‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 345 sur 364 · SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

SAINT-SULPICE

35 autres qui n'ont pas indiqué où ils disaient la messe, il est certain que plus d'un travaillait sous la dîrectîoD de M. de Pancemont. Je cite MM. de Pierre qui succédera en i8o3 à M. de Pancemont, nommé évêque de Vannes, Dessaubaz qui sera archiprêtre de Notre-Dame, Devoisins, destiné à gouverner la paroisse de Saiiit- Etienne-du-Monl, Jean-Marie Seguin, qui mourra en 1843 doyen du clergé de Saint -Snlpice, et sur la demande duquel Chateaubriand, dont il était le confesseur, écrivit sa Vie de Vabhé de Rancé. Les deux frères Gaston et Jean-Baptiste de Sambucy, Le premier que nous avons vu aider M. de Ramond-Lalande à l'Oratoire de Madame Bergeron et le second, qui sera clerc national de France à Rome. Ce dernier quittera Paris l'année suivante pour s'établir à Versailles, où il aura à compléter l'éducation du jeune Hyacinthe de Quelen, le futur archevêque de Paris. L'élève reconnaissant rappellera ce souvenir à son ancien maître lorsqu'on 183; il lui offrira une stalle au Chapitre de Notre-Dame. Secrétaire et maître des cérémonies, M. de Sambucy a laissé le souvenir d'un homme laborieux, savant, remplissant ses charges avec zèle et courtoisie.

A la paroisse de Saint-Sulpice était rattaché l'oratoire de la rue d'Enfer où, pendant la Terreur, quelques prêtres courageux osaient encore officier en public. Depuis la rétractation du clergé de Saint-Jacques, cette chapelle avait perdu de son importance ; elle fui fermée le 9 décembre 1796 ; deux prêtres l'avaient desservie jusqu'à la fin : Abraham Hudaull et Jean-Benoit Patry, ancien prémontré, assermenté, qui terminera sa vie sur la paroisse de Saint-Sulpice, comme aumtV

sai?it-\ndKé-des-arcs 383

nier de la communauté des Carmélites de la rue de Vaugirard.

Saint-André-des-Arcs. — Dans la partie du Xr arrondissement qui se rapprochait de Notre-Dame, existait la paroisse, aujourd'hui disparue, de Saint-André-des- Vrcs.

Le curé de 1790 avait juré, puis était devenu évêque constitutionnel d'Amiens ; rentré à Paris après la Terreur, il faisait partie du groupe des évêques « réunis » : c'est M. Desbois de Rochefort. Son premier vicaire et successeur Nicolas Clausse avait traversé honorablement la persécution jacobine et avait été l'un des promoteurs de la création du Presbytère. C'est en qualité de président de ce Presbytère qu'il était chargé de desservir Notre-Dame ; nous verrons qu'il sera candidat à révêché de Paris eu 1798 et qu'il mourut dix ans plus tard dans le poste effacé de chapelain de l'hospice de la Maternité.

Quant à l'église paroissiale, elle avait été fermée en 1793, et en 1795, elle avait été louée par un vicaire insermenté de la paroisse, Marlier. Nous avons vu que le 8 ventôse an III un arrêté arbitraire ordonna la fermeture de cet oratoire, bien que l'abbé Marlier en fût régulièrement locataire ; mais le groupe chrétien qui s'y rassemblait ne fut pas dissous pour cela. Le 20 ventôse, un rapport de police annonçait que les prêtres de Saint-André s'étaient transportés dans un autre local, 5, rue du Battoir ^ Le 23 ventôse, un autre rapport

I. Celte rue a disparu, mais remplacement indiqué correspond à celui de THôlel des Sociétés Savantes, rue Danton.

384 SAI!<IT-AXDB£-DES-ARCâ

nous apprend qu'on disait la messe rue du Battoir et (( qu'il y avait une grande quantité de fanatiques qui « étaient en queue pour attendre leur tour *. »

Huit à dix prêtres s'étaient joints à M. Marlier : Pierre Suleau, ancien chartreux, Jacques Lhermitte. récemment ordonné, qui, après la mort de Marlier, se présenta avec les pouvoirs du frère et héritier de l'abbé, un capitaine d*artillerie^ et demanda à être remis en possession de l'église en vertu du bail régulièrement signé : on le mit en prison.

De tous les collaborateurs de M. Marlier, celui dont l'histoire est la plus extraordinaire est IVitdent Gasnier : né à Orbec, dans le diocèse de Lisieux, en i7<i6. il était administrateur du collège de Lisieux sur la Montagne Sainte -Geneviève, et il jura à Saint-Paul. L'abbé Fauchet,. dont il partageait toutes les idées. était son cousin, et quand il fut élu évéque du Calvados, le prit avec lui comme vicaire épisoopal. On sait ((ue Fauchct se prononça avec toute l'énergie dont il était capable contre le mariage des prêtres, et pourtant pendant la Terreur, cinq de ses vicaiics épiscopaux «* marièrent. Gasnier était du nombre, mais au bout d'an an, il perdit sa femme et son enfant et, renonçant, a-t-il dit, à une succession considérable, il s'^eiifuit à Paris pour y pleurer sa faute et essayer delà réparer. Sod repentir parut sincère à M. deMalaret, >icaire géDeral. qui, après l'avoir réconcilié, comme il en avait reçu le pouvoir, l'autorisa à exercer 4 Satnl-André-des-Ajcs. En i8o3, le 17 avril, Gasnier se présenta au cardinal

Page 1