Arch. Nat., F
2. Ami de la Religion, l. XXXIX. p. 12a ; l. LU, p. 88. F^ 6797.
3. L'abbé Collignon, Histoire de la paroisse Saint-Louis-en-VIle, pp. i36 etsuiv.
3a8 LES FILLES-DIEU
heureux ou assez habiles pour échapper aux recherches pendant toute Tannée 1796; ne pouvant les saisir, od les porta sur la liste des émigrés et ce n'est qu'en iSoa qu'ils obtinrent d'être définitivement rayés de la liste sur laquelle ils n'avaient aucun droit de figurer *.
Un autre de leurs confrères était l'abbé Quinion, ancien curé de Sain t-Germain-des-Noy ers, près de Lagny. Il avait prêté serment en 1791 avec des restrictions sur lesquelles la municipalité avait volontairement fermé les yeux. Il put donc rester dans sa paroisse jusqu'en septembre 179a, mais il avait alors dû s'enfuir et se cacher; puis, ayant été arrêté, il n'échappa à la déportation que parce qu'il avait plus de soixante ans ; il fut interné à Meaux et ensuite à Provins. Mis en liberté en germinal an III après a5 mois de réclusion, il était venu à Paris et s'était attaché à l'oratoire des Filles-Dieu. Nous aurons à reparler de lui à propos de son arrestation en l'an VI et de son long emprisonnement à la maison de réclusion de Saint-Denis.
L'enquête nous apprend que vingt-cinq prêtres résidant dans cet arrondissement n'exerçaient pas ; plusieurs sont connus : tel était Louis-François Demory, ancien religieux augustin, maintenant libraire au 1 76 de la rue du faubourg Saint-Martin, après avoir été vicaire épiscopal. Un ancien prêtre constitutionnel de Saint- Laurent, Claude Périer d'Artinville, était greffier du Tribunal correctionnel et ne reprendra de poste qu'après le Concordat. Jacques-Philippe Marié, égale-
I. Radiation provisoire ie i3 prairial an X ; définitive le i3 pluviôse de la même année. (F' 5797.)
SAINT-NIGOLAS-DES-CH AMPS 829
ment de Saint-Laurent, était marié et vivait d'un emploi civil. En i8o3, il revint à de meilleurs sentiments grâce à l'intervention d'une religieuse du Sacré-Cœur, Madame Co telle, qui, depuis quarante ans, s'occupait des pauvres et des malades à la Villette et avait réussi à continuer ses œuvres charitables pendant toute la durée de la Révolution K
Pour résumer ce que nous venons de dire, le V" arrondissement comprenait à cette époque les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin ; les communes de la Villette et de la Chapelle s'y rattachaient au point de vue religieux et dans cette énorme agglomération, nous n'avons trouvé que trois centres religieux, une paroisse constitutionnelle avec six prêtres, une chapelle des insermentés avec dix et un établissement d'enseignement où cinq ou six insermentés exercent discrètement dans leur voisinage. C'est certainement bien peu pour des quartiers aussi peuplés et il restait encore beaucoup à faire. C'est ce que M. de Cagny entreprendra dans les dernières années de la Révolution*
F/" Arrondissement — Saot-Nigolas-des-Champs. — Nous trouvons ici deux curés pour une seule église paroissiale, ce qui en retardera l'ouverture jusqu'à la fin de 1795.
Le curé légitime, M. Jean-Etienne Parent, avait été nommé en 1767 par suite de la démission de M. de l'Ecluse, condamné au bannissement par le Parlement