‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 52 sur 364 · LE SERMENT A P\I\IS · texte numérisé non relu

LE SERMENT A P\I\IS

3iO ne j liront pas, et i73acceplenl lacoiislilulion civile.

En additionnant donc ces quatre catégories de prêtres ayant plus particulièrement cliarge d'âmes *, nous comptons 378 adversaires et ^^o partisans du serment, et ceci en janvier 1791, car des rétractations allaient se produire, et par contre, tel prêtre qui s'est abstenu de jurer finit par se raviser et s'inscrit dans les rangs du clergé constitutionnel.

Si nous passons h la classe des prêtres qui n'exercent pas les fonctions pastorales, la proportion se renverse : nous en trouvons 196 qui jurent contre i4 qui disent ne vouloir le faire. Rappelons que ces prêtres n'étaient pas obligés au serment (parmi eu\, on compte 43 religieux). Ceux qui avaient envie de se faire bien \oir se présentèrent quand même, pour fiiire un serment qu'on ne leur demandait pas. Vu contraire, ceux qui, n'étant pas tenus au serment, n'avaient aucune envie de le prêter, restèrent chez eux et ne furent inscrits sur aucune liste.

Nous voyons qu'il n'y en a que i^ qui sortent de la réserve qui leur était permise, pour déclarer explicitement qu'ils ne jureront pas ; mais combien s'abstinrent sans rien manifester ?

Kn résumé, les paroisses donnent 426 jureurs contre 392 non-jurcurs -.

t. Sur 5o cun's (dont les deux ciin''» do Saint-Joan-le-l\ond et Sainl-Denis-dii-Pas), 3; premiers vlcairrs, Sa seconds vicaires, 389 prêtres approu\t's, la proportion des insermentés est de 55 "/. î celle des assuniienlés de 43 "/»•

2. I>es trois cinquième» des prêtres des paroisses ont donc prête le seriiieut ; mais il faut noter que beaucoup de ceux qui n'étaient pas tenus au serment se sont abstenus de déclarer leurs inten-

LE SERMENT \ PARIS IqS

Los professeurs dos séminaires, pour la plupart sulpiciens, lazaristes ou spîritains, se prononcent contre lo serment ; sur 55 il n'y eut que deux oraloriens, professant au séminaire de Saint-Magloire, qui prêtèrent lo serment.

Dans les collèges de l'ini^eisilé, il y eut partage : 'n contre /|i.

C^hianl au\ aumôniers, une difficulté se présente : c'est qu'on n'en connaît pas le nombre exact. Les listes n'en mentionnent que iio, dont 34 refusent et 76 prélent le serment, mais dans ces derniers figurent '41 aumôniers de la (îarde Nationale, dont beaucoup étaient des religieux. Il ne reste donc dans les aumcV niors et chapelains de couvents et d'hôpitaux que 3'4 refusants et 35 acceplanis. Nous avons \u qu'il est difficile d'évaluer le nombre des aumôniers à moins (le •?5o. C'est donc en>iron 180, et, en défahpiant les rcligicMiv, au moins foo aumôniers sur le compte descHH'ls nous ne sa\ons rien, sinon qu'ils se sont abstenus, et cela ne prouve pas, tout au moins, une grande ferveur pour la constitution civile. D'autre part, nous constatons que parmi les prêtres massacrés en septembre 1792. il y a 3Q lumis d'insermentés parisiens qui ne figurent sur aucune des listes de 1791. Os listes

liom lorsquVUes n'étaient pas imi faveur do la conslilution civile : tandis que tous reu\ qui étaient partisans Je la cfïnstilulion sVniprps«érent d'y adhérer, même quand rien ne les y obligeait. C'était le serment que Prudliomme, dans ses /^évolutions (JUi PariSj n° 88, at>pclait le serment (V édification et de bon exemide ; c'est ce (ju'ou eut pu appeler aussi le serment de la mouche du cocUe, si la prestation de ce serment n*avait eu pour elTet de désijf ner celui qui le prtHait aux faveurs de l'administration.

igi LE SERMENT A PARIS

sont donc manifestement incomplètes, même en ce qui concerne le clergé des paroisses, car, sur ces 22 noms, 16 sont ceux d'aumôniers et 5 ceux de prêtres ayant un poste dans les églises paroissiales. Le dernier est le secrétaire général de rarchevêché, l'abbé Gervais ^

