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embarras. Par exception, celle de Saint-Gervais était composée crexcellents chrétiens, pleins de respect pour l'autorité du curé ; le curé, de son côté, était un habile homme, à qui l'esprit de conciliation ne faisait aucunement perdre de vue ses devoirs et ses droits ; quand il arrivait à l'un de ses vicaires de manquer de mesure dans ses rapports avec les administrateurs, il savait arrêter le conflit, ou mieux encore l'empêcher de naître.
Dans ses relations avec le Presbytère, M. Chevalier se montra plein de circonspection ; s'il assista à quelques-unes des réunions pendant la première année, ce fut de loin en loin. D'un caractère essentiellement pacifique, il redoutait les discussions oiseuses. Il était néanmoins sincèrement rattaché à cette époque au parti constitutionnel, et quand venait, au mois de juin, la fête patronale de la paroisse, l'évêque Royer était invité pour célébrer pontifîcalement l'oflice de Saint-Gervais.
Le IX' arrondissement comptait donc trois églises constitutionnelles : i5 prêtres dépendant de M. Brugière, 12 de M. Chevalier, et une dizaine peut-être à Notre-Dame. II nous reste à parler des oratoires des insermentés.
Satnt-Louis-en-l'Ile. — Un des premiers curés constitutionnels qui se rétractèrent en 1796 fut l'abbé Coroller, de Sain t-Louis-en-l' Ile. Il avait prêté serment en 1791 un peu pour sauver sa paroisse, sérieusement menacée de suppression, beaucoup par sympathie pour Brugière, son collaborateur; dont l'influence est sensible dans tout le cercle ecclésiastique qu'il fréquentait.
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La moitié du clergé avait aussi juré, mais comme le premier vicaire Legros et le second vicaire Dolanie étaient insermentés, il lui fallut pourvoir à leur remplacement. x\ucun des prêtres qui avaient juré à Saint- Louis n'était capable d'occuper ces emplois; d'ailleurs. Brugière, en devenant curé de Saint-Paul, en avait entraîné deux à sa suite. Il en est un cependant qui no manquait pas de capacité, mais il était dans des \dé€i> tellement extraordinaires qu'on ne pouvait compter sur lui : il se nommait Cassius et avait été oralorien ; en juillet 1790, il avait prêché h Saint-Germain-des- Prés un sermon d'une violence qui fit scandale, et le curé de Saint-Roch, qui l'avait invité pour l'Aven t, lui fit savoir qu'il ne comptait plus sur lui ^. Plus tard. Cassius quitta son état, se mariait devint médecin à Aubusson ; en 1802, il demanda l'absolution au cardinal Caprara*.
Pierre-Antoine Audoy était un pauvre homme sans grande intelligence ; en 1796, il était scribe dans une administration civile et n'exerçait aucune fonction ecclésiastique ; mais en 1797, nous le retrouverons vicaire à Saint-Gervais où il remplit les postes les plus modestes ; il deviendra vicaire de chœur à Notre-Dame.
Le second vicaire qu'avait choisi M. CoroUer pour remplacer M. Delarue, était M. Desanlis, ancien chanoine de la Trinité de Châlons 3, c'était un prêtre pieux, instruit, qui remplissait très consciencieuse-
I. Révolutions de Paris, n" 52, p. 759. a. Arch. Nat., AF*' 1911- 3. Millard, op, ciU, p. 3o3.
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inenl ses devoirs ; pendant la Terreur, il fut arrêté au chevet d'un malade, alors que le culte était déjà prohibé, et le Tribunal révolutionnaire le fit guillotiner.
Le premier vicaire n'eut pas cette fin glorieuse : il se nommait Antoine Lagrenée et, en 1790, il était grandprieur de l'abbaye de Saint-Victor ; à ce titre, il exerçait la juridiction curiale dans l'abbaye. Lagrenée se mit sur les rangs quand il fut procédé à l'élection d'un curé pour la paroisse nouvellement instituée dans son église ; il se croyait tous les droits pour réunir l'unanimité des suffrages, et ce fut l'abbé Duchesne, premier vicaire de Saint-Martin-du-Cloître qui fut élu. Sans se décourager, le P. Lagrenée fut candidat chaque fois que les électeurs parisiens eurent à pourvoir à une cure, et chaque fois il obtint un nombre de voix dérisoire. Il se résigna donc à n'être que premier vicaire, mais, sentant combien ces fonctions étaient au-dessous du mérite qu'il se reconnaissait, il s'en acquittait avec aussi peu de zèle que possible ; en 1798, il ne fit aucune difficulté pour apostasier. Cependant, en 1793, il se présenta au Presbytère dans l'espoir de recevoir de l'emploi ; sa situation fut examinée dans la séance du 26 juillet, et voici quelles furent les conclusions le concernant : « La démarche (du postulant) auprès « du Comité (de l^ section) est une véritable renoncia- « tion aux fonctions ecclésiastiques. Le Presbytère ne <( se permet d'user d'indulgence qu'envers les prêtres t( qui, par leur repentir et leurs travaux pour l'Eglise, (( donnent l'espérance qu'ils lui seront utiles ; mais le « Presbytère n'ayant pas celte consolation à son égard.
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« ne peut l'autoriser à reprendre ses fonctions < ». Le 24 juillet, Lagrenée revint à la charge, deniandant seulement à être autorisé à faire le service de chantre et de porter au chœur l'habit ecclésiastique. Le Presbytère fut impitoyable et repoussa sa demande. Ce fut Mahieu, curé assermenté de Saint-Sulpice, qui agréa ses offres de service, sans doute pour faire pièce au Presbytère, avec lequel il était en délicatesse. En 1797. il arriva, je ne sais par quelle influence, que Lagrenée réussit à se faire accepter comme curé à Bry-sur-Mame. qu'on appelait alors Petit-Bry, et, en 1799, lors de sa visite pastorale, Royer déclara au Presbytère « qu'il avait « la douleur de voir que ce pasteur n'était doué d*aii- <( cune des qualités nécessaires pour exercer utilement <( le ministère ; de plus, il est dépourvu de titres, « n'ayant été ni élu, ni institué canon iquement ». — En conséquence, on lui retira ses pouvoirs -. Après le Concordat, Lagrenée, ayant végété dans des places subalternes, fut heureux d'être recueilli par M. Corol- Icr, toujours curé de Saint-Louis-en-l'Ile, qui remploya jusqu'à sa mort en qualité de prêtre sacristain, dans l'église où il avait été premier vicaire, après avoir été. comme grand-prieur de Saint-Victor, un des principaux personnages du diocèse de Paris.
M. Coroller lui-même avait été appelé à comparaître devant le Presbytère pour se justifier de certaines accusations infamantes portées contre lui. On disait qu'appelé comme témoin dans le procès de M. Desan-
T. Reg^istre du Presbytère, séance du ao juillet 1795. a. Jbid,^ séance du a8 juin 1799.