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« les consciences et sur les opinions,.. ; que le respect « dû à la Religion ne permettait pas qu'on en fît l'obt< jet d'une délibération... ; que l'attachement de l'Asu semblée à l'Eglise catholique ne pouvait faire un « doute... » et qu'il n'y avait pas lieu d'evaminer la proposition*. Dom Gerle l'avait du reste retirée, à la prière de ses amis, mais on sortit de ces séances ora- {L'euses avec cette opinion arrêtée que l'Klat entendait se placer en dehors des questions religieuses : c'était admettre officiellement le principe de la « laïcisation » de l'Ktat, principe en vertu duquel avaient été déjà résolues diverses questions qui concernaient l'Eglise -.
Les biens dn clergé.
Les biens du clergé étaient une proie bien tentante au moment où le Trésor public éuit vide, et où la suppression d'impôts impopulaires allait l'empêcher de se roniphr.
Or l'Eglise était riche : riche par la générosité des fidèles, riche aussi par la gestion prudente de ses
1. Darcste. op. rit,, V!I, ar»'». - - Viilard, Etudes H leçons sur la Révolution, V sorie, CÔ. - Sicard, of). cit., U, livre I, chap. v. Il 0-3 53.
I. Gtiicliard, op. cit., secl. Il, p. 7. Dans la discussion do la Dérlaralion des Droits de l'Homme et du Citoyen^ les articles \VI et \\\\ étaient primitivement nîdif?és comme, il suit : W!. La loi neiK)uvant atteindre les délits secrets, c'est à la Uoligion et à la Morale à la suppléer. Il est donc essentiel qne l'une et Taulrc soient respectées. XVIL Lo maintien de la Religion exige le cuUe public ; le respect pour le culte public est donc indispensable. - (>}*deu\ articles avaient été rejetés, sous prétexte qu'ils exprimaioiit des devoirs et que la Déclaration ne devait exposer que des droits.
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biens. Par cela môme que les clercs n'étaient que dos usufruitiers, ils ne pouvaient aliéner aucune partie du capital : les lois canoniques les en empêchaient. Pendant que nos rois se lan(;aient clans des guerres souvent glorieuses, mais toujours ruineuses, la noblesse n'était pas garantie contre la folie des dépenses exag^éréos. On raconte qu'au camp du Drap d'Or, les seigneurs portaient leurs bois et leurs moulins sur leurs épaules, et ces habitudes dispendieuses avaient duré jusqu'à la veille de la Révolution : la vanité, Timprévoyance, la soif de jouir et de paraître n'étaient pas les seuls motifs de ces ruineuses prodigalités : la nécessité de tenir son rang, le service de l'Etat, des charges plus brillantes que lucratives avaient détruit petit à petit des fortunes énormes, et plus d'une grande famille n'eut pas réussi à faire la figure qui convenait à son nom sans les pensions royales qui absorbaient chaque année des sommes immenses, dont, par malheur, une partie seulement était bien placée.
Le haut clergé nVn était pas là : ses finances étaient gérées avec sagesse, contrôlées avec sévérité dans ses assemblées périodiques ; il pouvait sans s'appauvrir voter de gros subsides au Trésor royal *. On lui reprochait de ne pas fiiire la part assez large au clergé des campagnes : ce fut un tort et une faute, qui détachèrent de lui des collaborateurs trop négligés : c'est en mettant en avant les intérêts du clergé inférieur qu'on va s'emparer des biens de l'Eglise.
Après l'abandon de 70 millions de dîmes, le clergé
1. J. Boiirlon. Les assemblée» du Clergé sous l'Ancien R<fgime, Paris, ujo-, (Coll. Science et lieVujion).
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conservait encore un revenu en biens-fonds qui pouvait monter à 80 millions. Il s'agissait d'assiéger savamment cette place forte et de la faire capituler.
Pour les théoriciens de la Constituante, il y avait un argument décisif : l'Etat forme un toiit indivisible ; dans l'Etat, il n'y a qu'une seule catégorie de citoyens, el il est contraiie à la notion de l'Etat de souffrir en lui, et comme en dehors de lui, des groupements qui ne seraient que des démembrements de l'Etat. Tous les Français sont citoyens au même titre ; dépendant tous de l'Etat, ils ne doivent connaître que l'Etat ; donc l'existence d'ordres, de corporations conservant une individualité propre est la négation de l'unité française* C'est au nom de ce principe que se produisit cet émietlenient, cette pulvérisation de la Nation, qui devait ^singulièrement faciliter le rôle d'un pouvoir fortement centralisé, puisque ce pouvoir n'avait plus devant lui que des individus isolés. La France a vécu un siècle sous ce régime, et pendant un siècle l'association a été considérée comme un délit.
