques-uns de ses collaborateurs. Avant même que le régime de la Terreur eût précipité la débâcle, plusieurs donnaient déjà de graves scandales et, après le 20 brumaire, les autres suivirent : quatre seulement n'apostasièrent pas. Quant au curé Gorpet, nous savons déjà dans quelles horribles circonstances il fut amené à livrer ses lettres de prêtrise ^. Si prompt et si sincère qu'ait été son repentir, il n'avait pas retrouvé la paix de sa conscience et était troublé par des remords qui le jetèrent dans un profond découragement : il ne se jugeait plus digne de reprendre ses fonctions. Ge furent ses paroissiens qui allèrent le supplier de revenir au milieu d'eux. L'église avait été rouverte le a messidor (ao juin 1796), mais M. Gorpet ne pouvait se décider à reprendre la direction d'un troupeau qu'il avait gravement scandalisé. Le lendemain, ai juin,