SAINT-BENOIT
l'empêchait pas d'être en même temps « commissaire civil » de la section. Six prêtres seulement n'exerçaient pas ; le rapport parle d'eux avec éloge, parce qu'ils étaient défroqués.
Saint-Benoit. — Deux petites paroisses existaient sur les pentes septentrionales de la Montagne Sainte- Geneviève : Saint-Iiilaire et Saint-Benoît. Les deux curés avaient refusé le serment et n'avaient pas émigré. En 1795, Saint-Hilaire était à peu près en ruines ; le curé de Saint-Benoit, M. Broca, accablé d'infirmités, allait mourir au mois d'août 1796. Ce fut le curé de Saint-Hilaire, M. Thorel, qui prit la direction de l'oratoire ouvert à Saint-Benoît. Il y employait sept ecclésiastiques.
Le premier vicaire, Jacques Liénard, était un assermenté de Saint-Benoît, entré en 1791 dans le clergé de Saint-Eticnne-du-Mont, quand sa paroisse avait été supprimée. Nicolas Duval venait du clergé insermenté de Saint-Nicolas ; Henri Lepître était génovéfain ; il passera par la suite dans le diocèse d'Orléans et sera nommé chanoine honoraire de Paris par Mgr de Quelen pour avoir consenti à partager avec le diocèse de Paris les reliques de sainte Geneviève retrouvées dans un ancien prieuré génovéfain du Gâtinais.
Saint -Jacques -DU -Haut- Pas. — Le curé jureur Antheaume avait faibli pendant la persécution et avait abdiqué ses fonctions. Il se rétracta en 1796, mais ne fut pas jugé digne de reprendre la direction de sa paroisse. En 1802, il fut un moment nommé curé de
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Saint-Médard, mais ne fui pas installé, sans doute à cause dosa mauvaise tenue pendant la Terreur. On mit à sa place Vincent Duval, qui avait été curé de Saint- Germain et Saint-Jacques à Corbeil. N'ayant pas prêté serment, il aurait dû être remplacé immédiatement, et cependant il resta en fonctions jusqu'au i** septembre ] 79a ; puis, pour échapper k la loi de déportation, il vint à Paris où il prêta le serment de Liberté- Egalité, le 18 septembre, et fut cependant interné au collège de Montaigu, qui servait de lieu de réclusion pour les sexagénaires que la loi exemptait de la déportation. En en sortant, le 27 frimaire an III, il fit à la section de l'Obsenratoire une déclaration de soumission aux lois, ce qui lui permit d'exercer paisiblement son ministère pendant quelques années ; plus tard, on se souviendra qu'il n'avait pas juré en 1791, et il sera remis en prison pendant plus d'une année ^. Mais, en 1 795^ on ne lui fit aucune difficulté et il put prendre è Saint-Jacques la succession de M. Antheaume. Quatre prêtres étaient sous ses ordres : un chanoine de Saintr Marcel, François Guienvic, un ancien curé de Seine-et- Oise, Jacques Potier, deux cordeliers, Nicolas Pilverdier et Claude-Agrève Lacombe du Crouzet,. le dernier gardien du couvent de Paris. Enfermé aux Carmes en 179'a, le P. Lacombe fut délivré avant les massacres, grâce à l'influence de son confrère, le P. Bourgade qui était très lancé dans le mouvement révolutionnaire. Lacombe exerça le ministère jusqu'en 1801 ; ècetteépoque il prit parti parmi les adversaires du Concordat et sou-