Or, si le clergé n'existait plus comme ordre, il n'avait plus la capacité juridique nécessaire pour posséder, n'existant pas. Maury aura beau dire dans un mouvement d'éloquence : « On n'hérite pas de ceux qu'on a assassinés !» ; le sophisme passera dans le corps des principes révolutionnaires, où il est encore... pt nous en savons quelque chose.
Telle était l'idée fondamentale des réformateurs de la société, et ils se gardèrent bien de la présenter aussi brutalement que je viens de l'exposer : le moment n'était pas encore arrivé.
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Los onnoniis doclaros do l'Egliso disaient : Il faul délniire la puissance politique du clergé ; aussi loii^lonips qu'il sera en possession do ses biens, il disposera d'une influence qui s'exercera contre nous. Leurs re>enus leur perinellent de secourir les pauvres, et même de venir en aide aux riches ; ils sont entourés de ^eiis qu'ils ont obligés, et surtout de gens qui espèrent (^Ire obligés par eux ; il faut les ruiner afin de les désarmer. De plus, en mettant en venle les biens qii'on leur prendra, on créera un antagonisme permanent entre l'Eglise et les acquéreurs de biens ecclésiastiques : par la crainte où ils seront de voir un jour siirgir des Revendications, ils travailleront au succès de la Révolulion, non pas tant par amour dii nouveau réginio, que par désir de rester possesseurs paisibles des biens qu'ils auront achetés et qu'ils prétendront conserver.
Je ne me dissimule pas qu'on attribuant aux (Constituants des intentions perfides contre la Religion, je vais contre une thèse qui a ses défenseurs convaincus. In des historiens les plus accrédités de la Révolution écrivait naguère : « Il n'y a que des pamphlétaires « incurables ou des historiens attardés pour soutenir (( (jue la Constituante fut une assemblée impie, dont a toute la politique religieuse fut de faire au catholi- « cisme une guerre aussi sournoise qu'implacable *. w Que la Constituante ait fait la guerre au catholicisme, cela ne peut se contester ; que cette guerre ait été faite à face découverte, cela ne paraît pas résulter des faits :
1. A. MaUiioz, Im lecture des décrets au prône sous la Constituante (Annales révolutionnaires ^ 1908, avril -juin, p. aa3)L
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souvent les attaques ont été dissimulées sous des proloslations de respect, el on a pu s'y méprendre. Edgar Quinet a reproché aux Constituants leurs concessions: " La Constituante essaya de faire une petite réforme «' dans l'Eglise, mais elle s'en défendait K )> « I^a plii- (' losophic à laquelle ils croient, ils la renient ^ »>. Les Constituants n'ont pas ménagé les manifestations extérieures de leur vénération pour la Heligion : les ^Tands seigneurs, qui ne croyaient h rien, les petits hommes de loi, familiers des loges maçonniques, rivalisent pour inventer des fornuiles déférentes à l'égard (Irla Divinité el de ses ministres. Mirabeau a des pages admirables sur la Heligion : l'Assemblée entend des messes, suit des processions, va chanter des Te Deum, étonne les badauds par sa ferveur; mais chez les uns, c'est pure comédie; comme Voltaire, ils savent ménager les apparences et ensuite se dédommagent en petit comité. Prudhomme. qui avait connu la pensée intime (le Mirabeau, disait en parlant d'un prêtre, ujembre (le l'Assemblée législative, (pii faisait montre d'impiété : »' Trois curés de cette trempe pour chaque départe- « ment, et le vœu de Mirabeau ne tarderait j)as à (*tre H accompli, la France ne larderait pas à se décallioli- »' ciser » •'.
Chez le plus grand nombre, la Religion n'était pas une attitude de circonstance : ils étaient religieux. Mais la Religion est comme un arbre (pi'il ne faut pas juger par l'écorce. Alors que nous admirons sa slruc-
r. EdK- Qtiinct, Lfi Révolution, p. iCi.
a. Ibid., p. i83.