‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 53 sur 364 · I9G LE SERMENT \ PARIS · texte numérisé non relu

I9G LE SERMENT \ PARIS

taclie, jouissait dans le diocèse de la considération un i- ^el^sellc: il eût été élu député aux Etats-Généraux, si sa qualité de confesseur de Louis XVI ne l'avait rendu suspect au parti avancé. Pendant les dciniers mois de 1790, la future Constitution civile n'avait pas d'adversaire plus décidé. Au dernier moment, il se laissa circonvenir : Madame Campan raconte que Mirabeau alla le trouvei la veille du jour fixé pour le serment ; leur entretien dura toute la nuit et le lendemain M. Poupart jura avec /40 membres de sa communauté qui en comptait 5o ^. (détail un ^ros bataillon qui passait du coté des assermentés. M. Poupart traversa les joui^s de

1. Voici comiiiPiil Barniol. dans le Journal rcch'sUistiqiie do février 1791 (i8i-i83). comnieiilo le sormcMit de? M. I^mpart :

u M. Poupart, le curé de ôo.ooo âmes ! le confesseur du Roi ! — u Ah î ou dit qu'il s'est cru dans une silualion toute autre que « celle de ses confrtîres ! Oui, elleéloit toute autre; elle inontroit « aussi une toute autre gloire à acquérir, un tout autre mérite (( aupn's de Dieu. Qu'ils seroient malheureux, les prêtres des rois « et de la Cour, s'ils n'aAoient plus d'ohslacle»; à vaincre que pour « montrer plus de foihlesse! S'ils sont plus élevés, rhumiliation u n'en devient-(»lle pas aussi plus sensible? M. le curé de Saint* « (îermain l'Auxernïis est aussi le curé du Uoi et de la Cour et « (pTa-t-il fait? Il s'(?st montré digne de Téln»; il s'est montré prêt <( à sacrifier à sa conscience tous ses titres, llattcurs pour Timbé- « cillité liumaine, et rien de plus s'ils ne supposent pas plus de « vertu, ni plus de «rrandeur d'ànie. C'est donc une raison bien (( l'utile (ju'on j)rèle au curé de Saint-Eustache... Ou vous croyez (I piunolr faire ce serment, parce qu'il ne renferme en lui-même n rien d'indigne du Dieu que nous rendez témoin de vos pro- « meshcs ; alors, il faut le faire, parce (|uo la loi qui le prescrit « n'est point injuste; — ou \ous le re<;ardez comme contraire aux « lois de Dieu, et alors, ni la Cour, ni le Uoi, ni les maîtres, ni les u fureurs du peuple, ni la mort, ni la faim, ni la nudité, ni les <( dépositions, ni les ignominies ne doivent l'arracher à un prêtre. te Os considérations et ces égards ne couvrent pas le lâche, le « prévaricateur et le parjure. »

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la Terreur sans y laisser ni sa \ie, ni son honneur ; en Ï793, il romrit son église au culte constitutionnel et mourut en 1796 '.

Une autre comfuête à laquelle tenaient par dessus tout les partisans du serment était celle de la paroisse Saint-Sulpice, la plus considérable de la rive gauche, et peut-être de tout Paris. Le 9 jamier, quand le curé, M. de Pancemont, s'avança pour monter en chaire, réglisc était comble; il y avait des gens grimpés sur les confessionnaux et jusque sur les corniches de la voûte. Chacun attendait avec anxiété la résolution du curé : on savait que les jours précédents, il avait eu de longues conférences a\ec les commissaires des sections qui formaient la paroisse ; mais on ne sa>ait pas ce cpii en était sorti. Knvironné de son clergé rangé sur les marches de la chaire, M. de Pancemont parla a>ec son éloquence ordinaire, et prit pour sujet : le Devoir. H montra en terminant (pic les jugements de Dieu n'étaient à redouter que pour ceu\qui n'écoulaient pas la voix de leur conscience, (^uand il eut fini, des voix s'éle\érent réclamant la prestation du serment.

Dominant le bruit. M. de I^aucemont exposa alors que ni lui, ni aucim de ceux qui l'entouraient ne consentirait a un acte contraire à leur conscience. Les cris redoublèrent : « Le serment ou la Innlerne ! » 11 y eut alors un tunudte efTroyablc : les gens paisibles fuyaient, les femmes s'évanouissaient et les interrupteurs essayaient d'arriver jusqu'au curé pour mettre

I. Voir iVîliido pnl)li«'e clans la Hcvni' de^ tincstions liistorifiufs clos 1" juillet t»t 1" octobre 1908. par l'ahhc'* Soulif, du clcr^r i\c Paris.

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