‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 304 sur 364 · I. Voir ci-dessus, chap. m, pp · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, chap. m, pp

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était un dimanche, et il fallut aller chercher l'évéque de l'Ain pour présidera la reprise du culte. — Le vendredi suivant, aC juin, Corpet se présenta devant le Presbytère assemblé et fit le récit des événements au cour: desquels il avait été contraint de remet lie ses lettres, puis, sa confession terminée, il se relira en laissant au Presbytère le soin de le juger. Après avoir délibéré, l'assemblée prit la résolution suivante : a L'assemblée, u édifiée de la sincérité de ces déclarations et des témoi- « gnages de regret dont elles étaient accompagnées, — « partageant les dispositions d'un membre qui, n'étant a pas dans le même cas, fait sentir que tous pouvaient « être exposés à des épreuves qui eussent triomphé de « leur faiblesse si Dieu ne les eût pas préservés, — « déclare qu'elle est bien loin de confondre avec l'infi- « délité des prêtres apostats la faiblesse de N. T. C. F., « dont elle vient d'entendre les déclarations ; — elk u arrête en conséquence, à l'égard de IS. T. C. F. le n curé de Saint-Germain-FAuxerrois, que l'ouverture « de son église rendant nécessaire aux fidèles l'exercice a de ses fonctions, il est autorisé à les reprendre K » Nous savons par une autre délibération du Presbytère 2 que le clergé de Saint-Germain-l'Auxerrois se composait alors de sept prêtres. Deux sculenient étaient les survivants du clergé de 1791 : MM. Marteaux et Jourdain ; ce dernier avait été chanoine de la collégiale du Saiut-Sépulcre ; il avait embrassé toutes les idées de la Révolution et avait prêté serment comme aumônier d'un bataillon de la Garde Nationale, puis il

I. Registre du Presbytère, séance du a6 juin* 3. Ibid,, séance du 6 juilJeL

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s'était inscrit dans le clergé constitutionnel. M. Coipet s'était assuré le concours d'un autre chanoine, qui avait appartenu au Chapitre de la Sainte-Chapelle de Yincennes ; il se nommait Renouard et on se demande comment d'aussi honnêtes gens s'étaient fourvoyés dans le clergé jureur. Il fut pendant de longues années vicaire de la paroisse.

Au moment de Tenquêtc de floréal, Sg prêtres résidaient dans l'arrondissement et ii seulement exerçaient : 8 à Saint-Germain-l'Auxerrois, 2 à Royaumont, I à la maison des hospitalières de Sainte-Catherine, en qualité d'aumônier des jeunes aveugles. Les autres se disaient étrangers à tout ministère et en effet plusieurs se qualifient : celui-ci d'employé aux bureaux de la guerre, celui-là d'employé à l'habillement des troupes, un autre à la liquidation et plusieurs sont d'anciens vicaires de la paroisse, apostats et mariés, qui trouvent nioven d'habiter encore avec leur famille les logements qu'autrefois on leur avait concédés dans la maison curiale.

M. Corpet restera longtemps encore attaché aux erreurs des constitutionnels ; sans prendre une part très active aux travaux du Presbytère, il tiendra à vivre en bons termes avec ceux dont il a naguère éprouvé la miséricordieuse indulgence. Quand il s'agira d'élire un évêque, il votera et fera voter son clergé ; et quand Royer sera élu, c'est lui qui sera député pour se rendre h Sarcelles où l'élu s'était modestement retiré et il lui annoncera sa nomination. Et cependant, il finit par comprendre qu'en dehors de l'unité, l'église de Paris n'était qu'un arbre stérile, et au moment des fêtes de

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Noël de 1800, il se séparera de ses amis et entraînera presque tous ses collaborateurs à se rétracter avec lui. En avril 1802, il sera choisi pour être l'un des douze premiers chanoines de Notre-Dame.

V* Arrondissement. — Sai!>it-Laurent. — L'église de Saint-Laurent ne fut rouverte qu'en frimaire an IV, c'est-à-dire en décembre 1795. Le curé de 1791. M. de Moy, avait juré et s'était signalé comme député h la Législative par ses opinions extravagantes ; puis il avait donné sa démission, s'était marié et avait quitté Paris.

11 avait été remplacé en 1792 par l'abbé G. Toumaire. premier vicaire de Saint-Ambroise, qui, à l'heure de la persécution, avait donné l'exemple de la désertion.

En 1795, quand l'église fut mise sur la liste de celles qui devaient être rendues au culte, personne ne se présenta tout d'abord pour la desservir.>C'est alors que paraît un vicaire de Saint-Nicolas-des-Champs, nommé Cécile Margarita. Ce prêtre assermenté avait fait preuve pendant la Terreur d'un courage au-dessus de tout éloge : au milieu du désarroi général, il était resté seul à son poste, continuant son ministère, visitant les malades et leur procurant les secours de la religion, et cependant, il avait réussi à échapper aux regards de la police et n'avait pas été inquiété.

Au mois de mai 1796, quand avaient lieu au presbytère de Saint-Germain-des-Prés les réunions où se préparait la rétractation d'une notable partie du cleigc constitutionnel, il avait pris la parole et s'était prononcé avec la plus grande énergie contre uneréconcilia-

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lion qui eût impliqué un désaveu du passée Cette attitude lavait fait remarquer par les membres du Presbytère qui mirent en avant sa candidature pour le poste de curé de Saint-Laurent.

Il s'était créé dans cette paroisse une association laïque * dont le but était la réouverture de Féglise et la réorganisation du culte ; cette association, pour des raisons que j'ignore, tenait absolument à ne pas mettre ia paroisse sous la direction de l'ancien premier vicaire Le Logeais, et, sur le bon témoignage rendu k Margarita, le choisit pour curé. Mais le Presbytère était alors en train de donner à l'église de Paris une constitution nouvelle : des règles canoniques étaient tracées pour l'élection des curés ; on les appliqua rigoureusement pour l'élection et l'installation de Margarita, puis il semble qu'on y ait renoncé à cause de leur minutieuse ^complication. C'est le 29 août que la société s'était entendue pour la désignation du « chef de culte. » Tout en étant très favorable au candidat, le Presbytère exigea une assemblée générale des paroissiens qui auraient à sanctionner ce choix; l'assemblée ne put 4tre tenue que le 1 1 octobre et ratifia la nomination qui lui était proposée. Margarita reçut donc le 16 octobre l'institution canonique et Clausse, président du Presbytère, fut désigné pour procéder à l'installation, fixée au 26 3. Il ne restait plus qu'une petite difficulté : l'église était encore affectée à un service public

I. Registre du Presbytère^ séance du 8 mai. a. Le registre des délibérations est aux Archives Nationales sous la cote F' 7184.

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