Nous arrivons donc à cette conclusion que, pour la ville de Paris,, si on ne compte que ceux qui étaient tenus h se prononcer sur la question du serment, il va une petite majorité (887 contre 34<)), contre le serment ; mais si nous comptons tous ceux qui se présentèrent, qu'ils y fussent tenus ou non, la majorité change de coté, et les assermentés sont 545 sur 966 prêtres, soit

Au contraire, dans la banlieue, les résultats sont nettement en faveur du serment. Sur 78 curés, il y en eut 62 qui jurèrent : sur 5o vicaires et prêtres habitués (la liste complète n'existe pas), on n'en connaît que 5 qui n'aient pas juré.

i. Los p^^t^ps approuvés, massacrés en soplembre 179a, qui no fijrurent pas dans les Hstcs do 1791, sont : MM. Ermôs, do Sainl- Andro-dos-Arcs ; Louiorcior, de Sainl-Euslarbo : Démolie, do Saint- Ciorvais; Martin, do Sainl-Janiuos-la-Bouchorie, ol Chaudet, do Saint-Mcolas-dos-dhamp'*, à moins que ce dernier ne s'idenlilic avec un protro (|ui iiguro dans la liste des insernionlés sous le nom de Claude, prénom de M. (Chaudet.

-.{. On lit dans d'Vuriboau, Mthuoirt*s pour servir à Vhistoire df hi persécution révolutionnaire : H, '|83 « Sur 800 prêtres qui exerçaient « dans Paris le saint ministère, on en compta 780 inaccessibles « aux caresses el à la terreur... pour grossir le nombre, on ramassa « quelques moines... et on babilla en prêtres quelques laïques. » C'est avec cette contre-vérité qu'on a abusé pendant im siècle do la bonne foi dos écrivains catholiques dont le seul tort est d'avoir traité ces questions sans recourir aux sources et d'avoir accepté sans contrôle les radotages d'un pamphlétaire qui ne mérite aucun crédit.

LE SERMENT A PARIS IQf)

L'influence personnelle des curés fui souvent pour beaucoup dans l'attilude prise par les prêtres qui travaillaient sous leurs ordres. Parmi les insermentés, M. Gros, curé deSaint-Nicolas-du-Cliardonnet,M. Canliicl de Blémur, de Saint-Séverin. M. Marduel. de Sainl-Roch, M. |iossu. de Saint-Paul, eurent la satisfaclion d'être suivis par le plus grand nombre de leurs collabora leurs. D'autre part, M. de Penvern. à Sainl- Klienne-du-Monl, M. Dubois, à Saint-Médard,M. Morel, à Sainl-Jacques-la-Houcherie, jurèrent a\oc presque lont leur cler^^é. On doit remarquer cependant que relie règle n'était pas absolue : M. Ringard, de Saint- (ierniain-r.Vuxerrois *, M. Veylard, de Sainl-Ciervais -, M. Laugier de Heaurecueil, do Sainte- Marguerite 3, M. Favre, de Notre-Dame de Bonne- Nouvelle, ne furent pas imités par leurs vicaires : a6 prêtèrent serment à Sainte-Marguerite sur 3i et ii sur fi à Bonne- Nouvelle.

M. de Moy avait succédé, comme curé de Sainl-Laurenl, à son frère, devenu trésorier de la Sain le-(]lia pelle : il jura a\er 31 des 30 prélies qui dépendaient (le lui.

M. Poupart, ancien oratorien et ruré de Saint-Ens-

r. M. Riiijçard inniiriil «mi Itel^ifiiic \crs iHoo.

a. M. Veylard, déinissioiiiiairo comme député \c 3 nov^ml>rp 1789. a\ail quille la France quand le serment fut d(>mandé h *»^ confnTes ; il était parti le .') janvier 1791 pour la Flandre Autrichienne. « .le neveux pas, écriAait-il. <^lre témoin des combats (pie " je pn>\ois de\oir arriver entre les membres du clerpré... Je \eu\ « éviter le soupçon d'influencer les consciences », Arcli. ^al.,

l'. M. Laugier de Beaurecueil. \otice parC. Demoussy. Paris, 190O.

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