‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 352 sur 364 · I. Arch. Nal., I · texte numérisé non relu

I. Arch. Nal., I

ouatoibe du saint-esprit 3gS

tint discrètement ses erreurs jusqu'à la Restauration ; à cette époque, n'ayant plus à redouter les sévérités de la censure, il se mit à publier des brochures contre le Pape et les évêques en collaboration avec un abbé Labouderie, qui faisait du royalisme intransigeant, sans que personne songeât à lui rappeler qu'il avait été ordonné par un évêque constitutionnel. Le P. Lacombe fut aussi commissaire de Terre-Sainte à Paris avec des pouvoirs dont la légitimité a été contestée; il restaura Tordre du Saint-Sépulcre, ce qui lui permettait de battre monnaie en exploitant la crédulité et la vanité de ses contemporains. Pour toutes ces causes, il vécut en état de conflit permanent avec Farchevêché de Paris*.

Le nouveau curé deSaînt-Jacques, malgré son grand âge, était un pasteur aussi actif que zélé, et un excellent administrateur. 11 n'avait pas créé d'association laïque pour s'occuper des détails matériels et dirigeait tout lui-même ; il laissait ses vicaires se livrer & leurs travaux spirituels et gardait pour lui le souci des finances et des questions d'ordre temporel. C'est une conception des devoirs du curé qui s'inspire de l'esprit monarchique et qui, le plus souvent, a donné les meilleurs résultats *.

Oratoire du Saot-Esprit. — Oratoire desEudistbs. — Dans la rue des Postes, aujourd'hui rue Lhomond, se trouvaient côte à côte deux chapelles, celle du Sémi-

I. Ami de la Religion, t. LXXXII, pp, i5o-i5/i. a. Abbé Grente, Une paroiste de Paris sous Vanden Régime. — Saint-Jae^u$-dÊi-Haai'PaM, pp, an et»iiW.

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naire du Saint-Esprit et celles des Eudistes. La première existe encore, la seconde, englobée dans le^s bâtiments de Técole Sainte-Geneviève a perdu sa destination primitive. Pendant presque toute la Révolution, les deux chapelles ont servi de refuge aux prêtres insermentés. Le Séminaire du Saint-Esprit était loué par M. \ngar, huissier à Paris, dont le fils, vicaire à Saint- Sauveur, avait été massacré en septembre ; on peut supposer que ce vertueux chrétien se prêtait à tout ce qui pouvait servir la cause de l'Eglise. Pendant que le rez-de-chaussée était occupé par une fabrique de papiers peints, les étages logeaient des prêtres et des religieuses. MM. Duflos, Guérin et Bertout, prêtres du Saint-Esprit, usaient de la chapelle et y recevaient un bon nombre de confrères *. L'enquête de floréal nous indique 18 prêtres exerçant dans l'un ou l'autre oratoire. 11 y avait un certain flottement dans ce i^ersonnel : des prêtres fatigués ou inquiétés par la police y venaient chercher un repos momentané; d'autres, après leur rétractation, s'y recueillaient avant de reprendre un service actif ; il est bien probable aussi que ceux qui rentraient du schisme ayant gravement manqué aux devoirs de leur étal, devaient y faire une retraite aussi prolongéeque les circonstances le permettaient, et ce n'est qu'après cette épreuve pénitentielle .que les chefs du diocèse étaient en mesure de juger s'il convenait de les relever des censures, irrégularités et excommunications qu'ils auraient encourues.

1 . R. p. Le Floch, Claude Poullart- Desplaces, fondateur du Séminaire et de la Congrégation du Saint-Esprit, 1. VI, ch. ixiv.

S.4.INT-MARCEL SqS

Il nous reste maintenant à parler des églises qui en 1795 étaient encore en la possession des ci-devant constitutionnels.

Saint-Marcel. — Les églises de Saint-Hippolytc et Saint-Martin-du-Cloître avaient été fermées en 1791 et remplacées par une seule paroisse établie dans la collégiale de Saint-Marcel ; le curé Jacquot était, d'après Bossard, « Grand-jureur, ci-devant instituteur, puis curé, ne sachant pas un mot de théologie ^ » Pendant la Terreur, Jacquot s était prêté à tout ce que les révolutionnaires lui avaient demandé ; en 1796, le Presbytère l'invita cependant à la réunion du 3a juin ; il n'y avait pas assisté et peu après on avait appris qu'il était rétracté. C'est tout ce qu'on sait sur son compte.

Quand l'église fut rouverte comme oratoire, ce fut l'ancien premier vicaire, Elie Puisié, membre du Presbytère, qui parait en avoir la direction avec trois prêtres de son bord. Mais l'enquête de l'an IV fait de plus figurer parmi les prêtres de Saint-Marcel Charles- Auguste Buée, celui qui exerçait en môme temps à Saint-André. Ce serait la première et la seule fois qu'on constaterait la cohabitation de constitutionnels et d'insermentés. Je sais bien que M. Buée était l'ancien supérieur du séminaire de Saint-Marcel; il avait des amis parmi les habitants de la paroisse, et ne les aban* donnait pas ; mais de là à exercer simultanément avec les constitutionnels, il y a loin ; il est possible qu'il y ait eu dans ce quartier, riche en établissements ecclé-

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