I. Sicard, op. cit., II
». Les rcxciicHrations protoslantcs furent rcsiimées dans récrit de Uabaut-Saint-Eliennc, député à la Constituante et ministre île l'éjrlisc calviniste de Nîmes. « La iwnsée,dit-il, est essentiellenieiit indépendante et libre; la conscience est son trône; c'est une es|)èce de tertiple, que ne doivent pas profaner les coups sacrilèges de la tyrannie, d (L'unité du culte public, principe social chec tous les peuples. Paris, Leclère, 1790).
Il y fut répliqué par l'abbé Charrier de la Roche, curé d'Ainay à Lyon, lui aus>i député, qui défend \v principe d'un culte national dans les Nouvelles ecclésiantiques (2^ ci 3o octobre 1790).
LV RELIGION D LTAT I3Ô
conséquence, les Juifs d'origine allemande furent pri- \és de celte faveur <.
Jusque-là, on n'avait pas aborde de front l'épineuse <liiestion de la religion d'Etat : les propositions volées avaicnl un caractère purement négalif, et ceux-là même qui voulaient abolir le privilège du calholicisnie ne jugeaient pas opportun de soulever le débat trop tôt ; les idées qu'ils voulaient faire triompher n'étaient pas encore mûres dans certaines télés ; parmi les Jansénistes acquis à l'ensemble des réformes, il s'en trouvait comme Camus, Martineau et Durand de Maillane, qui se seraient montrés irréductibles sur ce point, et il était nécessaire de compter quelque temps encore avec eux.
Kn avril 1790, les bancs de la droite commençaient à se dégarnir : nobles et prêtres se retiraient de cette Vssemblée dont la direction leur échappait : 3ood'entre eux avaient regagné leurs provinces ou étaient passés à l'étranger, ne voulant plus se solidariser avec des liommes dont les doctrines leur faisaient horreur ; ils |)ensaient que leur abstention allait discréditer l'Assemblée, rendre ses efforts stériles et frapper de nullité des mesures qu'ils voulaient faire avorter. Déplo-
I. Gréjroirc avait composé avant la Révolution un Essai sur la régéntralion physique cl morale des Juifs, couronné par rAcadémie do >anc> en 1788. H va entreprendre aussi une carnpaprne en fa\eur des nèjçres. Ses écrits sur cette question ont été nombreux et »(3uvent remaniés: on connaît son livre sur la ISoblcsse de la peau, 9<n\ rapport sur les peines à injliger aux négriers. Sous l'Empin». Gréjroire employa ses loisirs à reprendre les llièses qu'il a\ait autrefois défendues ; il composa son lixre sur la Littérature des yègres et de nombreux passages de ses écrits antérieurs ont Irouxé place dans sa fj^r-AndeJUstoire des Sectes religieusrs (1810).
12^ LA RELIGION d'ÉTAT
rable calcul, qui fait peser sur ses auteurs une loui^cle part de responsabililé î Ils laissaient sous l'aclion désormais toute-puissanle des meneurs cette niasse de députés sans expérience politique, sans convictions arrêtées, qui allait maintenant voler tout ce qu'on lui demanderait.
Le 13 avril 1790, le Chartreux Dom Gerle, au cours de la discussion sur les Ordres i*eligieux, demanda à la (Constituante, de proclamer « que la Religion Catlio- « liqiie, Apostolique et Romaine est et demeurera tou- « jours la Religion de la Nation, et que son culte sera « seul autorisé ». C'est sur ce texte que s'engagea la bataille décisive : on entendit Cazalés et l'évèque de Nancy parler en fa\eur de la religion nationale; le marquis de Virieu et surtout Mirabeau défendirent le sentiment contraire, et la séance fut renvoyée au lendemain. Pendant la nuit, l'émotion qui avait été soulevée dans la Chambre, se communiqua au dehors. Les clubs naissants et la rue commencèrent à intervenir dans les débats parlementaires ; des menaces de itkmI étaient lancées contre les députés (}ui avaient parlé de la Religion d'Etat. Obéissant à je ne sais quel mot d'ordre, des groupes menaçants s'étaient formés autour de la salle des séances, et Lafayette crut devoir tripler les postes de la Garde Nationale qui la protégeaient ^ Sous la pression des agitateurs du dehors, on renonça a se prononcer, et on vota une motion ambiguë du duc de La Rochefoucauld-Liancourt. 11 y était dit « que « l'Assemblée ne se reconnaissait aucun pouvoir sur